EMBARGO CONTRE LE MALI : Abdourahmane Diouf s’en prend à Macky Sall

POLITIQUE/ DIPLOMATIE : Le président du parti Awalé, Abdourahmane Diouf ne comprend pas la position du gouvernement du Sénégal, avec à sa tête Macky Sall, concernant les sanctions infligées au Mali par la CEDEAO et l’UEMOA. Pour le parti Awalé, le Sénégal, doit opter pour une politique d’intégration régionale cohérente.

Le parti Awalé considère que les sanctions économiques et financières à l’encontre des autorités de la transition de la République du Mali et de son peuple « sont précipitées et excessives et ne concourent pas à défendre la CEDEAO des peuples ». Cette position qui va à l’encontre de celle du président Macky Sall et de son gouvernement est exprimé dans un message écrit, parvenu à notre rédaction. « De sa position officielle, notre pays attend des autorités de la transition malienne qu’elles organisent des élections dans un délai trop court, alors qu’il peine lui-même à organiser des élections locales depuis deux ans et demi », fustige Awalé dans son communiqué. En fait, les élections locales du 23 janvier 2022 ont été reportées à trois reprises entre juillet 2019 et janvier 2022. 

Selon Awalé « nous ne pouvons pas exiger des performances démocratiques exceptionnelles à un pays voisin qui vit des heures sombres alors que nous n’avons pas la rigueur d’exiger de nous-mêmes des performances démocratiques ordinaires en temps normal ! »

Pour Abdourahmane Diouf et ses partisans, il faut que nous soyons exigeants avec nous-mêmes avant de l’être envers les autres.  Bien plus, ils rappellent que les autorités sénégalaises avaient vilipendé la CEDEAO à travers sa Cour de justice, au mois de mai 2021, pour lui avoir notifié que son système de parrainage mis en place pour l’élection présidentielle n’est pas au point.  « Alors le Sénégal a toujours été un catalyseur pour l’intégration régionale s’est mis au ban de la CEDEAO en revendiquant une souveraineté nationale inappropriée en l’espèce », regrette Awalé. « Le refus de mettre en application cette décision de la Cour de justice et les sorties médiatiques de nos autorités sur ce dossier sont incompréhensibles pour un pays qui appelle au respect des institutions régionales », dénonce toujours Dr Diouf. 

Par conséquent, le parti Awalé,  dans son communiqué appelle les Chefs d’Etat de l’Afrique de l’ouest à privilégier le dialogue, à multiplier les espaces de négociations pour que la « CEDEAO des institutions » soit au service de la « CEDEAO des peuples » et que les populations maliennes ne soient pas sacrifiées. 

En conclusion, le parti Awalé tient à exprimer au peuple malien toute sa solidarité, sa sollicitude, sa fraternité et son affection dans ces durs moments de lutte pour sa souveraineté et pour la dignité de l’homme noir africain. 

Abdoulaye DIAO