SPOLIATION FONCIERE A MBADAKHOUNE : Cinq villages se rebiffent et réclament une indemnisation

SOCIAL : Le bonheur d’accueillir le campus de l’Université du Sine-Saloum, ElHadji Ibrahima Niass (USSEIN) à Mbadakhoune a laissé place à l’amertume. Pour cause, 300 hectares de terre des paysans et des éleveurs de cinq villages riverains de la zone universitaire réclament une indemnisation juste comme cela a été le cas à Fatick et à Kaffrine. 

« Trop, c’est trop. Nous ne pouvons plus rester sans rien dire et sans rien faire face à l’occupation illégale de nos champs et de nos aires de pâturage », a déclaré d’un ton ferme et déterminé, Imam Babacar Guèye de Mbaboumy, se faisant l’écho  du cri du cœur des cinq villages voisins du site de l’Université du Sine-Saloum, ElHadji Ibrahima Niass à Mbadakhoune (USSEIN). Il s’agit naturellement de : Mbadakhoune, Back, Bourndou, Paffa et Mbaboumy. «  Nous déplorons d’avoir été mis devant le fait accompli, c’est à dire sans l’implication des populations dont les champs et les pâturages qui sont leurs outils de travail ont été définitivement et illégalement occupés par le site de l’Université sans le paiement préalable des impenses comme cela  s’est fait ailleurs, notamment à Fatick et à Kaffrine », a encore fulminé Imam Babacar Guèye, porte-parole du jour des agriculteurs et éleveurs impactés.  

DE 100 A 300 HECTARES

Faisant l’historique de l’implantation du campus de l’Université du Sine-Saloum à Mbadakhoune, l’Imam de Mbaboumy a rappelé que la première demande a été faite en 2008, par l’ex-Premier ministre et maire de Guinguinéo, le chef-lieu du département. « La première demande de délibération  a été faite par Souleymane Ndéné Ndiaye. En 2013, le gouvernement de Macky Sall a réclamé 200 hectares supplémentaires, malgré que le site de l’université a  été éclaté dans trois localités : Kaolack, Fatick et Kaffrine, portant ainsi le total de l’assiette foncière à 300 hectares. Nous trouvons que cette superficie est excessive», fait remarquer le porte-parole des impactés.  « D’abord et avant tout les populations ont salué l’implantation de l’université dans leur localité  parce ayant pleinement conscience des avantages de celle-ci pour les populations riveraines et pour le pays. Cependant , les populations déplorent  la non implication  des villages  et depuis le démarrage des travaux aucune explication n’a été donnée aux habitants dont d’énormes assiettes foncières les appartenant ont été spoliées », a encore insisté Imam Babacar Guèye. 

PAYSANS PRIVES DE CHAMPS, LES ELEVEURS DE PATURAGE

Les populations des cinq villages situés autour de l’Université du Sine-Saloum sont frustrés d’avoir été privés injustement de leur seuls moyen de survie, à savoir : l’agriculture et l’élevage.  « Ces terres étaient les principales sources de revenus  des agricultures qui y pratiquaient des cultures vivrières comme le mil, le sorgho, le niébé , le maïs et des productions de rente comme l’arachide ou le pastèque. Les éleveurs de la localité aussi faisaient paître leurs animaux sur ces espaces », a rappelé avec fermeté l’Imam de Mbaboumy au nom  des impactés pour que nul n’ignore le préjudice qu’ils ont subi. « Avec l’implantation de l’Université des paysans n’ont pas cultivé cette année. L’élevage est mort dans la localité par ce que les pâturages ont été fermés et l’accès interdits », a certifié l’Imam Guèye.

Face justement aux préjudices qu’ils ont subis, les agricultures et les éleveurs des villages voisins  réclament une indemnisation à la hauteur des dommages subis. Ils invitent l’État du Sénégal  et les autorités de la localités à les accompagner pour un règlement à l’amiable de ce contentieux foncier. 

Les paysans et les éleveurs impactés réclament également au gouvernement de faire en sorte que les filles et fils de la localités soient prioritaires dans le recrutement des emplois durant les travaux de construction et lors du démarrage effectif de l’Université du Sine-Saloum.  

« PAS UN METRE DE PLUS »

« Sur les 300 hectares déjà occupé, nous n’accepterons plus qu’on y ajoute un mètre de plus. Le maire de Mbadakhoune veut ajouter 100 mètres de plus au tour du site, nous ne l’accepterons pas », avertit le porte-parole des habitants de :Back, Mbadakhoune, Mbaboumy, Paffa et Bourndou. « Nous donnons un délai au gouvernement pour satisfaire nos doléances, dans le cas contraire, nous allons passer à la vitesse supérieur », a conclu l’Imam Babacar Guèye. 

Les travaux de l’Université EL Hadji Ibrahima Niass du Sine Saloum ont démarré en 2015.  Les travaux de l’Université du Sine Saloum El hadji Ibrahima Niasse (USSEIN) vont coûter près de 65 milliards de francs CFA. L’USSEIN est répartie sur trois sites : Kaolack, Fatick et Kaffrine. Le campus de Kaolack , situé à Mbadakhoune constitue le lot 1.  Les travaux sont confiés à une entreprise chinoise. Les cours ont effectivement démarré en octobre 2017.  L’USSEIN est une université à vocation agricole et compte accueillir 30 000 étudiants sur ses différents sites.  

Mamadou SARR