MAMADOU DIOP DECROIX, DEPUTE AJ : « Débrouillons-nous à maîtriser le français, notre outil de communication »

Toutinfo.net :« Thierno Talla m’a demandé de parler de mon expérience dans le domaine de la promotion des langues locales », prévient d’entrée de jeu le député de AJ/PADS.

« On est handicapé parce qu’on ne parle plus le français, et on ne parle pas, non plus nos langues nationales. Alors que faut-il faire? Quand vous parlez un wolof limpide on vous dit que c’est trop compliqué, il faut traduire. Mais traduire en quoi ?», poursuit-il.

Mamadou Diop Decroix s’exprimait lors de la conférence  du Groupe Toutinfo Médias (TIM) portant sur : « Le français à l’heure du multilinguisme et du numérique ».

C’était, ce 1er novembre 2019 à l’amphithéâtre de l’UCADII.

« Quand certains étudiants parlent français, j’essaie de comprendre ce qu’ils veulent dire », confie dans un sourire l’ancien ministre du Commerce sous Abdoulaye Wade.

« Il y a un grand problème. Peut-être les enseignants vont proposer des solutions », espère le parlementaire.

« J’ai toujours pensé comme Bouba Diop qu’on ne peut pas se développer sans les langues locales. Les pays qui se sont développés, qui sont devenus émergents ont atteint ce niveau avec leurs langues », insiste M. Diop.

«  Je me suis souvenu d’un théorème de Cheikh Anta Diop dans Nations Nègres et Culture qui traduisait : « Les rayons cathodiques sont les trajectoires des charges électriques en mouvement (tenner waatami nioy sawwou segbénett yuy dialaxou) ». C’est du wolof. Il voulait montrer qu’à travers nos langues nationales ont peut véhiculer la science », fait remarquer Mamadou Diop Decroix.

« Certes le français est la langue internationale de communication du Sénégal, mais nous devons le travailler à l’utiliser correctement franchement », croit savoir le leader de AJ/PADS.

« Quand, j’étais ministre du Commerce, à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), il y a un cercle restreint où j’avais été introduit, quand j’ai parlé français le directeur général de l’époque, Pascal Lamy m’a dit : « Mamadou ici c’est l’anglais ». Je lui ai répondu non, je parle français. On ne peut pas être dans une organisation où il est question de négocier et vous voulez que j’utilise une langue que je ne maîtrise pas pour négocier. Je ne le ferai pas. Je lui ai proposé d’amener des traducteurs », certifie-t-il, pour  montrer que le français peine à s’imposer à l’étranger face à l’anglais.

« Puisque le français est notre instrument de communication internationale, débrouillons-nous pour le maîtriser davantage pour notre profit », suggère Mamadou Diop Decroix, en conclusion.

Maïmouna SANE