Toutinfo Bréves

SORTIE AU VITRIOL CONTRE MACKY SALL : Feu sur Adama Faye

Adama Faye, dans une lettre ouverte, a tiré à boulets rouges sur Macky Sall. Une sortie que les responsables et militants de l’Apr ont du mal a digérer. Et certains ont commencé à lui rendre ses coups. Après Lat Diop la veille, des Apéristes de Grand Yoff, Cheikh Bakhoum, Lassa Badiane ont dénoncé ses «mots déplacés», ses «attaques ad hominem et infondées», son incohérence, son «indiscipline» politique…Des coups sont venus même de plus loin, comme du député Aliou Dembourou Sow, réveillé de son long silence par la charge d’Adama Faye sur le chef de l’Etat, patron de l’Apr et de la mouvance présidentielle.

‘’Il y a deux façons de faire de la politique ; sur les cimes ou dans le caniveau. Il serait bien dommage, cher Adama, que tu ne fasses pas le bon choix’’, cogne d’emblée Cheikh Bakhoum. Qui trouve que la lettre ouverte de son camarade au Président Macky Sall, est ‘’plus proche d’une diarrhée verbale inconséquente que d’un argumentaire ciselé’’, car truffée d’incohérences. Se demandant s’il est raisonnable de reprocher à un leader d’attendre de son camp, un minimum de discipline collective, Cheikh Bakhoum d’asséner : ‘’en reprochant au président de la République de vouloir organiser notre effort coordonné en vue des prochaines élections locales tu es, en réalité, comme le prieur qui s’offusquerait de voir l’Imam demander à l’assemblée, de resserrer les rangs derrière lui. Quelle alternative proposes-tu ? Le droit à l’autodétermination politique de chacun, partout et n’importe comment ? Si tel est le cas, quel intérêt d’adhérer à une formation politique quelle qu’elle soit ? Que chacun fasse alors comme il l’entend et ce sera, pour nous, l’assurance d’avancer dans la division et donc d’échouer partout’’, explique-t-il. Non sans ajouter : ‘’Tu rappelles toi-même que le linge sale se lave en famille. Tout le monde jugera de la cohérence de faire ce rappel dans une lettre ouverte…’’. 

‘’Tu parles de morale et d’éthique avant de tremper ta plume dans l’encre nauséabond des attaques ad hominem et infondées’’

Très en colère contre le beau-frère du Président, le responsable apériste à Grand-Yoff, de fustiger ses attaques sous la ceinture. ‘’Tu parles de morale et d’éthique, quelques lignes avant de tremper ta plume dans l’encre nauséabond des attaques ad hominem et infondées sur ta vision du sang royal. L’abject ne se commente pas. Passons’’, martèle Bakhoum. Qui demande à son camarade d’aller jusqu’au bout de sa logique de défiance, c’est-à-dire quitter le chef de l’Etat et son parti. ‘’Tu as le droit de remettre en cause les règles établies au sein de ce parti que tu dis être le tien. Je t’engage simplement à aller au bout de ta logique. Si les canaux internes du parti ne te satisfont plus ; si la vision incarnée par le président de la République n’a plus ton agrément ; si la méthode de gouvernance interne te révulse à ce point, alors soit conséquent et prends tes responsabilités jusqu’au bout’’, dit-il. Et de lui rappeler que Grand-Yoff est loin d’être sa chasse gardée. ‘’Là où je te rejoins absolument, c’est pour dire que dans cette commune de Grand Yoff, qui est aussi la mienne, le choix reviendra, in fine, aux seuls Grands-Yoffois souverains. Tu ne les aimes pas plus que nous et quelle que soit notre place, nous les serviront, dans la discipline et pour le progrès. C’est cela le sens de l’engagement ; faire prévaloir le projet sur les considérations crypto-personnelles’’, lance le patron de l’Agence de l’informatique de l’Etat. Qui ne désespère pas, pour autant, que Adama Faye revienne à de meilleurs sentiments, pour qu’ils se retrouvent autour de l’essentiel.  

Lass Badiane : ‘’Cet individu a prononcé des mots déplacés à l’endroit du chef de notre parti et de la coalition BBY’’

Réagissant lui aussi à la sortie d’Adama Faye, Lass Badiane du mouvement «Dieum Kanan», précise d’emblée, qu’en tant que responsable politique, il n’a aucun problème avec une déclaration de candidature quelconque. Car pour lui, l’ambition est le moteur de la vie. Seulement, il trouve la sortie de son camarade inopportune et en violation de la discipline de parti. ‘’Nous ne sommes pas encore au moment de choisir un candidat ou de confectionner une liste. En tant que militant discipliné et respectueux des règles d’une organisation, je partage la position du président de la République qui est de fédérer les forces vices du parti et de BBY et de Grand-Yoff’’, soutient-il. Poursuivant, le jeune apériste, qui n’attaque pas frontalement Adama Faye comme Cheikh Bakhoum, affirme qu’il faut éviter les déclarations de candidatures qui défient l’autorité du président de la République. Et d’ajouter : ‘’cet individu a prononcé des mots déplacés à l’endroit du chef de notre parti et de la coalition BBY. En tant que beau-frère, il peut lui dire ce qu’il veut, mais sur le plan politique, je ne peux pas accepter qu’on fragilise notre leader Macky Sall’’. Ce qui est d’autant plus inacceptable pour lui, que tenir un tel discours contre le chef de l’Etat, c’est ‘’désacraliser les institutions de la Républiques’’ et cela, ‘’c’est abimer la République’’. En définitive, pour lui, quelles que soient les agitations des uns et des autres, ‘’le moment venu, Grand-Yoff choisira non pas un candidat, mais une liste dans laquelle toutes les forces vives seront représentées, afin de changer le visage hideux de la localité’’. 

Dembourou Sow : ‘’Le parti n’a qu’à prendre ses responsabilités et le convoquer devant la commission de discipline’’

Plus virulent que ses camarades de l’Apr de Grand Yoff, Aliou Dembourou Sow dénonce ce qu’il considère comme de l’indiscipline notoire du beau-frère du président de la République. ‘’Je condamne fermement l’attitude de Adama Faye en tant que militant de l’Alliance pour la République. Un militant discipliné n’aurait pas réagi de la sorte’’, a déclaré le député sur le plateau de Seneweb. Au-delà d’être militant de l’Apr, Aliou Dembourou Sow rappelle que Adama Faye est le beau-frère du président de la République et qu’à ce titre, il devait être le premier dans le parti, à lui vouer le respect. ‘’Il devait vraiment prendre exemple sur son frère Mansour Faye. Ce qu’il dit est dénué de sens et est infondé. Avant Macky Sall, il était dans l’anonymat total et personne ne le connaissait à Grand Yoff, à plus forte raison dans ce pays. Si aujourd’hui on le connait à Grand Yoff, c’est grâce à Macky Sall. Il devrait donc être le premier responsable du parti, à se conformer aux directives du président Macky Sall. S’il ne fait pas, qu’il le respecte au moins’’, rouspète le théoricien du troisième mandat de Macky Sall. A défaut, il invite les instances du parti au pouvoir, à prendre leurs responsabilités. ‘’Je pense que l’Apr doit prendre des mesures idoines, pour le convoquer devant la Commission de discipline et de le sanctionner. Adama Faye n’est vraiment pas un exemple. S’il ne respecte pas le président du parti, il n’aura rien même s’il est candidat. Je le considère comme quelqu’un qui est indiscipliné’’, fulmine-t-il. Soulignant ainsi que si Macky Sall était un dictateur, personne ne l’aurait insulté dans les réseaux sociaux et dans les médias à longueur de journée. ‘’Le président Macky Sall est un homme de dialogue, un homme de consensus et de paix. Un dictateur ne gagne pas avec 58% et appeler au dialogue national le lendemain. C’est un homme poli. Donc ce qu’il dit ne tient pas. C’est des accusations gratuites’’, soutient-il. Le président du Conseil départemental de Ranérou invite dans la même veine, le frère de la Première Dame, à prendre ses responsabilités et de quitter le parti si jamais il ne se voyait dans la ligne de conduite édictée par son beau-frère. ‘’Le parti est régi par des règles, on a nos textes et notre règlement intérieur. Quiconque ne peut pas s’y conformer, a la liberté de démissionner et d’aller chercher ailleurs. S’il ne le fait pas, le parti n’a qu’à prendre ses responsabilités’’, persiste-t-il. Avant de dénoncer en dernier ressort, cette forme d’activisme politique, suite à la consigne du président Macky Sall qui appelle à l’unité en perspective des élections municipales et départementales du 23 janvier 2022. ‘’Il ne peut pas y manquer de contradiction dans une coalition aussi large que Benno bokk yaakaar. Toute cette émulation traduit une certaine vitalité. Beaucoup d’entre ceux qui s’agitent, font dans l’activisme politique, mais le dernier mot revient au président de la République. Les militants disciplinés sont à l’écoute du président de la République. Ils n’attendent que ses consignes’’, lance le député de l’Apr.