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TRANSPORT DE MASSE AU SENEGAL : Dakar gâtée, l’intérieur du pays oublié

Avec des aéroports qui sortent de terre dans presque toutes les régions du pays, les moyens de transport des élites se développement au détriment du transport de masse à l’intérieur du pays. Seule la région de Dakar bénéficie de projet de transport de masse comme le TER ou encore le BRT.  

La route continue de faire des victimes. Avant-hier, un accident qui s’est produit à hauteur du village de Ndiébel, à 4 km de Gossas, a fait 5 morts et trois blessés. Dans la nuit du mardi 31 août au mercredi 1 septembre, entre Ndiongolor et Diouroup à 15 km de Fatick, un camion a heurté un bus de transport en commun qui a quitté Dakar, plus précisément le célèbre « garage Bignona » de Grand Yoff, pour rejoindre Sédhiou. Le bilan fait état de 10 morts et 22 blessés. De façon globale, les statistiques révèlent que chaque année, plus de 600 morts sont enregistrés dans les accidents et les facteurs humains sont responsables à 80% d’après les autorités de la sécurité routière. Au moment où les véhicules qui sont les moyens de locomotion les plus utilisés par les Sénégalais, continuent de tuer à travers des accidents quasi quotidien, l’Etat poursuit sa politique de mobilité des populations. Celle-ci consiste à mettre en place des moyens de transport de masse dans la région de Dakar au détriment de l’intérieur du pays où, paradoxalement, les infrastructures aéroportuaires poussent un peu partout. 

Avec une superficie de 550 km2, soit 0,28% sur une étendue globale nationale 196 722 km2, la région de Dakar est la seule circonscription qui a accueilli tous les projets de transport de masse. Il s’agit du Train express régional (TER), avec une capacité de transport de 115000 voyageurs par jours. Sur un tracé de 18,3km avec 23 stations, les 144 Bus rapides sur voies réservées (BRT) sont articulés pour contenir 150 passagers chacun. A cela, s’ajoute le Petit Train de Banlieue (Ptb) qui convoie 15.000 Voyageurs par jour avec 28 rotations 15 stations.

Plus couteux et moins convoité, les moyens de transport des élites se développement avec des aéroports qui sortent de terre dans presque toutes les régions. Ce développement du transport des élites se fait au détriment du transport de masse, avec le train qui tarde toujours à siffler dans les régions. Après le lancement du programme de reconstruction de 13 aéroports régionaux à hauteur de 100 milliards, le chef de l’’État a ressuscité, en Conseil des ministres, le vieux projet de l’aéroport de Tobor. Ainsi, outre l’impératif d’intensifier la modernisation des aéroports de Ziguinchor et de Cap-Skiring, il a demandé aux ministres concernés d’intégrer, dans les perspectives stratégiques, les études de faisabilité de l’aéroport international de Tobor conçu puis abandonné par les socialistes. Pour rappel, il est prévu dans le cadre du Programme de reconstruction des aéroports du Sénégal (PRAS), la reconstruction des aéroports de Saint-Louis, de Ziguinchor, de Tambacounda et de Kédougou. Et la deuxième phase concerne 8 autres aéroports à savoir Simenti, Bakel, Linguère, Podor, Cap-Skirring, Kolda, Kaolack et Sédhiou. ‘’C’est toutes les régions du Sénégal qui auront un aéroport moderne de dernière génération’’, avait venté, il y a quelques temps, Souleymane Ndiaye, Directeur des infrastructures aéroportuaires du Sénégal.

L’info