Mettre fin à la dépendance alimentaire de l’Afrique: « Nous en avons le potentiel », selon Macky Sall

Guerre, pandémie, changement climatique, sont autant d’effets combinés qui aggravent l’insécurité alimentaire. D’où l’urgence pour l’Afrique selon Macky Sall, qui préside, à Diamniadio, la Cérémonie d’ouverture de la 2e Conférence internationale de Dakar sur l’agriculture, d’œuvrer pour sa souveraineté alimentaire.

“Les chiffres parlent d’eux-mêmes, indique-t-il. Selon le Rapport mondial sur la crise alimentaire en 2022, jusqu’à 205 millions de personnes à travers le monde pourraient faire face à l’insécurité alimentaire. S’y ajoutent la pénurie d’engrais et la hausse vertigineuse des prix qui plombent la production agricole. Cette crise sans précédent nous édifie sur l’urgence pour notre continent de mettre fin à sa dépendance alimentaire vis-à-vis de l’extérieur, d’apprendre à se nourrir par lui-même, et mieux encore, de contribuer à nourrir le monde”. 

Pour le Président en exercice de l’Union africaine, le continent a les capacités de relever le défi de l’autosuffisance alimentaire : “Nous en avons le potentiel. Nous sommes 1,4 milliard d’habitants établis sur plus de 30 millions de km2, avec plus de 60% des terres arables non exploitées de la planète et d’abondantes ressources hydriques. C’est d’ailleurs tout le paradoxe d’un continent qui continue d’importer l’essentiel de ses produits alimentaires”. 

Le Président relève que le principal handicap est d’ordre politique  d’autant “que pour transformer notre potentiel en réalité, il nous faut allouer au moins 10% du budget national à l’agriculture”, remarque-t-il.  
“Cela requiert un engagement volontariste”, souligne-t-il.

Un engagement volontariste que le Sénégal a su impulser, selon Macky Sall : “A titre d’exemple, au Sénégal la part des investissements agricoles dans le budget général d’investissement s’élève à 12%. De plus, en deux ans nous avons augmenté de 75% le financement de la campagne agricole d’hivernage, afin d’accélérer notre marche vers la souveraineté alimentaire”.