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TRAFIC DE PASSEPORTS DIPLOMATIQUES : La flambée d’indignation et l’assurance d’Ayemérou Gningue

L’affaire de trafic de passeports diplomatique continue de faire des vagues au sein de l’opinion, beaucoup ne comprenant pas que rien ne soit encore fait dans le sens de livrer les deux députés cités dans le dossier à la justice, comme on l’avait fait dans des cas précédents. Mais pour le président du groupe parlementaire de la majorité, on est en train de leur faire un mauvais procès, dans la mesure où le dossier est encore en enquête de police, donc l’Assemblée ne peut rien faire pour le moment. Mieux, il assure qu’aucun député, fut-il de la majorité, pris dans des actes délictueux, ne sera protégé. 

La vague d’indignations suscitée par l’affaire dite du trafic de passeports diplomatiques dans laquelle deux députés de la majorité sont cités, est loin de s’estomper. Après les opposants Abdoul Mbaye, Mamadou Lamine Diallo ; les personnalités de la société civile dont (Alioune Tine et Birahim Seck) ; les activistes dont Guy Marius Sagna et les organisations citoyennes comme Y en a marre et Nio Lank, c’est autour de Thierno Alassane Sall de monter au front. Dans un post publié sur sa page Facebook hier, l’ancien ministre des Energies et du Pétrole et actuel leader de la République des valeurs note les défaillances de la justice, qui ont conduit aujourd’hui à une sorte de justice populaire, avec la publication de vidéos compromettantes, comme celle de l’arrestation de Boughazelli pour détention de faux-billets, pour laisser la rue et l’opinion faire le procès. ‘’L’affaire des faux passeports illustre la nécrose d’une République sous la coupe d’une minorité. Faute d’une justice indépendante, les dossiers sont instruits sur la place publique. Plus inquiétant, cette guerre des vidéos semble opposer des institutions de la République’’, a-t-il posté.

Pr Ngouda Mboup : ‘’La crise qui secoue l’Assemblée nationale est sans précédent. Il est inacceptable que l’on cherche à étouffer cette crise’’

Pour le juriste et universitaire Mouhamadou Ngouda Mboup, la crise qui secoue l’Assemblée nationale est sans précédent. Considérant que le passeport tout court, à plus forte raison le passeport diplomatique, est un symbole de notre souveraineté, laquelle ne saurait être ni vendue, ni cédée et encore moins marchandée, l’enseignant-chercheur en Sciences juridiques à l’Ucad, trouve inacceptable que l’on cherche à étouffer cette crise’’. En effet, rien ne bouge encore du côté de l’Assemblée nationale dans la perspective de la levée de l’immunité parlementaire des députés cités dans cette affaire de trafic de passeport diplomatique. Or, souligne-t-il, dans un passé récent, on a vu comment la machine parlementaire de la majorité surtout, s’est vite emballée pour mettre des députés de l’opposition à la disposition de la justice. ‘’Le dossier de Karim Wade a été accéléré de même que celui de Khalifa Sall et d’Ousmane Sonko. Ils sont tous des opposants à Macky Sall. La justice est une balance qui symbolise l’équilibre et le glaive pour matérialiser ses sanctions’’, déclare le constitutionnaliste.

Aymérou Ngingue : ‘’On n’est pas dans un cas de flagrant délit. Aucun député dans le cas d’espèce ne sera protégé par mon groupe’’

Invité hier de l’émission Jury du dimanche sur Iradio, le président du groupe parlementaire de la majorité Benno Bokk Yakaar (Bby) a expliqué les lenteurs dans la levée de l’immunité parlementaire des députés. ‘’On n’est pas dans un cas de flagrant délit. Il y a une personne centrale qui a été arrêtée et au cours de l’enquête, on a trouvé chez lui des documents qui semblent appartenir à des députés’’, soutient Aymérou Gningue. Qui précise : ‘’Il n’y a pas de lenteur dans l’affaire des trafics de passeports. Nous ne pouvons pas accélérer les dates parce qu’il faut respecter la procédure’’. En effet, pour lui, l’enquête de police étant encore en cours, il faut laisser ‘’les choses se poursuivre’’, jusqu’au moment de la procédure, où l’Assemblée nationale devra intervenir. Et pour ceux qui l’aurait oublié, il a souligné que la procédure de levée de l’immunité parlementaire de Sonko avait pris plus de 21 jours. Toutefois, le patron des députés de la mouvance présidentielle se veut catégorique sur le fait que le nécessaire sera fait dès que la justice demandera la levée de l’immunité des députés cités dans cette affaire. ‘’Les enquêtes de police sont en cours, la justice va certainement être saisie. Laissons la justice faire son travail. Toutefois, je peux assumer la responsabilité suivante : c’est que le groupe que je dirige qui comprend le président de l’Assemblée nationale, fera le travail qu’il faut à chaque fois que dans la procédure, il sera demandé à ce que l’on lève l’immunité d’un député, parce qu’il aura trempé de près ou de loin à quelque chose d’illégale, vous pouvez compter sur moi que la levée sera effective. Aucun député dans le cas d’espèce ne sera protégé par mon groupe’’, affirme-t-il. Et d’ajouter qu’il a reçu lui-même ses collègues en question, et qui sont «disposés» à aller répondre à la Dic en cas de convocation pour s’expliquer.