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LA CHRONIQUE DE MLD : Crise malienne, le voisin sénégalais en alerte…

Quand le Mali tousse, le Sénégal s’enrhume ! Normal, nous partageons joies et peines avec ce peuple frère aujourd’hui en proie à une crise politico-institutionnelle et sécuritaire aigüe. Mieux, nous partageons la même Histoire. C’est dire que Dakar surveille l’évolution de la situation malienne comme du lait sur le feu. Les conséquences économiques, géopolitiques et géostratégiques d’un basculement de ce pays –frère (à Dieu ne plaise !) seraient quand même désastreuses pour le Sénégal, considéré à juste raison par bon nombre d’économistes comme un pays enclavé. Le Mali, faudrait-il le rappeler est notre porte de sortie naturelle vers les autres pays de l’Hinterland, surtout pour nos principaux produits mais aussi dans le cadre précis de la libre circulation des personnes telle que reconnue par les traités des organisations-régionales et sous-régionales. Mieux, pour le Mali, Dakar est le port naturel et historique, le port privilégié aussi par rapport à d’autres plates-formes portuaires comme Abidjan. Pour Dakar Terminal, concessionnaire du Port autonome de Dakar, le Mali ne représente pas moins de 60% du volume des trafics. Donc c’est même un truisme de ressasser que le Mali, un Etat sans façade maritime, reste un partenaire économique stratégique pour notre pays. Surtout dans l’optique et l’heureuse perspective de la reprise imminente de la ligne ferroviaire Dakar-Tambacounda-Bamako. Donc le Sénégal officiel en est sûrement conscient : pas question de voir le Mali sombrer dans une crise sans fin. C’est une question de survie ! C’est d’ailleurs le lieu de se féliciter du fait que jusque-là, il n’a pas encore été question d’une quelconque fermeture des frontières terrestres du pays des Dogons ; ce serait alors la catastrophe pour l’économie sénégalaise et même pour le tissu social national. Il n’empêche, on assiste de plus en plus et de manière inexorable à une détérioration de l’environnement sécuritaire. Et c’est là que se trouve le nœud du problème car les frontières des pays africains sont réputées poreuses. Celle qui nous sépare du Mali voisin n’échappe pas à la règle. La menace Djihadiste déjà très prégnante au Mali est par ricochet réelle chez nous. Sans oublier les trafics en tous genres (drogues et autres substances prohibées) et le grand banditisme spécialisé notamment dans les braquages. Le dernier en date étant d’ailleurs celui des deux cars remplis de commerçants Maliens qui ralliaient le Sénégal pour assister à la Foire des produits agricoles(FIARA).Plus de peur que de mal car il n y a pas eu de pertes en vies humaines. Le Mali nous parle donc et le rôle avant-gardiste du Sénégal pour la stabilité de ce pays ne saurait être occulté. Même si la diplomatie ne se fait pas sur la place publique car il y a toujours des actions visibles et d’autres, les plus nombreuses d’ailleurs, qui se font en coulisses. On comprend alors la communication faite à doses homéopathiques par les plus hautes autorités sénégalaises sur le conflit malien. Cette crise n’est pas simple et c’est l’occasion de regretter l’absence du Sénégal dans le G5 Sahel qui regroupe jusque-là le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Burkina et le Tchad. Cela aurait pu nous faciliter la tâche notamment dans le partage d’informations stratégiques et de renseignements. Mais le Sénégal compense sûrement par la qualité de son armée et la vision prospective qui le caractérise sur des questions aussi sensibles. La situation malienne est assez complexe, elle met aux prises les potentats de l’armée contre une classe politique défaillante et sclérosée  sur fond de rivalités entre la Russie et la France. Dans ce combat de gladiateurs arbitré par de teigneux Djihadistes qui ont fini de faire du nord du pays leur chasse gardée, ce sont les populations qui n’ont que leurs yeux pour pleurer. Comme d’habitude ! Dieu sauve le Mali qui a aujourd’hui grandement besoin d’un leadership désintéressé et visionnaire!