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RECOURS AUX GROS BRAS EN PERIODES ELECTORALES : La traite des nervis

Très souvent indexés dans les violences politiques à l’image de celles survenues tout récemment à Ziguinchor et opposant des partisans d’Ousmane Sonko à ceux de Doudou Ka, les nervis sévissent de plus en plus pendant la période préélectorale. Un contexte qui sonne comme une traite pour ces gros bras désœuvrés, souvent convoyés de Dakar pour accompagner des leaders politiques à l’intérieur du pays, moyennant de l’argent, souvent des sommes dérisoires. 

A moins de trois mois des élections municipales et départementales, la tension monte dans l’espace politique. Et le ton a été donné par les récents évènements survenus à Ziguinchor où des échauffourées entre partisans d’Ousmane Sonko et ceux de Doudou Ka ont fait plusieurs victimes. Des scènes de violences politiques qui en disent long sur les enjeux des prochaines joutes électorales à Ziguinchor, mais aussi dans d’autres villes du pays. Une ambiance électrique qui annonce de rudes confrontations, sur le terrain et dans les urnes, comme l’ont d’ailleurs promis, Ousmane Sonko et Doudou Ka qui se sont défiés par presse interposée. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, le spectre des violences préélectorales de 2011 plane ainsi sur le pays, avec les mêmes acteurs : les politiques et les nervis. Les nervis qui sont toujours pointés du doigt dans les violences politiques. Pendant la période préélectorale de 2011, un des leurs, Ndiaga Diouf, est tombé sous les balles lors d’une fusillade entre le camp de Barthélémy Dias et un groupe de nervis supposés envoyés par le Pds, jusque dans la mairie de Mermoz-Sacré-Cœur. Récemment quand le président de la République Macky Sall se déplaçait à l’intérieur du pays, dans le cadre de ses tournées économiques, les mêmes nervis ont encore frappé fort et ont fait parler d’eux. Sous le nez et la barbe même des forces de défense et de sécurité, ils n’ont pas hésité une seule fois, à tabasser tous ceux qui ont osé manifester leur opposition au régime de Macky Sall. A Thiès chez Idrissa Seck, ils ont fait passer un quart d’heure à certains responsables du Parti démocratique sénégalais et de l’opposition locale.

La banlieue dakaroise pourvoyeuse de nervis

Gros bras désœuvrés, les nervis sont souvent issus de milieux défavorisés. La plupart d’entre eux sont originaires de la banlieue dakaroise comme en attestent d’ailleurs les propos du leader de Pastef Ousmane Sonko. ‘’Il y a des nervis qui ont été identifiés et qui ont été transportés depuis Yeumbeul. Je demande aux parents de ces gens-là de les retenir, parce que si on les prend ici en Casamance, ils rentreront en morceaux. Qu’ils les retiennent à Dakar !’’, a accusé Ousmane Sonko au lendemain des évènements survenus à Ziguinchor. 

Il n’est pas d’ailleurs le seul à accuser les tenants du pouvoir de convoyer des nervis à l’intérieur du pays. ‘’Les nervis m’ont giflé’’, avait accusé Fatoumata Ndiaye alors coordonnatrice de “Fouta Tampi’’ au moment où la persécution sur elle et son mouvement avait atteint son paroxysme. ‘’Des bandits recrutés nous ont bastonnés et volés nos téléphones. Des nervis nous ont lancés des grenades lacrymogènes. Les nervis qu’on a convoyés au Fouta lors de la tournée économique du Président Macky Sall, on ne les a jamais vu au Fouta’’, s’était-elle plainte.  Et les exemples du genre font légion. Car, dans beaucoup de localités, surtout à fort enjeux politiques, des hommes politiques sont régulièrement accusés de convoyer des gros bras depuis la banlieue de Dakar pour mater des adversaires politiques. 

L’info