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INCERTITUDE AUTOUR DE SON LIEU D’INHUMATION ET DE SA SUCCESSION: La famille de Cheikh Béthio divisée

Ce n’est  pas aujourd’hui qu’on arrêtera de parler du guide des «Thiantacounes». Sa mort fait estomper le bruit autour de son «implication»  dans l’affaire  du  double meurtre de Médinatoul Salam pour installer une polémique autour de son lieu d’inhumation  et  de sa succession.
Décidément, même mort, Cheikh Béthio  Thioune  continuera  de faire  parler  de  lui  et  d’être  au cœur  des  débats.  Alors  que  luimême avait pris les devants pour éviter  toute  brouille  autour  de son  lieu  d’inhumation  en  invoquant la recommandation de Serigne  Saliou  d’être  inhumé  à Médinatoul  Salam  à  sa  mort  ; voilà  que  d’autres  voix  s’élèvent pour  évoquer  le  contraire.  En effet,  selon les «Echos», le khalife général  des  mourides  a  fait  savoir  aux  fils  de  Cheikh  Béthio Thioune  que  la  dernière  demeure  de  leur  papa  devrait  se trouver  dans  les  cimetières  de Bakhiya  dans  la  ville  sainte  de Touba. Une donne qui vient compliquer  les  choses,  s’il  s’avère réel  que  ces  propos  viennent  effectivement  de  Serigne  Mountakha  Mbacké.  Toutefois,  en attendant  l’arrivée  de  la  dépouille  mortelle, les choses semblent  se  préciser  du  côté  de Médinatoul  Salam.  En  effet,  Serigne Saliou Thioune, fils aîné du chef  des  Thiantacounes  a  confié hier  vouloir  respecter  les  dernières  volontés  de  son  papa.  A l’en  croire,  le  guide  religieux  va se  reposer  éternellement  à  Médinatoul  Salam,  là  où  il  est  né. D’autant que, dit-il,  l’ancien  khalife  général des Mourides, feu Serigne  Saliou  Mbacké  lui  avait assuré  que  la  terre  de  Médinatoul  Salam  est  aussi  sainte  que celle  de  Touba.  «Que  les  gens restent  calmes  et  écoutent  la  famille.  On  informera  sur  le  lieu d’inhumation  qui,  à  coup  sûr, sera ici à Médinatoul Salam, mais également  sur  la  date  d’arrivée de la  dépouille»,  précise-t-il. COMPLICATIONS LIÉES à LA SuCCESSION DE ChEIKh BÉThIO Un autre sujet qui fait polémique depuis la disparition du Cheikh ; c’est  celui  de  sa  succession.  En effet,  d’après  quelques  informations,  certains  disciples  jettent leur  dévolu  sur  la  troisième épouse  et  bras  droit  du  Cheikh, Sokhna  Aïda  Diallo  bombardée «Dieuwrigne  Universel»  par  le guide  des  «Thiantacounes» avant sa mort. Ces disciples soutiennent  que  Cheikh  Béthio  leur avait  demandé  de  se  référer  à eux.  Une  manière  de  récuser  le fils  ainé  Serigne  Saliou  Thioune. Mais  ce  dernier,  très  calme  appelle  à  l’unité,  à  la  solidarité  et  à la  communion  pour  honorer  la mémoire du disparu. Serigne Saliou  Thioune  Gueule  Tapée  a ainsi  coupé  court  à  toute  polémique  concernant  la  succession tout  en s’érigeant comme le successeur  naturel  de  son  père  et guide  spirituel. Cependant,  les  héritiers  du  marabout vont devoir faire face à un autre  problème.  Hier  le  professeur  de  droit  pénal  Ndiack  Fall, interrogé  par  la  «Rfm»  est  revenu  sur  l’extinction  de  l’action publique  suite  à  la  mort  de Cheikh  Béthio  Thioune.  Une  situation  qui  n’empêche  en  rien, d’après  le  juriste,  l’obligation  de payer  des  dommages et intérêts aux  victimes  dans  l’affaire  du double  meurtre  de  Médinatoul Salam.  Invoquant  les  dispositions  de  l’article  6  du  Code  de Procédure Pénale, il indique que l’action  publique  pour  l’application  de  la  peine  s’éteint  avec  la mort  du  prévenu.  Ceci  étant,  il estime  qu’il  faut  faire  la  distinction  entre  la  peine  qui  frappe l’individu,  autrement  dit  ses  dix ans  d’emprisonnement  et  les dommages  et  intérêts  alloués aux  victimes  de  l’infraction. «Pour  la  condamnation  évidemment,  on  n’en  parle  plus.  Par contre pour les dommages et intérêts  qui  doivent  être  alloués aux  victimes,  ils  doivent  être payés  solidairement  par  les  autres  auteurs et complices de l’infraction ainsi que les héritiers du défunt.  Je  veux  dire  les  héritiers du  Cheikh.  Il  faudra  procéder  à l’inventaire  de  ses  biens,  on verra  ensuite  ce  qu’il  en  est  de l’actif  et  du  passif  avant  le  partage éventuel de la succession. Et les  dettes  doivent  être  payées parmi  lesquelles  les  dommages et  intérêts  alloués  aux  victimes. La  séquestration  de  ses  biens, c’est  normalement  pour  que  les victimes  soient  dédommagés», explique  le  Pr  Ndiack  Fall. ( Seydina Bilal  DIALLO avec Toutinfo.net )

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