RENVOI DU PROCES DE BARTH : La tension différée après les locales

En renvoyant le procès de Barthélémy Dias au 2 mars prochain, la cour d’Appel de Dakar diffère la tension entre pouvoir et opposition jusqu’après la bataille des locales.

Le procès de Barthélémy Dias a été renvoyé hier, jusqu’au 2 mars prochain. Un renvoi qui ne surprend pas l’accusé. ‘’Ce n’est pas une surprise. J’ai toujours eu à le dire. J’ai dit qu’il n’y a aucune volonté de vouloir vider ce dossier’’, a soutenu Barthélémy Dias, au sortir de l’audience. Pour le maire de Mermoz Sacré-Cœur, ce procès ne va pas se tenir. ‘’Je crois à ce que je dis, je le répète, il n’y aura jamais de procès. Ce qu’il y a lieu de faire de ce dossier, c’est de le classer sans suite’’, a-t-il soutenu. Le candidat déclaré de la coalition Yewwi askan wi à la ville de Dakar continue de dénoncer un complot ourdi contre sa personne pour l’empêcher de mener à bien ses activités politiques. ‘’Ils ont ressuscité ce dossier quand j’ai décidé de m’opposer à ce régime. Je considère que dans une démocratie, on doit laisser le soin aux uns et aux de compétir librement. Et quand j’ai eu à porter mon choix sur Khalifa Ababacar Sall pour qu’il puisse être le candidat du Parti socialiste à l’époque, malheureusement, les difficultés ont commencé pour moi’’, assène-t-il. Avant d’enfoncer le clou : ‘’c’est une épée de Damoclès qu’on veut mettre au-dessous de ma tête, et ça ne passera pas avec moi. J’ai eu à le dire, je n’accepte pas de discuter avec le pouvoir. Je n’accepte pas de travailler avec le pouvoir. Et pour ceux qui pensent qu’ils peuvent utiliser ce dossier comme une épée Damoclès pour ne pas dire une pression sur ma modeste personne, c’est peine perdue parce que moi, j’ai déjà fait un choix. J’ai fait le choix de servir ce pays et non de me servir de ce pays. Donc je suis prêt à sacrifier ma liberté et même plus que ma liberté pour la démocratie’’.

«Il n’y aura jamais de procès. Ce qu’il y a lieu de faire de ce dossier, c’est de le classer sans suite’’,

Pour le candidat de Yewwi askan wi à la ville de Dakar, si la famille du défunt Ndiaga Diouf veut avoir justice, ce n’est pas à lui qu’elle doit s’adresser. Mais plutôt au régime. ‘’C’est un incident malheureux et le Président Macky Sall avait reconnu à l’époque, que l’État du Sénégal avait failli à sa mission de sécuriser les biens et les personnes. Je pense que la famille doit se retourner vers l’État. Quand l’État est fautif, il a une assurance qui s’appelle l’agent judiciaire de l’État, et je ne suis pas l’agent judiciaire de l’État ‘’, soutient-il.

Revenant sur la prochaine audience prévue en mars prochain, le candidat à la mairie de Dakar a relevé une coïncidence. ‘’Nous sommes convoqués au Tribunal en début mars ! Mais la seule chose que je déplore, c’est que par la grâce de Dieu, j’irai répondre cette fois ci au Tribunal en tant que maire de Dakar’’, croit savoir le maire de Mermoz Sacré-Cœur. Sur ce point, le candidat de Yaw pour la mairie de Dakar estime que cela n’honore pas l’image de la ville qui se trouve la capitale du Sénégal. Et, ajoute-t-il, ‘’cela n’honore pas non plus l’image du Sénégal qui se veut être une démocratie et un exemple à travers le monde’’. 

De son côté, l’ex-maire de Dakar, Khalifa Aboubacar Sall a aussi déploré ces multiples renvois de ce procès dont les faits remontent en décembre 2011. ‘’Il est souhaitable que le procès se tienne, mais le problème est qu’on est dans un jeu de yoyo’’, dénonce l’ancien maire de Dakar. Hormis, l’ex-maire de Dakar, plusieurs membres de la coalition de Yaw, tel Cheikh Ahmet Tidiane Youm du PUR, Malick Gakou du GP, Déthié Fall du PRP et Ousmane Sonko du Pastef ont tenu à accompagner leur candidat pour la mairie de Dakar.

L’info