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ABDOUL KARIM GUEYE, DIRECTEUR NATIONAL DE HEIFER : «Il y a des jeunes qui veulent rendre l’Agriculture attractive en utilisant les nouvelles technologies».

  • mbay thiamdoum
  • juillet 29, 2021
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Installé au Sénégal depuis 2008, l’Ong Heifer International veut s’appuyer sur les nouvelles technologies pour rendre l’agriculture et le monde rural plus attractifs. Dans cet entretien, son directeur national Abdou Karim Guèye revient avec nous, entre autres, sur les initiatives à court et long terme de l’Ong, devant permettre de moderniser et révolutionner l’agriculture. 

Vous êtes Directeur nationale de Heifer International, pouvez-vous nous en dire plus sur votre organisation ?

Heifer International est une Ong américaine qui a été créé en 1944. La création de cette Ong fait suite à une intervention de volontaires américains lors de la période de reconstruction après la première guerre mondiale. C’était de jeunes volontaires qui étaient impliqués dans la distribution de rations de viandes et de lait pour les familles les plus touchées et qui sont éprouvées par la guerre. Donc, au bout du compte, ces volontaires se sont dits distribuer chaque jour des verres de laits à des familles pourquoi ne pas organiser des convois d’animaux des États-Unis vers l’Europe et permettre aux familles les plus démunies d’avoir des animaux.  Parce qu’en période de guerre, en général, le cheptel est décimé. Souvent les gens ne font pas la relation mais autant il y a des pertes en vie humaine autant il y a des pertes en vie animale.

 Donc vous intervenez dans l’élevage… 

 Oui ! Nous sommes dans le secteur de l’élevage. Au début, c’était ce qu’on appelle les placements initiaux, c’est à dire qu’ils ont ramené des vaches des États-Unis et ils les ont remis aux familles les plus pauvres. Le principe c’était de faire des sortes de crédits en nature, des génisses, parce que Heifer signifie génisse en français. Donc les familles qui acceptent de recevoir des génisses s’engagent à donner le même nombre de génisses à d’autres familles démunies. Ils ont créé comme ça la chaine de solidarité parce que la vache pouvez créer une sorte de crédit en nature qui va contribuer à restaurer la résilience de la famille. La vache, à l’époque, c’était un animal de trait, elle pouvait aussi fournir du lait, de la viande quand elle est multipliée… Donc il y avait beaucoup d’avantage avec cet animal-là.  

Quels sont les principaux axes qui gouvernent l’action de votre Ong sur les quatre continents, et particulièrement au Sénégal ?

La mission de Heifer c’était de lutter contre la faim et la pauvreté dans le monde tout en prenant soin de la terre, c’est à dire des questions de l’environnement. Au Sénégal, nous avons des projets pour développer le cheptel aviaire, c’est à dire la volaille. Quand on donne 10 poules et 3 coqs, les familles récipiendaires s’engagent à donner le même nombre de poules à d’autres familles nécessiteuses. On le fait pour les petits ruminants, c’est à dire les moutons ou les chèvres. 

 Le contexte actuel est marqué par l’apparition de maladie animal telles que la grippe aviaire de la peste des petits ruminants. Quelles sont les précautions que vous pris pour éviter la propagation de ces maladies ? 

Nous offrons un package, c’est à dire qu’on ne place pas l’animal comme ça. Quand on veut développer le cheptel, il faut qu’on s’occupe de l’alimentation, de la santé animale, de l’habitat animale, donc de tout ce qui renvoie au bien-être de l’animal.  Nous tenons compte des questions de santé. D’ailleurs, c’est la raison pour laquelle, nous avons été primés comme lauréat en 2018 lors de la journée de l’élevage qui s’est tenue à Rénarou parce que cette journée-là était dédié à la vaccination.  Et comme l’Ong Heifer a beaucoup contribué à la vaccination du cheptel au Sénégal surtout les petits ruminants nous avons était primé. Dans ce secteur, nous avons une approche chaine de valeur, c’est-à-dire, de la production à la commercialisation. Nous ne nous contentons pas uniquement ldudon d’animaux. Nous sommes aussi dans la production végétale. Dans la production végétale, on commence par les semences, c’est à dire les souches initiales de la semence.  On travaille avec l’Isra pour produire des semences. 

 Donc vous intervenez dans la culture fourragère… 

 Il y a la culture fourragère avec le niébé fourragère. Mais il y a aussi le mil, la maïs l’arachide mais on ne fait pas de riz. 

En juillet dernier, Heifer International Sénégal a organisé un atelier, sur l’implication des jeunes dans l’agriculture, dans un contexte d’innovation technologique, source de transformation positive dans ce secteur important de l’économie des pays africains. Pourquoi cette initiative ? 

Nous avons regroupé une dizaine de jeunes innovateurs. Certains ont des startups, d’autre travaillent dans les systèmes d’irrigation, d’autre s’activement sur la surveillance des plantes et il y a n’a même qui travaillent sur l’intelligence artificiel. Pourquoi on s’est orienté vers l’Agriculture et l’utilisation des nouvelles technologies ? C’est parce qu’on s’est rendu compte que la population dans l’agriculture est vieillissante en Afrique. Parce que les jeunes désertent le milieu agricole et ils sont dans les villes. Avant les jeunes faisaient un exode saisonnier dans les villes maintenant cet exode est pratiquement définitif. Pour intéresser les jeunes, on a fait une étude dans 11 pays d’Afrique dont le Sénégal et le Ghana en Afrique de l’Ouest. L’étude a révélé que le même phénomène, c’est à dire que les jeunes désertent le milieu rural à cause de la pénibilité des taches. Il y a aussi le fait, qu’au niveau du Sahel, nous sommes tributaires de la pluie qui n’est pas toujours au rendez-vous et que l’Agriculture ne nourrit pas son homme. C’est pourquoi, les jeunes sont dans les villes, sont devenu des marchands ambulants etc. L’objet de cet atelier était de montrer qu’il y a des jeunes qui veulent rendre l’Agriculture attractive en utilisant les nouvelles technologies. Par exemple, si vous êtes dans le maraichage, au lieu de chercher des seaux pour l’arrosage, avec un peu de financement, on peut mettre un système de goute à goute et un capteur. Et avec le téléphone, on peut programmer l’arrosage. Avec l’utilisation des drones, on peut surveiller la croissance des plantes identifier les maladies. Avec les nouvelles technologies, il y a tout un ensemble de choses qui ne nécessitent pas trop d’efforts physiques. Après la récolte, il y a des systèmes de stockage ou, avec l’utilisation de l’énergie solaire, on peut protéger les récoltes. Et il y a moins de pertes de récolte. C’est sur des choses comme ça qu’on a discuté.       

Quel bilan faites-vous de votre engagement au Sénégal ?

Ça c’est une nouvelle orientation qu’on est en train de prendre avec l’utilisation de nouvelles technologies. Nous avons commencé maintenant sur l’information climatique. Avec l’information climatique nous allons développer la multiplication des semences. Et les multiplicateurs de semence, on leurs donne la bonne information, c’est dire savoir quand est-ce qu’il faut semer et quand est-ce qu’il faut mettre les engrais.  Si l’agriculteur met l’engrais la veille ou le jour où il y aura une très forte pluie, l’engrais va être perdu. Il faudrait qu’à chaque période, le producteur reçoit des Sms. Nous travaillons avec une société qui produit la bonne information aux producteurs. Ça c’est un premier pas. L’autre pas, c’est que nous avons identifié des innovateurs avec lesquels, on va voir comment on doit mettre en place une plateforme où il y aura des bailleurs comme ceux du système des Nation-Unis et certaines Ong, pour voir comment on peut mettre en synergie nos ressources pour aider les jeunes innovateurs à progresser dans leurs inventions et à intéresser d’autres jeunes à l’agriculture. Cette nouvelle orientation commence durant cette nouvelle saison des pluies. Nous voulons susciter l’intérêt. Nous voulons amener les gens à se regrouper pour que les bailleurs, les techniciens…, puissent encourager les jeunes innovateurs à rendre le monde rural plus attractif pour les jeunes.  

Quelles sont les perspectives d’avenir, surtout dans une situation inquiétante de l’économie mondiale fortement éprouvée par les impacts de la Covif-19

Avec l’utilisation des nouvelles technologies ça va réduire les contacts. Par exemple avec l’utilisation des drones comme le fait le Rwanda, on peut faire en sorte qu’on finance des jeunes innovateurs qui vont exploiter les nouvelles technologies. Si un jeune a un drone, il peut travailler avec beaucoup de producteurs. Si on se met ensemble pour mettre en milieux rural des structures de stockage, par exemple dans les Niayes, on pourra mieux conserver la tomate et les produits maraichers. Parce qu’avec le solaire, on peut avoir des chambres froides et ça permettra de réguler la commercialisation des produits. C’est sur ces genres d’idée que nous voulons travailler susciter les discussions et intéressés la Der, les Dac, le ministère de l’Agriculture à travers le projet Agri jeune etc. Nous voulons amener les gens à réfléchir et à trouver des partenariats.  

L’info