INCULPATION DE ADAMA GAYE: Echanges vifs dans le bureau du juge

Finalement le doyen des juges d’instruction (Dji) a retenu les infractions d’offense au chef de l’Etat et d’atteinte à la sûreté de l’Etat pour inculper le journaliste et activiste Adama Gaye. Le plus cocasse dans cette affaire, est que le juge Samba Sall part en congé à partir d’aujourd’hui. Mais il faut dire que l’inculpation ne s’est tenue dans une ambiance électrique. D’après des sources de «L’As», l’activiste s’en est pris violemment au ministre de la Justice et à Macky Sall avant de se faire recadrer par le Juge.

Lié par les réquisitions du Procureur, le Doyen des juges s’est appuyé sur les articles 80 et 256 du Code pénal pour écrouer Adama Gaye. Ainsi donc, celui-ci est poursuivi officiellement pour Offense au Chef de L’État et Atteinte à la sûreté de l‘État. Mais avant de le placer sous mandat de dépôt, les échanges ont été houleux entre le doyen des juges d’instruction et le
journaliste. A en croire nos sources, Adama Gaye qui ne se laisse jamais faire a estimé ne pas se reconnaitre dans les délits retenus contre lui. Il dit être convaincu qu’un complot a été ourdi contre sa personne à cause des dernières révélations qu’il a faites sur la manière dont le pétrole et le gaz sénégalais est géré. D’ailleurs, il pense qu’il a été arrêté juste parce qu’il a fait un post faisant état des relations entre Macky Sall et « un escroc d’origine Camerounaise établi à Johannesburg, Njock Eyuck Eyong, dont le parcours professionnel est parsemé de troubles judiciaires et d’escroqueries criminelles». Un homme à qui, poursuit-il, le chef de l’Etat a confié l’organisation d’un cycle d’attribution de licences d’exploration de nos blocs en hydrocarbures restants. Face au Dji, Adama Gaye n’a pas également épargné le ministre de la Justice qu’il accuse d’avoir violé sa présomption d’innocence. Me Malick Sall a en effet fait une sortie pour dire qu’il assume totalement sa part de responsabilité dans cette affaire. Il défendait ne plus pouvoir personnellement voir un individu, par ses écrits ou ses déclarations, passer son temps à insulter celui qui incarne l’Institution la plus sérieuse de la République.
ECHANGES VIFS ENTRE SAMBA SALL ET ADAMA GAYE
Toujours pour se défendre, Adama Gaye a accusé Macky Sall d’avoir manigancé tout cela non sans le vouer aux gémonies. Malgré les mises en garde du doyen des juges qui l’a recadré en lui demandant de se limiter au dossier pour lequel il a été arrêté, le journaliste a continué à s’attaquer au chef de l’Etat. Sans rater dans la foulée le procureur qu’il estime ne pas être logique dans sa démarche. En effet, dit-il, le procureur lui avait reproché dans un premier temps d’avoir diffusé des écrits contraires aux bonnes mœurs avant de se rétracter pour cibler les infractions d’offense au chef de l’Etat et d’atteinte à la sûreté de l’Etat. A l’en croire, cette confusion dans la démarche du procureur est révélatrice de son statut de détenu politique. Après de vifs échanges, le doyen
des juges Samba Sall l’a finalement écroué. Mais le plus cocasse dans cette affaire, c’est que, d’après nos informations, le magistrat va partir aujourd’hui en congé. Ce qui peut justifier d’ailleurs la précipitation notée dans le dossier. En effet, mardi dernier, Adama Gaye a failli être inculpé sans ses avocats après confirmation en début d’après-midi de son retour de parquet. Mes Khoureychi Ba et Cheikh Ahmadou Ndiaye ont été surpris en début de soirée en apprenant que Samba Sall avait convoqué une nouvelle fois leur client pour sans doute le placer sous mandat de dépôt. C’est alors que Me Khoureychi Ba est parti le rejoindre au palais de justice pour différer son placement sous mandat de dépôt. Pour rappel, les éléments de la DIC ont fait une descente au domicile du journaliste à l’immeuble Kébé, le lundi 28 juillet, pour le cueillir pour des posts qu’il aurait écrits sur Facebook contre le chef de l’Etat. Face aux
enquêteurs il n’a pas varié dans son discours et a reconnu être l’auteur de certains posts sur le régime de Macky Sall. Toutefois, il précise qu’il ne parlait pas du chef de l’Etat, mais de Macky Sall, président de l’association privée Apr. Quoi qu’il en soit, le journaliste va passer sa première nuit à Reubeuss. A noter que tous ceux qui ont été poursuivis sous le régime de Macky Sall pour le délit d’offense au chef de l’Etat ont été libérés par la suite avant même d’être jugés.

( S.B DIALLO avec Toutinfo.net )