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ATTAQUÉ A ZIGUINCHOR : Sonko avertit et menace

Le leader de Pastef Ousmane Sonko a averti hier, qu’il prendra désormais des mesures idoines pour ne plus se faire surprendre comme ça a été le cas avant-hier, où de supposés proches de Doudou Ka l’ont attaqué et blessé trois de ses militants, à Boucotte.

Ousmane Sonko n’a fait dans la dentelle, ni dans la langue de bois. Le leader des Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef) a foncé directement sur ceux qu’il tient pour responsables de la violence dont lui et ses partisans ont fait l’objet dimanche à Ziguinchor. Toute griffe dehors, il les avertit contre toute tentative de rééditer le coup. ‘’Ce qui s’est passé hier (Ndlr : avant-hier) ne se reproduira plus ou alors les conséquences serons désastreuses’’, prévient-il, au cours d’une conférence de presse tenue hier dans son fief à Ziguinchor. Enfonçant le clou, il se fait plus menaçant : ‘’S’attaquer à Ousmane Sonko en Casamance, c’est se suicider. Je pèse 10 fois plus que lui (Doudou Ka) ici en Casamance. Et il le sait. Il n’a qu’à savoir raison gardée. Je lui demande de revenir sur terre parce que toute autre tentative serait dramatique pour lui et son équipe. Et j’invoquerais la légitime défense’’, fulmine-t-il.  

Plutôt que de verser dans la violence, l’ancien inspecteur principal des impôts et domaines invite ses adversaires politiques, notamment ceux de Ziguinchor, à privilégier le débat d’idées et de programmes à quelques encablures des prochaines élections municipales et départementales. ‘’La politique, c’est l’adversité dans la confrontation des idées, des programmes et des visions. Évidemment, si on n’est pas capable d’avoir une vision et un programme, on se transforme en gladiateur’’, persifle-t-il.

‘’L’auteur de ces agissements est un acteur politique mineur. Je ne suis pas son alter égo. Mon alter égo, c’est son patron, son père politique qui s’appelle Macky Sall’’

Ousmane Sonko est d’autant plus remonté, que celui qui serait à la base de cette attaque est politiquement insignifiant dans la capitale du Sud. «L’auteur de ces agissements est un acteur politique mineur en Casamance. Il est un acteur politique inexistant au niveau national. Je ne suis pas son alter égo. Mon alter égo, c’est son patron, son père politique qui s’appelle Macky Sall. S’il pense que c’est par des agissements pareils qu’il peut combler son absence d’aura et de légitimité politique, il se trompe. S’il pense que je peux être son escalier politique pour taper à l’œil de Macky Sall, dans leurs compétitions internes pour être candidat, il se trompe’’, assène le «Patriote» en chef, qui s’est gardé jusque-là de citer nommément Doudou Ka, accusé d’être l’instigateur des attaques d’hier. Mais il ne le rate pas du tout. ‘’Son horizon politique ne dépasse pas d’être un jour, maire de Ziguinchor. Il ne le sera jamais, s’il plait à Dieu. Mon ambition, c’est d’être président de la République du Sénégal.  Nous ne boxons pas dans la même catégorie’’, cogne le leader de Pastef. Tout en invitant l’ensemble des acteurs politiques à travailler à l’apaisement de la tension, Ousmane Sonko rappelle que la Casamance a suffisamment souffert ces 40 dernières années avec trop de sang coulé, trop de vies humaines perdues et trop de mutilations. ‘’Il ne faut pas accepter que des mort-nés politiques, des avortons politiques, viennent instrumentaliser des jeunes pour leurs dire aller attaquer X ou Y tout en sachant que le rapport de force ne leur est pas favorable. C’est les méthodes des nains politiques. Qu’il pense pouvoir s’en prendre physiquement à Ousmane Sonko et à Pastef et de surcroit ici à Ziguinchor, ça relève de la bêtise humaine. S’il ne voulait pas se suicider, il se comporterait autrement’’, lâche-t-il, tout en attribuant les violences à Ziguinchor à deux personnes dont Doudou Ka. 

‘’Nous avons une police partisane qui ne joue pas son rôle quand il s’agit de notre parti’’

Au-delà de ses adversaires politiques, Ousmane Sonko s’en est aussi vertement pris aux policiers de Ziguinchor. A en croire le député, la police n’a pas joué son rôle lors des échauffourées. ‘’Je déplore l’attitude de la police nationale qui refuse d’être une police professionnelle. Nous avons remarqué que nous nous avons une police partisane’’, charge-t-il. Avant de relativiser : ‘’je ne remets pas en cause les agents pris individuellement. Je sais que la quasi majorité d’entre eux sont des patriotes qui souffrent autant que nous des injustices qui se passent dans ce pays. Le problème, c’est la chaine de commandement qui est politisée et qui, à chaque fois que ça concerne l’opposition, ne fait pas son travail dans les normes républicaines’’, soutient-il avec force. Rappelant ainsi que cette police sénégalaise n’est pas une police de Macky Sall encore moins une gestapo.

‘’Des nervis transportés depuis Dakar’’

Revenant sur l’identité de ses agresseurs, Ousmane Sonko de faire une précision de taille. À l’en croire, beaucoup d’entre les nervis ont été transportés depuis la capitale Dakar. ‘’Il y a des nervis qui ont été identifiés et qui ont été transportés depuis Yeumbeul. Je demande aux parents de ces gens-là de les retenir, parce que si on les prend ici en Casamance, ils rentreront en morceaux. Qu’ils les retiennent à Dakar !’’, lance-t-il. Non sans louer le professionnalisme et le sang-froid de sa garde rapprochée sans quoi il y aurait effusion de sang. ‘’N’eut été le professionnalisme et le sang-froid de ma garde rapprochée, il y aurait eu mort d’hommes causée par les nervis de Doudou Ka qui avaient fini de quadriller Boucotte’’, accuse-t-il. 

‘’Il est impensable pour nous, que Pastef perde Ziguinchor après l’avoir gagné, il y a 2 ans’’ 

D’ailleurs, à propos des prochaines joutes électorales, Ousmane Sonko qui entretient toujours le flou sur sa probable candidature promet de faire tout son possible pour rallier dans son escarcelle et la maire et le Conseil départemental de Ziguinchor. ‘’Pour nous, toutes les élections sont importantes. Il est impensable pour nous que Pastef perde Ziguinchor après l’avoir gagné, il y a 2 ans. Nous mettrons le dispositif qu’il faut pour être sûr d’avoir un plébiscite au soir du 23 janvier 2022. Je reviens à Ziguinchor d’ici le 20 et quand je reviendrai, les choses tremblerons’’, déclare Ousmane Sonko qui promet de dévoiler le candidat de la coalition Yewwi askan wi pour déboulonner Abdoulaye Baldé de la mairie de Ziguinchor et mettre la main sur le Conseil départemental. ‘’Je suis convaincu que le déclic que nous attendons du Sénégal peut commencer ici en Casamance. Et nous avons les moyens de le faire avec ou sans les moyens de l’Etat’’, soutient-t-il.

L’info