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COINCIDENCE ENTRE LOCALES ET CAN : Le dilemme de Matar Bâ, Augustin et Ablaye Sow

Avoir les pieds au Sénégal et la tête au Cameroun ou avoir les pieds au Cameroun et la tête au Sénégal ! C’est le grand écart que devront réaliser les ministres Matar Ba et Abdoulaye Sow, ainsi que le maire de Gorée Me Augustin Senghor. Tous têtes de liste de la coalition Benno bokk yaakaar, ils sont aussi les trois personnalités de premier plan lors des campagnes de l’équipe nationale. Or, la campagne électorale et le scrutin du 23 janvier pour les locales se trouvent en pleine période de la Coupe d’Afrique des nations qui se tiendra du 9 janvier au 6 février prochain. 

Les élections locales du 23 janvier prochain sont d’une importance capitale pour beaucoup de personnalités, notamment les maires sortants, dont certains devront face à une rude adversité. C’est le cas du ministre des Sports Matar Ba qui, à Fatick, fera face non seulement à l’opposition, mais aussi à une liste de dissidents de l’Apr et qui ne sont pas des moindres : Trois Pca, un directeur, un ancien Directeur national… 

C’est dire que le maire sortant de Fatick doit batailler ferme pendant la campagne électorale et le jour même du scrutin, pour s’en sortir. Ce qui ne sera pas évident pour Matar Bâ. Et pour cause, la campagne et le scrutin pour les locales se tiendront en pleine Coupe d’Afrique, à laquelle le Sénégal prend part au Cameroun. Or, en tant que ministre des Sports et représentant de l’Etat, Matar Bâ, comme ça a toujours été le cas lors des dernières campagnes, doit être assez présent aux côtés de l’équipe nationale et de la fédération sénégalaise de football. Une présence qu’il aura du mal à assurer cette fois-ci, car étant quasiment obligé d’être dans sa commune et sur le terrain politique pour défendre sa candidature et ne pas se laisser dominer par les adversaires. Il devra obligatoirement sacrifier l’une des obligations. Et on suppose que c’est sa mission de ministre des Sports et la nécessité de sa présence auprès de la délégation sénégalaise qui en prendra un coup. Sa présence à ce rendez-vous continental du football est d’autant plus importante pour lui, qu’il ne s’agit pas seulement d’être aux côtés de l’équipe. C’est aussi un moment de rencontres et d’échanges avec ses pairs du continent, avec les autorités africaines et mondiales du football et avec des partenaires techniques et financiers du football en particulier et du sport en général. 

Abdoulaye Sow, un maillon central du dispositif fédéral, obligé d’être présent à Kaffrine pour la conquête d’un premier mandat électif politique

Le ministre des Sports n’est pas le seul ministre dans cette situation. Son collègue de l’Urbanisme et de l’Habitant est aussi dans la même galère. Abdoulaye Saydou Sow est premier vice-président de la Fédération sénégalaise de football avec beaucoup de responsabilités dans la gestion quotidienne de la fédération et de l’équipe nationale, en temps de campagne particulièrement. D’ailleurs, c’est lui qui est actuellement en mission à Bafoussam, (ville où est logée la poule du Sénégal) pour s’occuper, entre autres, des derniers réglages des questions liées aux logements de la délégations sénégalaise. Sa place centrale dans le dispositif fédéral fait que sa présence a toujours été permanente lors des campagnes des Lions. Une présence quotidienne qu’il ne pourra pas assurer cette fois-ci, car devant mener son combat politique, en tant que tête de liste communale de Benno bokk yaakaar à Kaffrine. Ces élections sont d’autant plus importantes pour lui, qu’elles devront marquer son ascension politique, avec à la clé, le poste de maire de Kaffrine, qui serait son premier poste électif politique. 

Me Augustin Senghor, un pied au Cameroun, un pied à Dakar ; mais avec plus de marge de manouvre

Le président de la fédération Sénégalaise de football lui-même, ne pourra pas être au Cameroun en permanence. Me Augustin Senghor est aussi  rattrapé par sa vie de politicien. Il va devoir défendre son bilan et sa candidature à la mairie de Gorée, qu’il convoite de nouveau. Et sa présence à la Can est beaucoup plus une obligation pour lui que pour les autres. Mais contrairement à Matar Ba et Abdoulaye Sow, il a plus de marge de manœuvre. Sa commune lui est quasiment acquise. Et c’est une petite commune où tout le monde se connait, où le travail politique peut se faire facilement sans qu’il soit forcément sur le terrain et où sa notoriété ne souffre pas de beaucoup de contestations. Mais dans tous les cas, ils se retrouveront tous les trois dans une situation très complexe. Condamnés à être sur le terrain politique pour défendre leurs candidatures et leurs listes, ils seront aussi contraints d’être présents au Cameroun, pour assister la délégation et l’équipe nationale qui défendent les couleurs du pays. Un véritable casse-tête chinois…

L’info