MBENDA NDIAYE INTERPELLE MACKY SALL: «Monsieur le président de la République, refusez que vos flagorneurs vous dressent, encore une fois, contre le peuple!»

Monsieur le Président de la République,

L’actualité, dans notre pays, est marquée par la diffusion, par la BBC, d’un document incriminant votre jeune frère Aliou Sall qui se serait enrichi sans cause dans des transactions pétrolières douteuses. Si le pétrole en question appartient au Sénégal, donc aux Sénégalais en vie et aux Sénégalais des prochaines générations, il n’appartient à personne de faire main basse là-dessus. Et il vous revient, en tant que dépositaire du pouvoir que le peuple vous a confié, de protéger ce peuple et de veiller à ce qu’il ne puisse être spolié de son patrimoine. Or, le reportage en question, si les informations qu’il donne sont avérées, montre que des ressources qui nous appartiennent sont en train d’être dilapidées au profit d’Aliou Sall et de véreux hommes d’affaires. À priori, votre tendance à défendre votre frère peut paraître naturel et, du reste, compréhensible. Seulement, permettez-moi, M. le Président de la République, de vous rappeler que, si vous avez remporté l’élection présidentielle de 2012, devant Me Wade, c’est parce que vous étiez, entre autres raisons, porteur d’une offre politique bâtie autour de la lutte contre la corruption, la promotion de l’indépendance de la justice, le refus de protéger toute personne de votre entourage (politique ou familial) soupçonnée de prévarications en lien avec les deniers publics…Cet engagement à gérer autrement les affaires de l’État a fait adhérer plusieurs de nos compatriotes à votre cause. Devenu Président de la République, vous n’avez plus de frère ni d’ami à défendre. Vous exercez une charge faite de responsabilités pour et à l’endroit des Sénégalais. Plusieurs fois, vous avez martelé que vous ne protégerez personne. Plusieurs fois, vous avez été mis en défaut relativement à cette promesse. L’on se plaît d’ailleurs à rappeler que c’est vous-même qui avez dit avoir mis sous votre coude plusieurs rapports de corps de contrôle pour que, certainement, des auteurs de malversations ne soient pas inquiétés par la justice. Pour une fois, nous vous demandons de laisser la justice faire son travail sans écouter certains thuriféraires clamant l’innocence de votre frère dans une affaire qui n’a même pas encore commencé à être instruite. De ces laudateurs et partenaires d’occasion, qui profitent de toute situation pour vous manifester tapageusement leur soutien, je vous conseillerai de vous méfier. Je ris sous cape en voyant vous défendre certains d’entre eux qui, voulant plaire à Karim Wade, organisaient des séances de prières pour la réussite de l’ANOCI ou qui vous vouaient aux gémonies quand vous étiez en difficultés avec Me Wade et le PDS. Que ces gens ne vous détournent pas de votre devoir de faire en sorte que notre lanterne soit éclairée sur la gestion de nos ressources pétrolières et gazières. Vous avec l’occasion unique, comme vous l’avez souvent clamé, de montrer que vous êtes capable d’une gestion vertueuse. Laissez la justice se dérouler dans les règles de l’art et ne protégez personne.

Monsieur le Président de la République, aujourd’hui, le seul dialogue national qui vaille d’être tenu est celui qui se fera sur nos ressources naturelles. Toute rencontre politique qui occultera ce sujet sera une perte de temps et d’argent. Il y va de l’avenir du Sénégal.

Cordialement,