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CALVAIRE DES INNONDATIONS : La banlieue se rebelle, le gouvernement sort de son silence

Ça a chauffé hier dans différents points de la banlieue où les populations, notamment les jeunes, ont manifesté contre les inondations qui leurs font vivre le calvaire depuis plusieurs jours. Des mouvements d’humeur qui ont sorti le gouvernement de sa réserve. 

La banlieue dakaroise est sous les eaux. Pikine, Keur Massar, Diamagueune, Saicap Mbao… le décor est le même : des maisons sous les eaux et des sinistrés qui ont perdu presque tout dans les eaux et qui ne savent pas où donner de la tête. Suffisant pour que les nerfs se chauffent. D’où les mouvements d’humeur un peu partout. À Keur Massar, les jeunes sont sortis en masse pour manifester leur colère. La veille, ce sont les mères de famille qui avaient envahi la rue pour protester contre le calvaire que vivent leur familles. Idem à Boune et surtout à Diamaguène où les manifestants ont barré l’autoroute pendant quasiment toute la matinée d’hier. Il a fallu l’intervention des forces de l’ordre pour que le calme revienne. 

Renforcer le dispositif de pompage et apporter soutien et solidarité aux sinistrés

Ces mouvements d’humeur ont sorti les autorités de leur silence. En effet, dans la journée d’hier, le chef de l’Etat a convoqué en urgence une réunion de crise au Palais. Cela, pour évaluer le dispositif de prévention et de gestion des inondations et voir comment assister les populations sinistrées. ‘’Malgré les importants moyens déployés notamment à Keur Massar, des inondations ont été notées à la suite des fortes précipitations enregistrées ces derniers jours. A l’occasion, le gouvernement a réaffirmé sa volonté de renforcer le mécanisme.  Aux victimes des inondations, l’Etat va apporter son soutien et sa solidarité’’, a déclaré le gouvernement à la fin de la rencontre. 

En effet, pas moins de 767 milliards ont été mis sur la table pour le Plan décennal de lutte contre les inondations (Pdli) qui, d’après le ministre des Finances et du Budget, a déjà reçu 511 milliards de francs CFA. Mais sur le terrain, l’impact de cette manne financière ne se sent pas du tout.

«Les gens ont habité dans des zones non aedificandi avec des complicités administratives ou territoriales»

Face à ses ministres et ses représentants locaux, le chef de l’Etat a déploré le fait que cette situation soit due en grande partie, au fait que des gens habitent dans des zones inondables, avec la complicité des autorités locales qui donnent les terrains et les autorisations de construire. ‘’Si les choses ne marchent pas, on a besoin de savoir la situation… les gens ont habité dans des zones non aedificandi avec des complicités administratives ou territoriales (…). Voilà pourquoi j’insiste au niveau des autorités territoriales sur la nécessité pour les services de l’État et les collectivités, de respecter les règles d’aménagement et les documents de planification spatiale et d’occupation du sol, afin de prévenir des cas d’inondations sur le territoire national’’a dit Macky Sall/

L’info