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ENQUETE/TEMOIGNAGE INEDIT :Une malade raconte son « combat» pas du tout rose contre le cancer

SANTE : La lutte contre le cancer mobilise les autorités, agents de santé, les patients et leurs accompagnateurs.

Toutinfo.net, votre site préféré est parti à la rencontre de A.F.L, de ses initiales. C’est une femme qui se bat au quotidien pour guérir du cancer.

C’est l’histoire pas du tout rose d’une surveillante dans un établissement scolaire.  

Le cancer du col de l’utérus est le deuxième cas de cancer le plus fréquent  au monde. On estime  à 80%  le nombre de cas diagnostiqués dans les pays en voie de développement.

Au Sénégal, les chiffres sur le cancer du col de l’utérus et celui du sein, communément appelés « cancers gynécologiques » sont inquiétants.

Selon la Ligue sénégalaise de Lutte contre le Cancer cette maladie fait des ravages.

Chaque année près 8.000 nouveaux cas sont enregistrés. Selon le Professeur Mamadou Diop, directeur de l’Institut du Cancer, « le cancer du sein occupe la première place avec plus de 1.000 cas par an et un taux de mortalité estimé à 70% ».

 Il est suivi du cancer du col de l’utérus.  Parmi ces victimes figure, A.F. L.,  une surveillante dans une école de la place.

Cette dame rencontrée à la Ligue sénégalaise de Lutte contre le Cancer (LISCA), a été au courant de sa maladie entre fin 2017, début 2018.

Agée de 51 ans, cette veuve habite les Parcelles assainies, depuis plus de 22 ans avec ses trois enfants (deux filles et un garçon).

Née d’une union mixte, d’un père musulman et d’une mère catholique, A.F.L a préféré suivre depuis le bas âge la religion de sa mère.

LA SURPRISE !

A.F.L est une femme à qui la vie n’a pas fait de cadeaux. De taille moyenne avec une silhouette un peu déformée par la maladie, elle a perdu son époux, il y a de cela vingt un ans.

Depuis lors elle vit seule. Rencontrée au siège de la LISCA, cette dame a bien accepté de se confier à nous.

Quant les premiers signes de la maladie ont démarré,  elle partait souvent à l’hôpital Le Dantec pour des soins.

Elle était loin de se douter de ce qu’elle souffrait au juste.

« Au début, avant que je ne sache ce dont je souffrais, j’avais terriblement mal, mais depuis que j’ai commencé les traitements Dieu merci ! Je sens une amélioration », raconte-t-elle.

 «Je n’aurai jamais cru de ma vie que j’allais avoir cette maladie. Je partais souvent à l’hôpital Le Dantec pour me traiter d’autres symptômes, mais je n’ai jamais imaginé de ma vie souffrir du cancer», poursuit-elle.

 D’ailleurs, elle disait prier intérieurement pour les malades du cancer. Voilà qu’un jour, c’est  elle qui se fait diagnostiquer un cancer du col de l’utérus.

« Je n’avais pas  peur, j’avais confiance à mon médecin traitant, le professeur Mamadou Diop qui est à l’hôpital Le Dantec. Son accueil et son discours fort pour m’annoncer ma maladie m’ont beaucoup marquée. Je n’avais pas peur. Quand je lui ai amené les résultats de ma biopsie  et qu’il a regardés, il m’a dit que j’avais le cancer du col de l’utérus. Mais, il m’a rassuré en me disant que la maladie est à ses débuts. Heureusement qu’il n’a pas gagné toutes les parties concernées. Donc elle pourra être soignée jusqu’à guérison. Si c’était un cancer du sein la tâche allait être beaucoup plus difficile », dit-elle.

« A l’annonce de la maladie, j’ai surtout eu une pensée pour mes enfants. A la notification de cette nouvelle, toutes mes pensées se sont retournées ver mes enfants. Je cogitais sur leur sort. Quelle sera leur vie après la connaissance de ma maladie ? Comment mes parents vont-ils accueillir cette nouvelle ? », confie-t-elle.

Heureusement, ses enfants sont devenus une source motivation. Ils ne cessent de l’épauler et de lui remonter toujours le moral.

«Ils ne veulent pas laisser leur mère seule une seconde. Quand je suis silencieuse, ils viennent tous à mes côtés pour me demander ce qui se passe et me remontent le moral », raconte A.F. L.

 D’après elle, son unique garçon ne cesse de lui prouver tout son amour maternel.

« Quand j’ai commencé la chimiothérapie, c’était un peu douloureux, mon fils, le plus jeune qui a 22 ans était tout le temps avec moi. D’ailleurs même s’est lui qui me lavait et faisait tout pour moi. Il ne voulait pas que ses sœurs prennent le relai ou me touche », avoue-t-elle.

Cette remarquable attention de la part de ses siens a fait que son quotidien n’a pas basculé dans la démoralisation.

Elle continue normalement ses activités. Au fait,  rien n’a changé dans son quotidien. Cependant, avec sa maladie, elle a perdu  beaucoup de ses biens, en les bradant à vil prix pour se soigner.

 Pour autant, elle n’a pas cessé de se battre bec et ongle pour vaincre sa maladie.

C’était très difficile pour elle d’assurer le traitement de sa maladie avec ses revenus moyens.

«Au début, je peinais à faire des scanners à 80.000 francs ou des radioscopies à 150.000 francs. Il m’était très difficile de trouver parfois cette somme, parce que je suis veuve et j’élève seule, mes enfants », révèle-t-elle.

 À ces dépenses, s’ajoutent d’autres comme le paiement de la location et autres…

(Maïmouna SANE avec Toutinfo.net)

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