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LA CHRONIQUE DE MLD : Pourquoi nos hommes d’affaires peinent à pérenniser leur Business?

  • mbay thiamdoum
  • octobre 1, 2021
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La toute récente actualité touche l’Entreprise de téléphonie Promobile

de Mbakyou Faye  qui a renvoyé une dizaine de hauts cadres pour motif économique. Promobile, Wari dont le Boss est traîné en justice par 2800 prestataires ou encore la  défunte Cafal du regretté Babacar

Niang,…Décidément la liste des entreprises sénégalaises ayant déposé

leur bilan ou qui sont sur le point de l’être est loin d’être exhaustive. Avec le recul, la question qui s’impose est la suivante : «Pourquoi nos entrepreneurs peinent à consolider et pérenniser leurs business?» C’est une particularité  bien sénégalaise voire africaine de constater aussi que la plupart des entreprises créées  par nos concitoyens ne survivent pas à leur fondateur ; en conséquence leur taux de mortalité

est extrêmement élevé. Les raisons de cette situation ubuesque  sont manifestement  à chercher dans l’absence de  rigueur dans  la gestion au quotidien de ces entreprises pourtant fondées par d’éminents acteurs du secteur privé national. Comment positionner et imposer dans la durée une entreprise sans un Business-plan  fiable et répondant aux standards internationaux ? Nous sommes clairement fâchés avec la planification ! Finalement ces entrepreneurs à la petite semaine sont dénués de toute ambition ; ils nous ressemblent trop d’autant qu’ils sont de purs produits d’une société qui met l’accessoire au-dessus de l’essentiel pour promouvoir le succès au détriment de la valeur et de la substance. Or, Albert Einstein  disait toujours : «N’essayez pas d’être un homme de succès mais plutôt un homme de valeur…» A y voir de près, nos entrepreneurs n’en ont cure car ils sont

visiblement dans les coups d’éclat et rarement  dans la vision et la générosité dans l’effort. Résultat, il leur est quasiment impossible d’accéder au statut enviable de champion économique. Ce qui explique clairement leur absence notoire dans les grands marchés octroyés par la puissance publique. Après, c’est pour voir ces mêmes acteurs pousser des cris d’orfraie dès que le secteur privé étranger gagne de tels marchés notamment dans le secteur stratégique du Btp et des grands travaux. Et puis, nos entrepreneurs basculent très souvent dans le panier à crabes de l’espace politique. C’est le cas notoire  de l’opérateur médiatique Bougane Gueye Dany qui a compris que sous les tropiques ce mélange de genres Business / Politique est salutaire et paie bien son homme. C’est clair, nous ne faisons jamais les choses comme les autres surtout qu’on est prompt à ressasser cette bonne vieille antienne : «L’Afrique a ses réalités !» Ndiouga Kébé et Elhadji Djily Mbaye, premiers milliardaires notoirement connus sous nos cieux, avaient-ils  crée des entreprises ? Si oui pourquoi cela ne leur a pas survécu ? Des questions de fond qui devraient nous pousser à engager la réflexion sur les stratégies de promotion et de consolidation de champions nationaux. Malgré tout, le tableau est loin d’être noir au vu de quelques réussites qui donnent visiblement des raisons d’espérer. Il en est par exemple des regrettés Aliou Ardo Sow (CSE), Ameth Amar (NMA SANDERS) ou même de Babacar Ngom, l’actuel roi du poulet. Des entreprises familiales qui ont réussi le tour de force de garder  le cap malgré plusieurs vents contraires qui soufflent dans un environnement peu favorable. De ce point de vue, ces vaillants concitoyens sont aussi valeureux que les Bouygues, Bolloré ou le célèbre avionneur Marcel Dassault remplacé par son fils Serge dans l’Hexagone.