CHRONIQUE DE ABDOULAYE CISSE : Le Sénégal, enfance en danger !

SOCIETE: Le Sénégal a encore traversé la journée mondiale de l’enfance, en fête et tout en folklore, le 20 novembre dernier. Et pourtant le Slogan aurait pu être : Sénégal, enfance en danger! 

Et pour cause, il ne se passe plus un seul jour sans que l’horreur  s’abatte sur les enfants. Qu’ils soient enfants talibés ou simples enfants de la rue, le sort des enfants doit mobiliser comme une cause  nationale. 

On ne peut même plus accorder du crédit aux chiffres avancés par les services de l’État quand ils disent avoir retiré au moins 3000 enfants de la rue.

C’est plus facile à croire qu’ils les ont fait disparaitre, qui sait s’ils ne les ont pas mangés !!!

Ils les ont juste ôté de notre vue comme par magie. On ne peut pas croire que ces enfants sont aujourd’hui quelques part et en sécurité.

Il ne se passe plus un seul jour sans que l’horreur s’abatte sur les enfants au Sénégal : Qu’ils soient de la rue ou pas d’ailleurs.

Sérieusement, on prend trop à la légère l’énoncé de slogan qui sonne finalement creux et fait autant de bruit que des tonneaux vides et pour rien.

C’est comme la perspective du Sénégal zéro déchets : Pure chimère bien sûr parce qu’on continue à produire des ordures sans jamais avoir mis en place un système efficient pour les évacuer, et pour le coup ce serait bien, de les faire disparaitre sans dégâts pour l’environnement.

Il paraît, d’ailleurs, qu’à des kms à la ronde de Mbeubbeuss, la célèbre déchetterie, on n’y vit plus. On y respire l’air et les habitants sentent toute sorte de cancer les pénétrer, pour ne pas dire plus.

C’est comme le slogan zéro bidonville alors que la ville n’a même pas délimité ses excroissances où s’entrechoquent le semblant de ville, parce que bâti, et le gros village de toute la communauté de gens qui voyagent pour des raisons économiques pour gagner leur pain du quotidien.

Le nombre d’enfants dans la rue n’a jamais baissé, c’est qu’on n’a jamais pris la mesure de la question.

On peut d’ailleurs comprendre que cela prenne du temps en raison des réticences et du poids des croyances populaires qui laissent encore à penser que la rue est la meilleure école de la vie pour faire de votre enfant, un bonhomme.

Mais alors, comment comprendre les lenteurs dans la définition de la réglementation et de l’adoption des lois et règlements y afférents.

Il faut d’ailleurs savoir de quoi on parle :

Est-ce qu’on parle des enfants talibés ?

Ou on parle de ces enfants, parfois sans attache, jetés dans la rue, exploités par des adultes ou juste parce que la rue est devenue leur famille.

Dans les 2 cas, c’est insupportable de laisser cette enfance sacrifiée.

La convention des Droits de l’enfant a soufflé ses 30 bougies cette année. C’est un âge mûr. Pour ce qui concerne les enfants talibés, on le sait, la solution réside dans la collaboration  avec les maitres coraniques.

 Mais on n’a toujours pas adopté le code portant statut des Daaras qui permettrait d’immatriculer les écoles et de placer chaque maitre coranique face à ses responsabilités.

Ça règlerait une bonne partie du problème, certainement d’ailleurs la partie la plus difficile.

Pour le reste des enfants de la rue, tant qu’on n’aura pas construit des structures d’accueil, on fera semblant de continuer à vouloir les sortir de la rue, mais pour les mettre où ?

C’est ça le problème !

Ce n’est qu’après ça qu’on pourra se dresser contre toute forme d’exploitation des enfants.

C’est un sévices que de mettre des enfants dans la rue. Et notre complicité à tous pèsera longtemps sur notre conscience en détournant le regard sur ce fléau. Et parfois même en jetant la petite pièce comme pour se donner bonne conscience.

On devrait juste écouter un peu plus ceux qui se battent au quotidien pour les enfants sans jamais attendre l’État.

Elles se reconnaitront toutes à travers l’association « Empire des enfants », à travers « SOS » et surtout à travers la structure « Kër Imagination », classée meilleur musée pour enfants au monde 

Cette structure, située à Yoff, a remporté le prestigieux prix décerné par Hands on International et l’Académie européenne des musées.

Manifestement un havre de paix pour enfants. Et si on multipliait les « kër imagination ».

Ce n’est vraiment pas compliqué au final, mais on ne comprend pas pourquoi la volonté politique semble faire défaut pour des choses aussi essentielles.

Abdoulaye CISSE