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SOUTIEN DE L’OPPOSITION A KILIFEU ET SIMON : Un couteau à double tranchant

Le soutien d’Ousmane Sonko et de Barthélémy Dias au Mouvement Y en a marre suite aux placements sous mandat de dépôt des rappeurs Kilifeu et Simon, pourrait se révéler être un couteau à double tranchant entre les mains de l’opposition sénégalaise, où c’est motus et bouche cousue dans certaines de ses factions, sur cette affaire de supposée trafic de visa.  

L’affaire Kilifeu et Simon du mouvement Y en a marre est une patate chaude entre les mains de l’opposition sénégalaise. Si celle-ci dans certaines de ses franges ne peut pas se soustraire de l’affaire du fait de l’implication dudit mouvement dans les luttes politiques et citoyennes souvent menées contre le régime de Macky Sall, s’afficher publiquement pourrait se révéler dangereux pour les prétendants à la magistrature suprême dont Ousmane Sonko et au niveau de la ville de Dakar avec Barthélemy Dias. L’affaire Kilifeu et Simon est en effet entre les mains de l’opposition sénégalaise, ce que le scandale Bougazelly a été entre les mains des tenants du pouvoir de Macky Sall, et probablement ce que va être pour le régime, l’histoire de trafic de faux passeports diplomatiques qui éclabousse l’Assemblée nationale, plus particulièrement la majorité parlementaire, car impliquant ses membres, les députés Mamadou Sall et Boubacar Biaye. C’est dire donc que des deux côtés, pouvoir comme opposition, c’est en fait un pari risqué de vouloir défendre un membre ou un allié qui aurait trempé dans des affaires répréhensibles.

Motus et bouche cousue au sein de l’opposition

La présence hier du leader des Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef), Ousmane Sonko et de son nouvel allié de Taxawu Sénégal, Barthélémy Dias, aux cotés des membres du Mouvement Y en a marre, pour apporter leur soutien à Kilifeu et à Simon, est en effet un pari risqué. Autan ce soutien peut leur faire gagner de la sympathie auprès de certains cercles de l’opinion publique, autan il peut aussi leur porter préjudice. D’ailleurs, l’affaire est tellement complexe que les autres franges et sections de l’opposition sénégalaise ont opté pour le silence et la prudence. C’est le cas du Parti démocratique sénégalais (Pds) d’Abdoulaye Wade, des partis d’Abdoul Mbaye (Act), Mamadou Lamine Diallo (Tekki), Thierno Alassane Sall (République des valeurs). En dépit des multiples services rendus par ce mouvement qui a toujours été au-devant du combat citoyen et politique depuis 2011, ils ont jugé utile de s’éloigner de l’affaire du fait de sa complexité et du contexte dans lequel elle survient. A quelques cinq mois des élections municipales et départementales du 23 janvier 2022, l’issue de cette affaire pourrait beaucoup leur porter préjudice en termes de crédibilité et d’alternative crédible si jamais les deux rappeurs et membres du Mouvement Y en a marre, sont reconnus coupables de trafic de visa, tentative de trafic de migrants, de faux en écriture administrative, de corruption, entre autres chefs d’inculpation retenus contre eux par le juge du deuxième cabinet d’instruction qui les a placé sous mandat de dépôt avant-hier.

Simon, Kilifeu, Karim Wade, Khalifa Sall…ces figures emblématiques tombées dans les nasses de Dame justice

Placés sous mandat de dépôt avant-hier par le juge du deuxième cabinet du tribunal de grande instance de Dakar, Simon Kouka et Landing Mbessane Seck alias Kilifeu viennent allonger la longue liste des personnalités politiques et de la société civile à avoir maille à partir avec la justice. Même si les tentatives de liquidation politique du leader de Pastef Ousmane Sonko dans ce qui est convenu d’appeler l’affaire Adji Sarr ont pour le moment échoué, Khalifa Sall lui a été pris dans les filets de la justice…ou plutôt, du régime de Macky Sall, une véritable machine à liquider des opposants gênants. Ce qui lui a valu tous les déboires judiciaires qu’il a connus jusqu’ici dans l’affaire dite de la caisse d’avance de la ville de Dakar et qui a débouché sur son inéligibilité et sa destitution de tous ses mandats électifs (maire, député). Ce qui l’a mis aujourd’hui dans cette posture peu enviable qui l’oblige à se poser en fédérateur de l’opposition, mais à jouer les seconds rôles quand il s’agit d’être candidat. Sa vie politique en a pris un sacré coup, car ayant perdu beaucoup de son aura et de sa représentativité. Itou pour le fils de l’ancien président de la République, Karim Meïssa Wade. Poursuivi par la redoutable Cour de l’enrichissement illicite (CREI) lâchée aux basques des dignitaires de l’ancien régime libéral dans la traque dite des biens mal acquis initiée par le Président Macky Sall, dès son accession au pouvoir en 2012, Karim Wade a été jugé et condamné à six ans de prison pour enrichissement illicite. Après trois ans de prison, le fils de l’ancien président de la République et leader de la Génération du concret a été libéré le 24 juin 2014 et aussitôt exilé à Doha au Qatar dont le procureur est venu lui-même le prendre. Depuis, le candidat désigné du Parti démocratique sénégalais mais qui a fait faux bond lors de la présidentielle de 2019, mène son combat politique depuis le Qatar et le plus souvent par procuration. 

Sur les traces de Khalifa Sall et Karim Wade, Kilifeu et Simon, tels des taureaux sur le dernier virage de l’abattoir, poussent un dernier beuglement en crient au complot et à la liquidation d’adversaires qui ne font que défendre les intérêts des populations. Mais, force est de reconnaitre que cette affaire a déjà écorné leur image de sentinelle et de Nouveau type de Sénégalais qu’ils ont toujours véhiculé. 

L’info