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3ÈME VAGUE DU CORONAVIRUS : Autorités et politiciens, tous coupables !

On en disconvient plus ! La troisième vague du coronavirus frappe le Sénégal, avec la présence du variant Delta et le bond énorme des cas recensés au quotidien et qui sont  passés d’une dizaine à plus d’une centaine en un mois. Et pour cette nouvelle montée de la pandémie, les politiciens, du pouvoir surtout, mais aussi de l’opposition et de leurs alliés de la société civile, ont une responsabilité centrale, eu égard aux nombreux rassemblements et manifestations de masses organisés, un peu partout dans le pays, durant ces dernières semaines. 

On craignait une 3ème vague du coronavirus,  le  doute n’est plus permis, hélas ! Elle est bien là, cette redoutable troisième vague, à la lumière des derniers chiffres ! Pour preuve, pas plus tard qu’hier, ce sont 141 cas positifs qui ont détectés, dont 14 cas graves, deux décès supplémentaires, selon le ministère de la Santé et de l’Action sociale, soit un taux de positivité de 6,70%. La veille, samedi 3 juillet 2021, on a enregistré 200 nouveau cas, dont 15 cas graves, soit un taux de positivité de 9,61 %.  A ce jour, 910 malades du covid-19 sont sous traitement dans les Centres de Traitement des Épidémies (CTE). 

Des chiffres qui traduisent une explosion des cas en un mois. En effet, de 17 cas au 1er juin, on est aujourd’hui à plus de 100 cas par jour. Et le plus inquiétant est l’augmentation des cas communautaires. Ils sont passés, dans  la même période, de 11 à 92 cas.  Les cas graves ont suivis la même courbe haussière. De 5 cas graves le 1er juin dernier, on est était hier à 14 cas graves, c’est à dire, en réanimation. Idem pour les zones où les malades de la covid-19 sont détectés.  En plus de Dakar qui est un cluster, depuis l’apparition de la maladie en mars 2020, des cas, surtout communautaires sont recensés en nombre beaucoup plus important, dans presque toutes les autres régions.  

La grosse responsabilité des politiques dans cette nouvelle vague

Devrait-on cependant être surpris de la recrudescence du Covid 19 ? Certainement pas. Depuis fort longtemps, les populations dans leur grande majorité, ont délaissé les mesures barrière. On fait depuis des mois, comme s’il n’y avait plus de Coronavirus au Sénégal. Et ce relâchement  des populations face aux mesures barrières n’est pas anodin. Les Sénégalais ont été sans doute encouragés par les plus hautes autorités. Ces dernières, comme si elles ne se sentaient plus en danger après s’être appropriées les premières doses de vaccin, se sont mis à organiser fréquemment et partout à travers le pays, des manifestations populaires, sans aucun respect des mesures barrières. 

Les derniers en date sont les tournées économiques du chef de l’État, qui ont drainé un monde fou, avec des gens venant de partout à travers le pays. Des rassemblements gigantesques, où aucune mesure barrière n’est respectée. Et le danger était d’autant réel qu’à l’étape de Matam, un des ténor du parti présidentiel, en l’occurrence, Arona Dia, n’a pas pris part à l’accueil du chef de l’État pour ne pas risquer de chopper le virus, car n’étant pas vacciné à ce moment. En dehors du chef de  l’État Macky Sall et de son camp, les responsables politiques de l’opposition ne sont pas exempts de reproches. L’opposition, en collaboration avec des organisations de la société civile, a organisé plusieurs manifestations de masses, susceptibles de contribuer à la propagations du virus. Dès lors la responsabilités des politiques de tout bord est plus qu’engagée dans cette troisième vague de la Covid-19. C’est d’autant plus vrai qu’elle intervient au mois de juin, où les manifestations et rassemblements politiques ont été particulièrement denses.

Un programme de vaccination qui marque le pas

Le ministère de la santé est également comptable de cette situation. Non seulement,  il a fermé les yeux sur les manifestations de foule, facteurs de propagation de la maladie, mais ses plus hauts responsables, le ministre Abdoulaye Diouf Sarr, en premier, ont pris part à ces rassemblements, lors des déplacement du chef de l’État, sous prétexte de l’inauguration d’infrastructures sanitaires. Pendant ce temps, le programme de vaccination fait long feu. Une stratégie de vaccination qui a démarré sur le mauvais pied, avec l’accaparement des vaccins par les autorités et leurs entourages, et qui s’est poursuivi dans un déficit de communication et de sensibilisation et une insuffisance des doses (plus disponibles à Dakar et Thiès), selon la tutelle. Ce qui fait qu’aujourd’hui, le Sénégal est à environ 1% de taux de vaccination, soit un peu plus de 500 000 personnes. Un chiffre trop bas pour espérer avoir les effets attendus de la vaccination.

Quand les autorité se prévalent de leur propre turpitude

Alors qu’elles sont au cœur de cette troisième vague, les autorités comme surprises et inquiétées, trouvent tout azimutes des boucs émissaires, chez les populations, qui auraient cédé au relâchement, délaissant les gestes barrières et négligeant la vaccination. Le chef de l’État, qui convoquait lui-même les grands rassemblements, critique paradoxalement le non-respect des gestes barrières par les populations. Idem, pour le ministère de la Santé qui invite chaque jour au respect des mesures barrières et dont le patron est tout le temps dans des manifestations politiques pour l’essentiel, et  où aucun geste barrière n’est respecté. Mieux, Macky Sall dénonce les réticences par rapport à la vaccination et surtout le manque de vaccins, alors que l’État n’a pas vraiment fait les efforts nécessaires en ce sens. Au lieu de se payer des vaccins, on attend la charité de l’initiative Covax, qui n’en donnera jamais assez et celle de pays développés, concentrés sur leurs propres populations. «Cette dernière poussée épidémique, qui correspond à ce que l’on appelle la troisième vague, risque d’être difficile pour l’Afrique. Les gens sont un peu fatigués et c’est cela le risque. En plus, l’Afrique ne s’est pas vaccinée. (…). J’ai appris que l’on vaccine des animaux dans un zoo (États-Unis), alors que l’on est à moins de 1% de taux de vaccination dans les pays en développement», a déploré le chef de l’État,   aux rencontres économique d’Aix-en-Provence auxquelles il a pris part hier par visioconférence. Et pourtant, pendant qu’il attend la charité internationale, on a vu l’État débloquer des sommes faramineuses pour d’autres préoccupations, pas plus urgentes et encore moins plus graves de conséquences que le Coronavirus. L’achat de vaccins et surtout de vaccins qui ne suscitent pas la méfiance, de même qu’une bonne stratégie d’incitation des Sénégalais à la vaccination, devraient être une priorité absolue. Mais visiblement, les priorités des autorités sont ailleurs, c’est à dire… dans la politique politicienne.

L’info