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HYDRAULIQUE RURALE : Une réforme qui charrie soif, colère et révolte…

Comme une camisole de force la réforme de l’hydraulique rurale a été imposée aux forceps aux populations du monde rural qui géraient elles-mêmes leurs forages à travers les fameux ASUFOR.  Plus de trois ans après l’entrée en vigueur des contrats de Délégation de service publique (DSP) accordant une convention d’affermage, basée sur un découpage zonal en tenant compte de critères techniques, économiques, géographiques et culturels à des entreprises privées, le moins que l’on puisse dire est que la mayonnaise a du mal à prendre. Les contestations, des ruraux ne s’estompent pas. Loin de là.

Kirène, Bandia, Touba Toul, Mboro, Ngogom, Taiba Ndiaye…. Les populations de ces localités comme si elles s’étaient passées le mot sont sorties exprimer leur colère avec un seul mot d’ordre à la bouche : «Aquatech dégage» ! Et la liste n’est pas exhaustive. En effet, les localités des régions de Thiès et de Diourbel ont le malheur d’être dans la zone d’affermage accordée à Aquatech Sénégal. Très vite, dès son installation, au mois d’avril 2018, les premières contestations nées des pénuries d’eau récurrentes, des frais de branchements et des factures salées feront jour. Et dans un effet de contamination, plusieurs localités ont organisé des manifestations pour exiger le départ d’Aquatech. Comme une camisole de force la réforme de l’hydraulique rurale a été imposée aux forceps aux populations du monde rural qui géraient elles-mêmes leurs forages à travers les fameux ASUFOR.  Plus de trois ans après l’entrée en vigueur des premiers contrats de Délégation de service publique (DSP) accordant une convention d’affermage, basée sur un découpage zonal en tenant compte de critères techniques, économiques, géographiques et culturels à des entreprises privées, le moins que l’on puisse dire est que la mayonnaise a du mal à prendre. Les contestations, des ruraux ne s’estompent pas. Loin de là. Le 28 mars dernier les populations de Taiba Ndiaye, commune rurale du département de Tivaouane ont battu le macadam, arborant des brassards rouges de la colère pour dire à haute voix : «Aquatech dégage» ! Embouchant la même trompette, les habitants de Kirène et de Bandia dans le département de Mbour ont marteler le même mot d’ordre : «Aquatech dégage».

Aquatech au banc des accusés

A écouter ces populations, elles reprochent à Aquatech, plusieurs manquements. Il y a, entre autres, les pénuries fréquentes d’eau, du fait de pannes de forage pour défaut de maintenance. Comme toujours, cela pousse les femmes et les jeunes filles à renouer avec la corvée d’eau dans un contexte de propagation du coronavirus. A l’origine de la colère des populations contre Aquatech, il y a aussi la hausse vertigineuse des factures et des frais de branchements.  D’après les populations que l’on a vu manifester, dans certaines localités les factures ont triplé passant de 3000 à 40 000 francs. Au même moment les frais de branchement ont pris l’ascenseur, passant de 35 000 à plus de 100 000 francs CFA. 

A cela s’ajoute le déficit d’investissements du nouveau fermier des régions de Diourbel et de Thiès. Aquatech est accusée également de ne pas créer des emplois dans les localités où la société est basée. C’est pour toutes ces raisons, que les populations des régions précitées, interpellent le chef de l’État pour retirer au fermier sa licence d’affermage et de revenir à la situation antérieure, à défaut de confier les contrats d’affermage à des entreprises locales. 

L’info