Toutinfo Bréves

VICTIMES DE HARCELEMENTS : Les boulangers en grève ce week-end

Le bras de fer se poursuit entre le ministère du Commerce et la Fédération nationale des boulangers du Sénégal qui a annoncé une cession de la production de pain, samedi et dimanche prochains. 

Va-t-on vers un week-end sans pain ?  Tout prête à le croire. Si l’on se fie à la Fédération nationale des boulangers du Sénégal.  Amadou Gaye, le président de ladite fédération a annoncé hier, la suspension de la production de pains pour le samedi 31 juillet et le dimanche 1er août pour protester contre les « harcèlements » dont sont victimes leurs membres qui ont lancé unilatéralement lundi dernier, un nouveau format de pain de 200 francs, du moins dans la région de Dakar. Une décision qui n’a pas l’assentiment de la tutelle et des consommateurs. ‘’Depuis que nous avons annoncé les modifications sur le pain, nous sommes victimes de menaces et de convocations. Nous comptons ainsi exprimer notre mécontentement’’, fulmine le président de la Fédération nationale des boulangers du Sénégal, Amadou Gaye. Ce dernier   dénonce l’acharnement des services du commerce intérieur qui ont servi une dizaine de convocations à des boulangers qui ont lancé le nouveau format de 200 francs CFA, considéré par les consommateurs et la tutelle comme une « hausse déguisée » du prix du pain. 

La Fédération nationale des boulangers du Sénégal justifie ce nouveau format de 200 FCFA par la conjoncture économique difficile marquée par la hausse généralisée de certains produits entrant dans la composition du pain. ‘’Ce quatrième format de 230 grammes, vendu à 200 francs, est autorisé par un décret du président de la République et un arrêté ministériel de 2019. Tout a augmenté dans ce pays. Seul le prix du pain est resté constant. Or nous subissons des pertes’’, justifiait Joseph Diap, le porte-parole de la Fédération nationale des boulangers du Sénégal. Ajoutant : ‘’Si nous avons pris cette décision, c’est que nous sommes dans des difficultés. Nous subissons des pertes. Avec la baguette de 150 francs, les boulangeries ne sont pas rentables’’. 

‘’Nous sommes des industriels ; nous regardons ce qui nous arrangent. Car nous devons préserver nos investissements et les emplois. On a créé 70 000 emplois dans ce pays. Pourtant, avec les 1000 milliards du fonds covid, on n’a rien reçu, alors que les boulangers sont impactés’’, martelait encore M. Diap, assurant que les consommateurs ont été pris en compte dans l’entrée en vigueur de ce nouveau format.  

L’Association nationale des consommateurs du Sénégal (ASCOSEN) accuse les boulangers de procéder à la hausse du prix du pain. ‘’Cela fait des années que les boulangers en parlent et tournent autour du pot. Ce que les boulangers veulent faire, c’est une hausse déguisée. Le quatrième format est une hausse du prix du pain. C’est la plus grosse erreur du ministère du Commerce d’avoir autorisée ce quatrième format’’, accuse le président de l’ASCOSEN, Momar Ndao, non sans prévenir que les consommateurs ne l’accepteront pas’’. 

Le sac de farine est vendu à 18 000 francs dans la région de Dakar.  Avant la baguette de pain de 200 francs CFA, étaient autorisés les formats de 50, 100, 150 FCFA. 

L’info