PARALYSIE DE TOUT LE SECTEUR DU TRANSPORT :Le signal fort des transporteurs

Avec son mot d’ordre de grève de 48h, le Syndicat unitaire des transports routiers a paralysé tout le secteur du transport hier, laissant ainsi sur les routes, les usagers qui ont été les seuls à trinquer. Une aubaine pour les charretiers et conducteurs de motos qui se sont bien frottés les mains en quadruplant leurs prix. A Dakar comme à l’intérieur du pays, ils ont dicté leur loi toute la journée d’hier. 

Le secteur du transport routier a été en effet un corps inerte hier, atteint de paralysé à tous les niveaux. La grève de 48h décrétée par le Syndicat unitaire des transporteurs routiers a été suivie à l’unanimité par les acteurs du secteur, à l’exception de la société nationale Dakar Dem Dikk. A l’unanimité, ils ont décidé de porter le combat contre les tracasseries policières, la suspension de la délivrance des licences de taxi, la cherté des plaques d’immatriculation, les gares routières flottantes, entre autres.

Le système de transport routier paralysé toute la journée, les usagers ont été plongé dans le désarroi ; la plupart d’entre eux n’ayant pas pu regagner leurs lieux de travail. D’autres qui ont pris le risque d’y aller, ont été obligés de marcher parfois de longues distances ou de prendre des charettes ou des motos. Les plus chanceux ont été sauvés par des conducteurs de véhicules particuliers qui ont accepté de les convoyer, gratuitement pour certains, contre paiement pour d’autres. 

Le festin des charretiers et des jakartamen

Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, les charretiers et les jakartamen ont pris le relai. Sauf que leurs tarifs ont  quadruplé. A Dakar, ils étaient courus par tous et ils en ont bien profité. ‘’Si cela ne dépendait que de nous, cette grève durerait plus de trois mois. Ça a vraiment fait nos affaires aujourd’hui’’, lance sans aucun gêne un conducteur de moto Jakarta communément appelé «Tiak tiak». Eux tout comme les charretiers, proposaient aux usagers des prix hors de portée. Pour rallier par exemple le rond-point Liberté 6 à partir de Case ba ou des Parcelles assainies, il fallait débourser entre 1500 et 2000 pour des conditions de transports pénibles et très rudimentaires.

Thiès, le diktat des jakartamen

Le même scénario a été observé à l’intérieur du pays. A Thiès par exemple, les jakartamen ont imposé leur diktat. Les courses qu’ils faisaient entre 200 et 500 francs, ont pris l’ascenseur toute la journée d’hier. Les usagers de la route ont été contraints de débourser entre 1000 et 2000 fracs CFA pour se déplacer. Et pour rallier Tivaouane, il fallait payer 2500 francs CFA. ‘’J’ai fait deux courses ce matin entre Thiès et Tivaouane en raison de 2500 à l’aller et 2000 au retour’’, déclare crédulement Moussa Ndao, un conducteur de moto Jakarta qui souhaite que le Syndicat unitaire des transports routiers poursuive son mouvement d’humeur aussi longtemps possible, pour leur permettre de se remplir les poches.

Kaolack, le calvaire des professeurs et des élèves

A Kaolack, c’est le même calvaire que les usagers de la route ont vécu au premier jour de la grève des transporteurs. Le mot d’ordre de grève a été bien suivi par les acteurs de la région. Les usagers ont en effet eu toutes les peines du monde pour se rendre à leurs lieux de travail ou pour vaquer à leurs occupations habituelles. Même les élèves n’ont pas été épargnés par cette grève des transporteurs. La plupart d’entre eux, n’ont pas pu regagner leurs écoles hier, du fait de cette paralysie notée dans le secteur du transport. Certains qui ont réussi ont été obligés de faire recours aux motos jakarta et autres charrettes qui ont pris le relai des cars, bus et autres moyens de transport de masse.

Vives altercations entre transporteurs et charretiers à Touba

A Touba, dans la capitale du mouridisme, le mot d’ordre de grève des transporteurs a été largement suivi. Et ce sont les charretiers qui se sont substitués aux transporteurs pour convoyer les usagers. Ce qui n’a pas été du gout des transporteurs qui ont aussitôt organiser la riposte pour contraindre les charretiers à cesser leurs activités. Ce qui a provoqué de vives altercations entre les deux parties. Mais la police qui s’est interposée, a permis d’enrayer l’escalade de violence.

L’info