SITUATION DE L’ELEVAGE : Radioscopie d’une filière en déficit permanent

Le Chef de l’État, Macky Sall, préside ce samedi, à Dahra Djolof, dans le département de Linguère, la 7ème édition de la Journée nationale de l’élevage (JNE). Pourtant, il s’agit du secteur le plus déficitaire de notre économie depuis 1960. Le Sénégal est toujours dépendant de ses voisins et de l’étranger pour son approvisionnement en viande, lait et mouton. 

‘’Qui n’avance pas recule’’, dit l’adage. Ce dicton célèbre va comme un gant au secteur de l’élevage au Sénégal qui, assurément, n’est plus ce qu’il était en 1960. Les différentes études de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANDS) qui se suivent et se rassemblent le prouvent à suffisance. ‘’Le secteur de l’élevage fait face à des contraintes majeures qui freinent son développement. Ces contraintes sont liées à une faible productivité́ et un manque de compétitivité́ des élevages ; des difficultés liées à l’alimentation et à l’abreuvement du bétail ;  l’insuffisance de la couverture sanitaire et de la sécurité́ alimentaire du cheptel; des difficultés d’accès au crédit ; la recrudescence du vol de bétail ; des difficultés liées à la collecte, à la transformation, à la conservation et à la distribution des produits animaux ; une faible capacité́ des organisations de producteurs’’, diagnostique une étude de l’Agence nationale de la démographie et des statistiques (ANSD). 

Chaque année, à l’approche de la célébration de la fête de l’Aïd El Adha, communément appelée Tabaski, les musulmans Sénégalais craignent des pénuries de moutons. Ce sont les milliers de moutons venus du Niger, du Burkina, du Mali et de la Mauritanie qui permettent de satisfaire la forte demande nationale. En période de Tabaski, le nombre de moutons importés du Mali et de la Mauritanie qui sont les principaux fournisseurs du Sénégal dépasse les 500 000 têtes. 

Pour la satisfaction des besoins en protéines animales de la population sénégalaise en pleine croissance, le Sénégal s’appuie sur l’importation pour éviter des pénuries de viande récurrentes. Concernant, la consommation de lait, le Sénégal ne compte que sur l’importation du lait en poudre très pauvre en éléments nutritifs. Le cheptel sénégalais ne produisant qu’une très petite quantité de lait. 

L’élevage, un secteur prioritaire du Pse

Pourtant, l’élevage figure parmi les secteurs prioritaires du Plan Sénégal Émergent (PSE). ‘’Son développement participera à renforcer la sécurité́ alimentaire et rééquilibrer une balance commerciale dégradée par les importations de produits alimentaires ; à développer des filières intégrées compétitives à haute valeur ajoutée ; et à préserver les équilibres socio-économiques et dynamiser l’économie rurale’’, lit-on dans l’axe 1 du PSE, le référentiel des politiques publiques du Sénégal depuis, 2014. ‘’Toutefois, le secteur fait face à des difficultés qui ralentissent son développement. En effet, son poids dans le PIB (4,0% en 2016)30 ainsi que sa contribution à la croissance (0,3% pour un PIB qui a progressé́ de 6,2%) reste relativement faible par rapport au potentiel du secteur’’, ajoute la même source. 

Selon l’ANDS, l’effectif du cheptel est composé de 17. 379 000 têtes dont 3 541 000 bovins, 6 678 000 ovins, 5 704 000 caprins, 423 000 porcins, 557 000 équins, 471 000 asins et 5 000 camelins. L’effectif de la volaille est évalué́ à 64 541 000 têtes, soit un accroissement. Cette progression est imputable à la hausse de 11,0% de la volaille industrielle. Quant à la volaille traditionnelle, elle n’a augmenté́ que de 3,5%. 

Quant à la production nationale de lait, elle a augmenté́ de 2,1%, selon toujours l’ANSD. L’élevage extensif a produit 137,2 millions de litres contre 94,3 millions litres pour l’élevage semi-intensif/ intensif. Le volume de lait et de produits laitiers importés a été́ de 29 773 tonnes (204 millions de litres équivalent lait). 

La 7ème édition de la Journée nationale de l’élevage (JNE) a pour thème : « Entreprenariat et investissements pour un élevage moderne et durable ».

L’info