LEVÉE CU CORPS DU PDG DE NMA SANDERS: Ameth Amar repose à Darou Salam

La levée du corps du Président directeur général (Pdg) qui s’est déroulée hier à la grande mosquée du Point E a réuni de nombreuses personnalités politiques, universitaires, acteurs culturels et hommes de medias. Tous, ils ont tenu à rendre un dernier hommage à Ameth Amar qu’ils présentent comme un capitaine d’industrie, un bienfaiteur et un patriote.

L’ambiance était triste. Mais, c’était aussi un moment d’introspection. Un moment de recueillement. Un moment de pardon et de dépassement des clivages politiques. La levée du corps du Pdg de NMA Sanders avait presque quelque chose de symbolique, en dépit de la mélancolie qui transparaissait. Car l’industriel a réussi à réconcilier la classe politique au moins le temps d’une matinée. En effet hier, on a assisté à des scènes d’accolades entre leaders politiques de l’opposition et dignitaires du pouvoir. En attestent les étreintes entre le ministre Abdou Latif Coulibaly et l’ancien ministre de la Justice Me El Hadji Amadou Sall. A l’unanimité, les hommes politiques, les universitaires, les chefs d’entreprise ont rendu un dernier hommage à Ahmet Amar. La cérémonie qui s’est déroulée à la grande mosquée du Point E a refusé du monde. Un hommage national a été rendu à ce capitaine d’industrie réputé pour sa discrétion. Effondré et le regard hagard, Déthié Fall a eu toutes les peines du monde pour exprimer son sentiment suite à la disparition de celui qui fut son mentor pendant 17ans. «C’est un homme que j’ai connu alors que j’avais 26 ans. Quand, jeune ingénieur polytechnicien, j’arrivais dans sa boite, j’y ai trouvé un directeur technique français. Mais trois mois plus tard, il l’a limogé pour me confier le poste», raconte avec tristesse le responsable rewmiste profondément affecté par la disparition de son patron. Malgré la tempérance qu’on lui connaît, il ajoute : «Il me dit, Déthié : je te confie le poste, tu as le profil, la rigueur et l’expertise et ensemble nous allons pouvoir relever le défi». Donc vous pouvez imaginer son patriotisme pour avoir fait confiance à ma modeste personne et à cet âge». De défi en défi et avec la rigueur qu’on lui connaissait, indique le rewmiste, Ameth Amar est parvenu à mettre en place un grand groupe qui fait aujourd’hui 75 milliards Fcfa de chiffre d’affaires. «Ce signifie qu’il était un travailleur hors pair». En plus de cette qualité, ajoute Déthié Fall, le défunt cultivait aussi la discrétion, car ce sont ces 5 derniers années que les gens ont commencé à le connaître. «Il a voulu vivre dans la discrétion, mais celle qui témoigne d’une certaine efficacité dans les affaires. C’était quelqu’un qui savait là où il voulait aller, savait prendre les bonnes décisions, mais également qui avait le courage de ses ambitions et la force de la conviction», témoigne le rewmiste qui invite tous les Sénégalais à prendre exemple sur lui. L’ancien Premier ministre, Me Souleymane Ndéné Ndiaye se souvient lui aussi d’un homme serviable, pieux, d’un capitaine d’industrie entreprenant. Aussi, appelle-t-il la jeunesse à s’inspirer de son exemple, parce qu’il est parti de rien pour réaliser des choses extraordinaires. «Ravitailleur de bateaux en rade, il a fini par mettre en
place des industries, voila l’homme Ahmet’ Amar », déclare l’ancien Premier ministre. D’entrée Dr Abdourahmane Diouf tient à souligner que le défunt Pdg de NMA Sanders est membre fondateur du Club des Investisseurs dont lui est le directeur. «Il est aussi membre de notre Conseil d’administration. Moi, je suis arrivé il y a, à peine, un mois et je remercie Le Bon Dieu d’avoir eu avec lui de très belles discussions sur les orientations stratégiques et économiques du Sénégal», indique Dr Diouf. Pour lui, les Sénégalais retiennent d’Ameth Amar le bâtisseur, le capitaine d’industrie. «Le fait qu’il ait pu investir son argent en créant des entreprises qui font travailler des milliers de Sénégalais, c’est le meilleur hommage qu’il a pu rendre à son pays. Aujourd’hui, il y a énormément de Sénégalais qui ont des salaires et assurent la dépense quotidienne, ils le doivent à Ahmet Amar», affirme l’ancien responsable rewmiste. Serigne Bassirou Khadim Awa Bala Mbacké (petit-fils du fondateur du mouridisme) qui a dirigé la prière mortuaire devant une foule immense a rappelé le caractère éphémère de la vie. Selon le marabout, Dieu arrache parfois un être alors qu’il était dans beaucoup de projets comme le défunt industriel. Après avoir rappelé Ameth Amer était un bienfaiteur et un homme discret, le Mbacké-Mbacké a invité l’élite à se remettre. D’autant que, dit-il, «si c’était le pouvoir et l’argent qui garantissaient l’éternité d’une personne, Ousmane Tanor Dieng et Ameth Amar n’auraient pas quitté ce bas monde». Signalons que le défunt repose désormais à Darou Salam, localité créée par le fondateur du mouridisme en 1884 et qui a vu naître son fils ainé Serigne Moustapha Mbacké et Serigne Fallou.


( Mamadou Mbakhé NDIAYE avec Toutinfo.net )