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CONSEIL PRESIDENTIEL : Macky Sall gâte la région de Matam

Le Conseil de présidentiel décentralisé de Matam, a eu hier, les allures d’une séance d’exorcisme pour le Président Macky Sall et les différentes couches locales. Ensemble, ils ont répertorié les différents maux que rencontre la localité, pour y trouver des solutions structurelles. Ceci, dans le cadre d’un Programme régional d’investissement de 450 milliards annoncé et validé par Macky Sall.

Ça a été interactif entre le président de la République et ses hôtes du jour. Et les débats se sont tenus sans langue de bois. Malgré les fleurs et autres flagorneries jetées au chef de l’Etat, les différentes couches ayant représenté hier, les populations de Matam au Conseil présidentiel territorialisé, ne se sont pas fait prier pour poser des doléances allant dans le sens d’améliorer leurs conditions de vie. 

Pluie de doléances sur le Maky

La vingtaine d’orateurs qui se sont succédés au pupitre ont tous posé sur la table du président Macky Sall, des problématiques rencontrées au niveau local et subies directement par les populations. Le président du Conseil départemental de Kanel, Abdoulaye Hann a d’abord tenu à remercier le chef de l’Etat pour l’intérêt accordé à la région de Matam, comme le prouve la tenue de ce Conseil présidentiel territorialisé. ‘’Vous venez de satisfaire les plus vieilles et les plus grosses doléances des populations de Matam, c’est la réalisation de la route du Dandé Mayo, la réhabilitation de la Rn7 d’environ 145km, l’érection du pont de Ourossogui, entre autres. Les populations faisaient un détour de 51 km pour une distance de 9km seulement’’, dit-t-il au chef de l’Etat. Mais il ne s’est pas empêché de lui demander l’ouverture d’un bloc opératoire à l’hôpital de Kanel, à défaut d’avoir un hôpital de niveau2 dans le département, le règlement définitif de la problématique de l’eau a Ngawlé, la réalisation d’aménagement de qualité dans le Dandé mayo avec l’appui de la Saed avec des magasins de stockage et de transformation, la reprise du programme de pisciculture entamé par l’Agence nationale de l’aquaculture. ‘’Nous voulons surtout, une université car notre région a été classée première au Bac de l’année dernière, la plus proche se trouve à Saint-Louis à 400km’’, ajoute-t-il. Non sans faire un appel du pied subtilement : ‘’la région de Matam a encore besoin de vous, restez avec nous’’.

Le lapsus de Macky Sall sur les locales prochaines

Pour sa part, le député et non moins président du Conseil départemental de Ranérou, Aliou Dembourou Sow pose la problématique du redécoupage de la localité qui s’étend sur 17.000km2. Mais pour le chef de l’Etat, même si cette doléance est légitime, elle ne peut pas être satisfaite pour le moment. Du moins, pas avant les élections locales de 2022. ‘’Nous ne voulons pas d’ici les élections faire des découpages, même si les demandes sont nombreuses dans ce sens. Ce travail pourra être fait, mais après les élections de janvier 2023 (sic). C’est vrai, ce département est très vaste et dans le programme à venir, il faut corriger la répartition des investissements’’, a déclaré Macky Sall. Avant de se rendre compte de son lapsus. ‘’Locales 2023 j’ai dit, c’est 2022. C’est un lapsus. Il ne faut pas que ça nous fasse un débat national’’, rectifie-t-il automatiquement.

‘’Monsieur le président, Fouta tempani’’

Parlant au nom des opérateurs économiques locaux, Mamadou Loum Diabbé, n’a pas tari d’éloges à l’endroit du chef de l’Etat, pour ses réalisations faites dans la zone. Pour le président de la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Matam, Macky Sall a tenu promesse, pour ce qui est de la construction d’un siège de la Chambre de commerce qui était une vieille doléance et une promesse faite lors du Conseil des ministres décentralisé de Matam. ‘’Cet édifice fait notre fierté et permet à notre institution de jouer pleinement son rôle’’, loue Mamadou Loum Diabbé. Qui a remercié au passage la DER pour ses actions concrètes en direction des femmes et des jeunes, mais aussi du programme d’électrification rurale dans certaines zones de la localité. ‘’Votre visite suscite à nouveau, beaucoup d’espoirs. Le désenclavement du Dandé Mayo étant en phase d’être réglé, à défaut de ponts, nous souhaitons la mise en place de bacs de grande qualité qui pourrait faciliter la circulation des biens et des personnes entre le Sénégal et la Mauritanie pour booster le développement. Pour les phosphates de Matam, aucune retombée pour nos collectivités locales, encore moins pour les opérateurs économiques de la région’’, revendique-t-il.

Abondant dans le même sens, Coumba Cissé loue les appuis financiers reçus dans le cadre du fonds force Covid 19. Seulement, précise la présidente de la Chambre des métiers de Matam, il reste encore beaucoup d’artisans qui n’ont pas pu bénéficier de ces fonds. Dans la foulée, elle réclame la réalisation du village artisanal de Matam, la formation et l’encadrement des artisans de la région. ‘’Monsieur le président, Fouta tempani’’, a-t-elle lancé au chef de l’Etat. Selon la présidente du Comité consultatif régional des femmes de Matam, désormais, les femmes de la région ont accès à des services de santé efficace, avec un plateau médical relevé. ‘’Vous avez considérablement amélioré l’éducation de nos enfants avec le renforcement des structures d’éducation, la construction de lycées, d’écoles élémentaires et de centre de formation. Des investissements exclusivement dédiés aux femmes ont été fait, dont un complexe de rizerie pour les femmes à Agnam, d’une capacité de 30tonnes par jours, trois unités de transformation des produits locaux pour les femmes de Boki Diawé, un centre de groupage d’oignon pour les femmes de Dembankagny. Pour consolider ces investissements, des projets satellites ont été créés autour de chaque projet d’appui aux femmes’’, déclare Aïssatou Babou. Elle relève également que 138 projets pour un total de 159 millions ont été initiés rien que dans la région de Matam.

Si les femmes de la région ont décerné un satisfecit au chef de l’Etat, ce n’est pas pour le cas des jeunes. ‘’Il n’existe pas de centre socio-éducatif et de foyer des jeunes dans toute la région de Matam. Le Conseil régional de la jeunesse de Matam n’a pas de locaux pour tenir ses activités. Aucune infrastructure de jeune n’a été construite dans la région de Matam cette année’’, rouspète le président du Conseil régional de la jeunesse de Matam, Amadou Yaya Ba. Qui ajoute sur le plan de l’employabilité des jeunes : ‘’Nous osons espérer qu’il ne va pas être un éléphant blanc’’, lance-t-il. Non sans dénoncer une absence totale d’un cadre de suivi et d’encadrement des jeunes porteurs de projets et d’une absence de synergie des structures dédiées aux financement des projets de la jeune. Amadou Yaya Ba a aussi déploré l’omission des jeunes de Matam dans le recrutement de la fonction publique. A l’en croire, sur 600 personnes recrutées dans la fonction publique, seuls trois jeunes de Matam ont été cooptés. ‘’Nous ne demandons pas de discrimination pour Matam, mais une équité pour toutes les régions. Nous avons des jeunes médecins et des sages-femmes sorties d’écoles de formation de qualité, mais qui ne sont pas recrutés dans la fonction publique’’, dénonce-t-il. ‘’Je ne peux pas comprendre que vous ayez des médecins et des sages-femmes et qu’ils ne soient pas recrutés, puisqu’il y a un programme de recrutement de sages-femmes et de médecins au niveau du ministère de la Santé’’, réagit aussitôt le chef de l’Etat. Macky Sall précise d’ailleurs que s’il est dans la région, c’est justement pour donner un coup d’accélérateur sur les programmes de réalisation des maisons de la jeunesse et de la citoyenneté. A cet effet, il demande aux maires de faire des délibérations. 

Une indemnité de 50.000 aux chefs de villages et un Programme régional d’investissement de 450 milliards

Macky Sall a par ailleurs, annoncé une indemnité de 50.000 Fcfa pour les chefs de village dès le mois de juillet prochain. Il a fait cette annonce suite aux doléances posées à cet effet par Aboubacry Ndao, représentant des chefs de villages de la région de Matam. Selon ce dernier, le pourcentage de chef de village disposant d’arrêté de nomination est très faible et cela les préoccupent. ‘’A quand la valorisation du statut du chef de village pas seulement de Matam, mais du Sénégal. Les chefs de villages, auxiliaires de l’Etat, pourraient être plus utiles s’ils étaient impliqués davantage dans la délivrance de certains documents administratifs comme le certificat de résidence par exemple. Le chef de village mérite plus de reconnaissance et de considération de la part de l’Etat’’, avait-il auparavant revendiqué. Revendications auxquelles le président de la République a décidé d’apporter des réponses immédiates. ‘’On va apporter une réponse positive, il s’agit de l’indemnité des chefs de village. Il ne s’agit pas de hameau, je parle de villages officiels approuvés par le ministre de l’Intérieur. Nous avons décidé d’octroyer une indemnité mensuelle de 50.000Fcfa aux chefs de village. Ce sera une justice faite, puisqu’au niveau des délégués de quartier c’est déjà réglé. Ça va être fait au mois de juillet’’, déclare-t-il. Avant que le ministre de l’Economie ne monte au créneau pour annoncer l’exécution à 130% les engagements pris par le président de la République lors du Conseil des ministres décentralisé tenu précédemment dans la région de Matam. Mais aussi un Programme régional d’investissement public de 450 milliards allant de 2021 à 2025. 

L’info