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LIBERATION SOUS CAUTION: Khalifa Sall suspendu à la décision de Samba SALL.

C’est quatre immeubles, des biens immobiliers de proches et de bonnes volontés que le député-maire, poursuivi pour détournement présumé de 1,8 milliard de Fcfa de la Caisse d’avance de la mairie de Dakar, a déposé hier, sur la table du Doyen des juges d’instruction (Dji) Samba Sall pour enfin espérer décrocher une liberté provisoire.

Mieux vaut tard que jamais. Face à ces multiples demandes de liberté provisoires rejetées, le Maire de Dakar Khalifa Ababacar Sall a finalement accepté de cautionner une partie de ses biens, ceux de ses proches et de bonnes volontés, pour sortir de prison. «Après avoir vainement sollicité une liberté provisoire, d’abord sur le fondement des contestations sérieuses qu’il oppose dans le cadre des poursuites menées à son encontre, puis sur le fondement de son immunité parlementaire, initialement contestée, puis formellement reconnue avant d’être levée dans des conditions scandaleuses, et sur l’insistance de sa famille, de ses proches ainsi que de nombreuses personnes de bonne volonté, il a déclenché, ce jour, une procédure aux fins d’obtenir la liberté provisoire contre cautionnement », ont expliqué ses conseils dans un communiqué publié hier. Les biens offerts en cautionnement, renseignent ses avocats, sont constitués, d’une part de quatre biens immobiliers qui figuraient dans sa déclaration de patrimoine et, d’autre part et en majeure partie, des biens immobiliers que des proches et personnes de bonne volonté ont accepté d’engager pour permettre de réunir la valeur suffisante pour la recevabilité de la demande de cautionnement.

Il s’agit, selon ses avocats, d’une offre de cautionnement et non d’une offre de remboursement. Cela signifie que leur client continue de contester le bien fondé des poursuites et réitère à cet égard qu’il a géré des fonds politiques que le Conseil Municipal de la Ville de Dakar a formellement attesté lui avoir votés. En raison de leur nature, l’utilisation de fonds politiques ne fait pas l’objet de justification, et les autorités publiques qui, aujourd’hui encore, gèrent des fonds politiques, ne donnent pas et ne peuvent pas donner de justificatifs relatifs à l’utilisation desdits fonds politiques. «Les supports administratifs de la mise à sa disposition des fonds politiques, qui ont été établis, en toute bonne foi et sans aucune intention délictuelle, non par lui, mais par les comptables publics concernés, étaient connus de tous comme constituant des documents de pure forme, de sorte que l’allégation de faux est hypocrite et pernicieuse. L’évolution de la procédure a fini par édifier définitivement tous les sénégalais, et tous les observateurs de bonne foi, que les poursuites menées à son encontre résultent d’une instrumentalisation de la Justice à des fins strictement politiques consistant à l’écarter de l’élection présidentielle de Mars 2019. Les Sénégalais constateront d’eux-mêmes, les jours et semaines à venir, une accélération inédite de la procédure en raison de cet agenda politique», dit le communiqué. Quoi qu’il en soit, poursuit le communiqué, Khalifa Ababacar Sall n’a jamais pensé se soustraire à la justice et les griefs relevés à son encontre seront nécessairement appréciés par la Justice un jour.

LE CAUTIONNEMENT A UN EFFET D’ENTRAINEMENT ET CONCERNE TOUS LES PREVENUS

 

En invoquant son immunité parlementaire, aujourd’hui levée, et en sollicitant maintenant la liberté provisoire sous caution, leur client est uniquement animé par sa volonté de faire respecter les lois de ce pays, à commencer par l’Exécutif, l’Assemblée Nationale et les Juges. Il désire aussi remplir pleinement le mandat de député du Sénégal que le peuple souverain lui a confié. Sa préoccupation légitime est de pouvoir assurer la défense de son honneur dans de meilleures conditions que celles de la détention.
Le cautionnement qu’il accepte de faire aujourd’hui ne saurait donc être interprété, d’une façon ou d’une autre, directement ou indirectement, comme une reconnaissance de responsabilité, encore moins de culpabilité. Terminant sur une note optimiste, le Maire de Dakar reste confiant que la justice des hommes le rétablira un jour dans son honneur aujourd’hui allègrement bafoué. « Dans tous les cas, la Justice de Dieu, elle, est inéluctable, infaillible et implacable», rappelle-t-il. Il faut signaler que le cautionnement a un effet d’entrainement et concerne tous les prévenus. C’est le principe de la solidarité. Autrement dit, les co-prévenus de Khalifa Sall, Mbaye Touré, poursuivis pour complicité de détournement de deniers publics, escroquerie, blanchiment de capitaux et association de malfaiteurs, peuvent aussi espérer une liberté provisoire, en attendant de comparaître devant la barre. Il s’agit d’Amadou Moctar Diop, coordonateur de l’inspection générale des services municipaux, de Mbaye Touré, Directeur administratif et financier (Daf), de Yatma Diaw, chef de la division financière et comptabilité, de Fatou Traoré assistante du Daf et de Yaya Bodian, chef du bureau budget. Selon la jurisprudence, le cautionnement devrait entrainer la libération de Kahlifa Sall. Toutefois, le dernier mot revient au Doyen des juges Samba Sall qui appréciera « souverainement » après bien sûr avis de l’Agent judicaire de l’Etat.

Hadja Diaw GAYE( L’AS )

 

 

 

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