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REFORME DU SECTEUR DE L’HYDRAULIQUE : Plaintes et complaintes du monde rural

Les acteurs de l’eau dans le monde rural ont mis à nu hier, les défaillances de la réforme du secteur par le gouvernement de Macky Sall. C’était au cours d’un atelier organisé par le Forum civil.

La problématique de l’eau dans le monde rural était au cœur des débats hier à la Maison de la Presse Babacar Touré, à l’occasion d’un atelier organisé par le Forum Civil. Les acteurs de l’eau dans le monde rural ont saisi l’occasion d’étaler les conséquences néfastes de la réforme de 2014 du sous-secteur de l’hydraulique rurale au Sénégal, qui a connu un tournant important avec la création de l’Office des forages ruraux (OFR), et l’attribution de la gestion de l’hydraulique rurale à des opérateurs privés dans le cadre de la délégation de service public. Pour Mamadou Diouf, coordonnateur de l’Union des acteurs du secteur de l’hydraulique dans la région de Diourbel, l’Etat doit ranger cette réforme qu’il juge impopulaire. En outre, il invite les autorités à accompagner l’ASUFOR qui fait des réalisations depuis son avènement. ‘’Cette réforme, comme elle est impopulaire, l’Etat doit la ranger et accompagner l’ASUFOR qui réalise des choses extraordinaires’’, a-t-il plaidé. 

Poussant le bouchon plus loin, son collègue Bintou Cissé soutient sans ambages que c’est Aquatech et Flex-eau qui sont les seuls responsables des problèmes d’eau dans le monde rural. ‘’Depuis l’arrivée de ces sociétés, non seulement l’eau n’est pas disponible, mais les factures d’eau sont très chères’’, fulmine-t-elle. Soulignant que cette réforme est une ‘’honte’’ pour les populations. 

Prenant la parole, le Secrétaire national des travailleurs de l’hydraulique (SNTH), Yély Coulibaly, soutient lui, que l’Etat du Sénégal n’a pas honoré ses engagements envers les travailleurs du secteur. C’est pourquoi il demande l’application du décret 2014-535 du 24 avril 2014 fixant les règles d’organisations et de fonctionnement de l’OFOR. En appui, le coordonnateur du Forum civil, Brahim Seck invite le gouvernement à revoir la gestion du monde rural. ‘’De 2015 à 2016 avec la Banque mondiale, on a bien jeté des milliards dans le secteur de l’hydraulique rurale. Je me demande aujourd’hui si ce projet a fait l’objet d’une évaluation sérieuse. La question de l’eau, est une question centrale qui mérite une gestion réfléchie et sérieuse’’, estime Birahim Seck. Pour lui, les milliards que les autorités investissent pour des forages pourraient servir à construire des forages artisanaux plus productifs et à moindre coûts. ‘’Avec trois ou quatre cent mille, on peut faire un forage artisanal partout dans le monde rural’’, suggère Birahim Seck.