PROFIL-DIEYNABA NDEMANE, CHANTEUSE: Une diva en devenir, entre deux cultures

Née d’une mère congolaise et d’un père sénégalais diamantaire, Dieyna de son nom d’artiste a longtemps vécu au Congo Brazzaville, la patrie, de sa mère. En cela, Dieynaba Ndemane est l’exemple typique d’une Afrique unie.

 

Revenue au Sénégal durant son adolescence cette couturière de profession se lance dans la musique. Passée dans de nombreux groupes, elle a sorti  cet été,  son premier single qui cartonne « Sama life». Elle incarne le brassage culturel entre le Sénégal et le Congo Brazzaville.

Comme ne le laisse pas deviner son nom, pourtant Dieynaba Ndemane a un passeport sénégalais. Pour le rencontrer, rendez-vous est donné au studio du célèbre arrangeur et producteur Laye Diagne. Sa protégée, Dieyna fait partie de cette nouvelle vague d’artistes jeunes et talentueux. 

De teint très clair, cette jeune, couturière de profession a décidé de se lancer pleinement dans la musique et d’y faire carrière parallèlement à la mode.

Née au Congo Brazzaville d’une mère congolaise et d’un père sénégalais diamantaire, elle a vécu au Congo jusqu’à l’âge de 13 ans. 

De  ce pays de l’Afrique centrale qui  l’a vu grandir, elle chopé passionnément le virus de la musique, notamment des belles mélodies congolaises.

«Mon grand-père maternel fut un grand artiste congolais. Je suis née et j’ai grandi dans cette atmosphère musicale. C’est génétique en moi», dit-elle dans un large sourire.

 D’ailleurs l’héritage musical se perpétue toujours.   Certains de ses cousins et cousines au Congo continuent toujours de faire de la musique.

 « Ils ont entamé des carrières professionnelles et réussissent bien avec la musique », informe-t-elle.

Dieyna a entonné ses premières chansonnettes avec une bande d’amies, au Congo.

 Très vite, un groupe de musiciennes est porté sur les fonts baptismaux. L’expérience tourne court, à cause de la guerre civile qui éclate au Congo. Dieyna et sa famille rentrent au Sénégal.

De retour au Sénégal, elle intègre un groupe de rappeurs du nom de «MRM», mais cela sera une expérience de courte durée puisqu’elle ne se sentait pas bien dans un groupe d’hommes, dit-elle.

C’est par la suite qu’elle a créé son propre groupe musical composé uniquement de filles. Il s’agit d’une tchadienne et d‘une autre sénégalaise. De l’avis de Dieyna, c’était une alliance ethnique qui venait de voir le jour.

MARIAGE

Entre-temps, elles se marient toutes et décident d’arrêter leur carrière  musicale pour se consacrer à la réussite de leurs mariages.

Pour elle, le mariage est sacré et il ne faut point le négliger. Mais il fallait également trouver une activité professionnelle. C’est ainsi qu’elle commence à faire de la couture.

 « À un moment donné, il  fallait que je démarre une activité pour gagner ma vie. C’est ainsi que j’ai entamé mon propre business dans la couture», confie-t-elle.

Sans abandonner sa passion de la  musique, elle trouve la formule magique pour la concilier avec son métier de couturière et son ménage.

Son époux est son premier fan et son  soutien, en même temps. Il a accepté le choix de sa femme et l’épaule dans sa vie d’artiste. «Il m’a trouvé dans ce milieu », dit-elle.

Malgré les nombreux obstacles, elle est parvenue à gérer bien son ménage et sa musique.

 Depuis la reprise de sa carrière Dieyna a commencé à faire de petits spectacles par ça et là pour marquer sa présence sur la scène musicale sénégalaise.

« SAMA LIFE »

C’est ainsi qu’elle a signé au label « LSD Record » de Laye Diagne, arrangeur musical de la diva Coumba Gawlo Seck pour la production de son prochain album. Celui-ci sera intitulé : «Sama Life». 

« Le projet est presque fini. On a déjà enregistré. Il ne reste que de petites choses pour officialiser la sortie de l’album. Le single c’est juste pour alerter  le milieu du showbiz qu’on est dans la place », assure-t-elle.

«Sama life», le nouvel single de la sénégalo congolaise  est très apprécié par les mélomanes. Dans cet opus, elle s’adresse d’abord à elle-même d’abord et avant tout… les femmes mariées par la suite.

Malgré ses diverses occupations, Dieyna ne  néglige pas l’harmonie conjugale au détriment de sa  carrière musicale.

« C’est un fait que l’on vit ici au quotidien, mais aussi c’est un hymne à l’endroit des femmes mariées qui travaillent et qui ont du mal à concilier la vie de famille et celle professionnelle», explique-t-elle.

Pour la Sénégalo congolaise, c’est très difficile pour les femmes au regard  les réalités locales de réussir totalement sur les deux fronts.

D’après elle, beaucoup de femmes ont du mal à trouver la bonne formule pour réussir leur  vie de couple et leurs activités professionnelles.

L’aide d’un mari compréhensif a  été une grande chance pour elle. Par conséquent, elle lance un vibrant appel aux femmes à respecter  leurs devoirs conjugaux, mais  aussi à ne jamais négliger leurs activités professionnelles.

A travers cette chanson elle a voulu, à sa manière remercier son mari qui lui accorde une grande confiance.

UN ALBUM SOLO

Pour son premier album elle a choisi de ne pas faire de collaboration artistique. Cela dans le but de  pouvoir exprimer tout son talent.

De tous les thèmes abordés dans cet album l’amour sera le thème phare.

«L’amour est toujours un thème d’actualité du fait que tout homme éprouve un sentiment envers son amoureux, sa famille, ou ses amis », explique-t-elle.

Mais, elle promet d’autres surprises dans cet album.  Sa musique  se veut universelle à l’instar de ses origines congolaises et sénégalaises.

Elle souhaite faire dans la diversité musicale pour toucher à toutes les sensibilités. Comme j’ai été dans le milieu bien avant mon mariage, je connais les secrets du métier.

Elle espère avec cet album de qualité un succès international accompagné   à la clef de  beaucoup de distinctions.

 Consciente des obstacles qui se dressent sur le chemin des femmes qui font la musique,  Dieyna  encourage  les filles à se lancer.

Pour elle, c’est aux femmes de montrer le bon exemple et de se focaliser sur leur principal objectif.

« En tant que femme, c’est vrai que  ce n’est pas facile de s’exprimer pleinement dans ce milieu musical du fait de nombreux préjugés.

Mais,  il appartient à toutes les femmes artistes de se faire  respecter et de se focaliser sur ses objectifs»,  soutient-t-elle.

Tout en estimant que la  musique sénégalaise est sur la bonne voie, elle invite la jeune génération à innover et à proposer des textes sensés aux populations parce que l’artiste doit être un exemple car leurs chansons sont reprises le plus souvent par les enfants.

D’où l’importance du volet sensibilisation dans les chansons, de l’avis de Dieyna.

( Maïmouna SANE avec Toutinfo.net)