ASSEMBLEE NATIONALE : Le retour du poste de Premier ministre voté

Le poste de premier ministre a fait son come-back hier dans l’attelage gouvernement 30 mois après sa suppression. Les députés de la mouvance présidentielle ont évoqué la Covid-19 et les fonctions du Président Macky Sall à l’Union africaine pour voter la loi restaurant ce poste. Mais pour l’opposition, ‘’la Covid-19 a bon dos’’.

Après sa suppression en mars 2019, le poste de Premier ministre a fait son retour hier dans l’attelage gouvernement. C’était hier à l’issue du vote de la loi portant révision constitutionnelle et restauration du poste de Premier ministre. 92 voix se sont en effet prononcés en faveur de sa restauration contre deux voix contre et huit abstentions. Ainsi, la loi est passée comme lettre à la poste. Mais les débats n’ont pas du tout été de tout repos surtout pour le camp de la majorité qui a justifié le retour du premier ministre par la pandémie du coronavirus. Mais aussi par la présidence de l’Union africaine par le chef de l’Etat Macky Sall. ‘’Le retour du poste du Premier ministre est le symbole de l’humilité de l’homme qu’est le Président Macky Sall’’, a déclaré la député Sira Ndiaye. En appui, son collègue Awa Gueye évoque des considérations géopolitiques pour justifier la résurrection de cette station. ‘’Il faut comprendre la situation géopolitique. Il faut comprendre que le terrorisme est là. Il s’y ajoute que le Président va présider l’Union africaine (Ua)’’, avance-t-elle. Poursuivant son argumentaire, Awa Gueye soutient que ‘’cette réforme est très consolidante’’. Un argument totalement rejeté par Abdoul Aziz Diop. ‘’L’argument sur la mission du chef de l’Etat sur le plan international ne me semble pas plausible’’, rétorque l’ancien cacique du Parti démocratique sénégalais. Estimant que le retour du poste de Premier ministre est une bonne nouvelle, Abdoul Aziz Diop pense que ‘’la révision du 4 décembre 2019 (supprimant le poste de Pm) est une révision déconsolidante. Cette révision (le réactivant) est venue à son heure’’, souligne-t-il. Abondant dans le même sens, Marième Soda Ndiaye trouve terre à terre l’argumentaire de la majorité sur cette question. ‘’Ce n’est pas un argument qui tient la route’’. Allant plus loin, Déthié Fall estime quant à lui que le retour du poste de Premier prouve à suffisance l’amateurisme du Président Macky Sall dans la gestion des affaires publique. Pour sa part, Aida Mbodji rappelle que l’opposition a toujours dénoncé l’impertinence et l’inopportunité de la suppression du poste de Premier ministre. ‘’La suppression de ce poste a été une atteinte au fondement de la démocratie au niveau du contrôle de l’action gouvernementale par l’assemblée nationale. Finalement, le constat est là. C’est un manque de vision et une incapacité à anticiper. D’ailleurs les arguments de l’opposition sont repris dans l’exposé des motifs du conseil des motifs’’, fulmine-t-elle. Pour Toussaint Manga, les arguments avancés pour faire revenir le poste sont légers. ‘’La Covid a bon dos. On dit que les variants du Covid sont plus dangereux. Mais moi je trouve la variante du discours parlementaire plus dangereuse que ceux-ci’’, persifle-t-il. 

Me Malick Sall: « Ce projet de loi arrive à point nommé »

Réagissant aux différentes interventions, les unes plus acerbes que les autres, Me Malick Sall a d’abord tenté de justifier le retour du poste de Premier ministre par les performances du Sénégal dans la voie des adaptations institutionnelle, en vue de mieux répondre aux exigences de la modernisation de la gouvernance démocratique. ‘’Ce projet de loi arrive à point nommé. La vie des institutions est rythmée par des changements qui s’opèrent à la lumière des circonstances politiques, administratives et sociales. Autrement dit, l’architecture institutionnelle ne peut aucunement être figée. Et sa configuration doit épouser les préoccupations du moment et obéir à la priorité définie’’, a soutenu le Garde des Sceaux. Malick Sall relève dans la foulée que la réforme constitutionnelle apparait opportune pour une réadaptation institutionnelle aux exigences de la gouvernance démocratique. ‘’La restauration du poste de Premier ministre procède d’un renouveau démocratique constitutionnel face aux défis du nouveau contexte économique international et aux effets induits par la pandémie du Covid-19’’, persiste-t-il. Précisant ainsi que le redimensionnement consécutif à la restauration du poste de Premier ministre permet de codifier les rapports entre l’exécutif et le législatif par la rationalisation des moyens consécutifs à la responsabilité politique du gouvernement devant l’Assemblée et au pouvoir de dissolution dudit organe reconnu au président de la République’’.   

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