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CHRONIQUE DE MLD : 5150 milliards de problèmes…

Ainsi donc  pour l’exercice 2022, le  projet de budget de l’Etat du Sénégal a été arrêté à plus de 5150 milliards de fr cfa. Autant dire tout de go 5150 milliards de problèmes pour les plus hautes autorités tant dans ce petit  pays  africain pauvre et endetté, tout relève de la priorité absolue. On n’a pas besoin de sortir de Hec ou de Harvard pour savoir que le budget est juste une prévision de recettes et de dépenses sur une période donnée. Alors, point  besoin de se gargariser voire bomber le torse pour souligner qu’en l’espace de dix  bonnes années (2012-2020), la puissance publique a réussi le tour de force de doubler le budget national. C’est là une approche politicienne ringarde et surtout contre-productive d’autant que le monde bouge. Quoi de plus normal de doubler voire tripler un budget dans un contexte de démographie galopante mais aussi d’heureuses perspectives à la lumière de l’exploitation imminente des ressources pétrolières et gazières. Une chose est de réussir à boucler un budget colossal de plus de 5000 milliards fr cfa, une autre est de savoir en faire bon usage en

identifiant les priorités liées notamment à la santé, l’éducation, la promotion de l’emploi des jeunes, l’hydraulique, l’assainissement, bref tous ces secteurs sociaux qui donnent des chevaux blancs à tout Leader ambitieux. On pense entre autres à l’orientation prioritaire des dépenses vers l’investissement public et la consolidation de l’inclusion sociale afin que le «Sénégal de tous, le Sénégal pour tous» ne soit plus

qu’un simple slogan aux contours populistes. Ce n’est très souvent  pas le cas d’autant qu’il y’a encore beaucoup d’investissements, de dépenses de prestige qui ne répondent à une aucune logique économique ? Il en est ainsi du Train Express Régional(TER), cette Arlésienne qui ne dit pas son nom mais aussi de toutes ces institutions budgétivores destinées à caser une clientèle politique. Avec le recul, on se rend compte que les immenses ressources mobilisées exceptionnellement pour mettre le TER sur les rails auraient pu servir à assurer une relance maîtrisée des chemins de fer du Sénégal, un domaine névralgique et transversal qui a de tout temps fortement accompagné l’essor économique et social dans tous les pays qui aspirent au développement. C’est le temps des regrets même si un célèbre adage nous enseigne qu’on ne peut refaire le monde avec des si…Quid des régies financières (Douanes, trésor, impôts et domaines) dont l’activité dans la mobilisation des recettes étatiques reste tout simplement vitale ? A ce niveau précis, il faut saluer les efforts fournis jusque-là pour leur modernisation notamment dans l’aspect important lié à la dématérialisation des procédures ; une manière parmi tant d’autres d’assurer une lutte efficace contre les fraudes. Juste rappeler qu’on ne peut valablement réussir un exercice budgétaire sans veiller à des stratégies de lutte sans merci contre la corruption et ces nombreuses évasions financières qui ont fini de mettre à genoux tous les pays pauvres. Surtout que l’actualité brûlante fait état de plusieurs dirigeants africains épinglés dans la récente affaire  dite des « Pandora Papers»…Ces hauts responsables ont ainsi dissimulé des fortunes colossales notamment aux Etats-Unis. Un mal africain endémique qui ronge nos maigres économies. Finalement à quoi ça sert d’ergoter sur des budgets nationaux de plus en plus renforcés si le leadership de nos hommes politiques reste encore notre principal talon d’Achille ? Franklin Roosevelt avait vu juste lorsque citant la Bible, il disait : « Là où il n’y a pas de vision, le peuple périt…».Toutes choses étant égales par ailleurs, il faut davantage fustiger avec véhémence l’attitude de tous ces dirigeants qui n’ont aucun respect, aucun rêve de grandeur  pour leurs peuples.