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MONTAGE FINANCIER DE L’AUTOROUTE À PÉAGE DAKAR-AIBD : Khadim Bamba Diagne dénonce un déséquilibre

  • mbay thiamdoum
  • novembre 12, 2021
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Il y a eu un déséquilibre considérable entre la subvention publique et le montant du financement privé dans le montage financier de l’autoroute à péage. C’est le constat fait par l’économiste Khadim Bamba Diagne. Il s’exprimait lors d’un panel organisé par Legs-Africa, axé sur : ‘’l’aspect juridique et financier de l’exploitation de l’autoroute à péage Dakar-Aibd : Quelles leçons tirer des contrats : construire, exploiter, transférer (Cet)’’.

Le montage financier de l’autoroute à péage a fait l’objet d’un débat organisé par Legs-Africa et axé sur l’aspect juridique et financier de l’exploitation de l’autoroute à péage Dakar-Aibd : Quelles leçons tirer des contrats Cet (construire, exploiter, transférer) ?  Lors de ce débat multi-acteurs, l’accent a été mis sur la redevabilité de la gouvernance des infrastructures et PPP : suivi et vulgarisation de l’étude d’impact socio-économique et environnemental de l’exploitation de l’autoroute à péage. Ce mode de financement qui fait appel aux ressources publiques et aux apports privés est une approche de plus en plus utilisée dans les grands travaux qui requièrent des financements lourds que l’État ne peut pas supporter seul. Dans son intervention axée sur le montage financier de cette autoroute, l’économiste Dr Khadim Bamba Diagne met à nu un déséquilibre considérable entre la subvention publique et le montant du financement privé. Dans les détails, l’économiste soutient que le total des investissements de cette autoroute tourne autour de 380 milliards. Selon lui, 83,95 % du financement de ce projet, soit 319,2 milliards ont été déboursés par l’État sénégalais (193,5 milliards) et les institutions publiques telles que la Banque mondiale (52,5 milliards), l’Agence française de développement (40 milliards) et la Banque africaine de développement (33,2 milliards). A en croire l’économiste, seuls les 61 milliards restants ont été subventionnés par la société Eiffage qui a d’ailleurs alloué en fonds propres que 20,8 milliards et lève sa contribution financière restante auprès de la Banque ouest africaine de développement (15milliards), l’IFC (13,4milliards), la BAD (6,8milliards) et la Cbao (5 milliards). Pourtant, relève-t-il, avec une rentabilité de l’autoroute estimée à 140 milliards sur une période de dix ans, le gouvernement sénégalais n’a encaissé que 28 milliards. De plus, a-t-il analysé, une hausse des charges d’exploitation de la part de Eiffage a été notée. Celles-ci passent de 36,652 à 56,526 milliards. D’après Dr Diagne, sur les 143.750 milliards de chiffre d’affaires, les résultats courants avant impôts sont estimés à 10 milliards, faisant ainsi gagner à l’État sénégalais que 3 milliards 200 M comme impôts sur le bénéfice. C’est la raison pour laquelle, Dr Khadim Bamba Diagne a estimé que ‘’cette gestion non optimale de l’État sénégalais est illustrative du manque de contrôle et d’efficience sur ses propres infrastructures’’. Ainsi, il appelle l’Etat du Sénégal à songer davantage à la mise en place de stratégies défensives et offensives afin de gagner plus et de dépenser moins dans l’exploitation de ses propres infrastructures et plus largement ses ressources. Celles-ci, souligne-t-il, devraient passer inéluctablement par l’inclusion des experts financiers dans ses projets afin qu’ils puissent donner des avis consultatifs ou mettre des entreprises de gestion qui auront l’initiation des dépenses de sorte que les recettes fiscales de l’État ne soient pas diminuées. Mais aussi, par un suivi et une continuité étatique qui devraient être permanents même lorsque l’alternance politique se produit.

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