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RETOUR DU PREMIER MINISTRE : L’aveu d’échec de Macky Sall

La restauration décidée hier, du poste de Premier ministre par le président de la République Macky Sall et son gouvernement, sonne comme un aveu d’échec, après près de deux ans d’errance institutionnelle, par moment fatidique pour le chef de l’Etat qui était finalement obligé d’être au four et au moulin.

Près de deux ans après sa suppression, le poste de Premier ministre va faire son retour dans l’attelage gouvernemental. Le président de la République Macky Sall et son gouvernement en ont décidé ainsi hier, lors de la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres. Au cours de cette rencontre, le chef de l’Etat a, en effet, informé le Conseil, de sa volonté d’initier une révision de la constitution, qui va porter entre autres, la restauration du poste de Premier ministre. Et selon le communiqué du Conseil des ministres parcouru par l’Info, cette restauration, qui vient ainsi adapter l’organisation du pouvoir exécutif à un nouvel environnement économique et socio-politique, s’accompagne d’une nécessaire requalification des rapports entre l’exécutif et le législatif, notamment la réintroduction de la responsabilité du gouvernement devant l’Assemblée nationale et le pouvoir de dissolution de celle-ci dévolu au président de la République. 

De la contre-productivité de la suppression du poste de Pm 

Si le prétexte de la restauration du poste de Pm est bien trouvé par Macky Sall et son gouvernement, force est de reconnaitre que cette décision prise sonne comme un aveu d’échec du chef de l’Etat. Après près de deux ans de pratique, la suppression de cette station dans l’architecture institutionnelle du pays s’est révélée inefficace et inopérante, parfois même contre-productive. Cela a plus participé à exposer le président de la République, souvent acculé jusque dans ses derniers retranchements, qu’à imprimer à la tête du pays, le fast-tract que Macky Sall a voulu ériger en mode de gouvernance pour prendre en charge de manière plus efficace les politiques publiques tout en se débarrassant de certaines lourdeurs administratives. Les récents évènements survenus en mars dernier ont mis à nu toute la vulnérabilité de l’institution présidentielle. Face à l’absence d’un Premier ministre, soupape de sécurité et fusible du chef de l’Etat, qui a toujours joué un rôle de tampon entre lui et le peuple, surtout en temps de crise, Macky Sall, acculé jusque dans ses derniers retranchements, a été plus que jamais exposé. Son fauteuil présidentiel qui a vacillé en un moment donné, n’a jamais été aussi menacé que durant ces évènements malheureux.

Décision impopulaire et inopportune

C’est à la surprise générale que Macky Sall, nouvellement élu pour un second mandat à l’issue de la présidentielle de février 2019, avait annoncé en mai de la même année, la suppression du poste de Premier ministre. Le chef de l’Etat avait d’autant plus surpris son monde, qu’il n’avait en aucun cas et à aucun moment de la campagne électorale de 2019, évoqué la question. Il n’en a parlé publiquement que deux jours après avoir prêté serment pour un second mandat en début avril. Ainsi, les 32 ministres et trois secrétaires d’Etat nommés le 6 avril, sont tous reconduits, sans leur ancien chef Mahammed Boun Abdallah Dionne, rétrogradé Secrétaire général de la présidence de la République avant d’être envoyé à la retraite. Aujourd’hui rattrapé par son passé et ses actes dans un contexte économique et politique national et mondial assez complexe, Macky Sall s’est sûrement rendu compte de son erreur, qu’il décidé de corriger. Seulement, entre temps, beaucoup d’eau aura coulé sous les ponts. Et les calculs politiques cachés derrière la nomination du futur Premier ministre (que beaucoup voient déjà en la personne d’Amadou Ba), en perspective de 2024, ont peu de chance d’aboutir dans un contexte national et sous-régional assez chargé.

L’info