DR IDRISSA BA, ADDICTOLOGUE: «LE CERVEAU EST LE PLUS GRAND PRODUCTEUR D’HEROINE»

Le réseau Young Advocates for Human Rights (Yahr) dirigé par Borso Tall a organisé hier une conférence sur «Jeunesse et drogue». A cette occasion, le
psychiatre et addictologue, Dr Idrissa Ba est revenu de long en large sur le fléau de la drogue qu’il préfère appeler «substances psychoactives». Selon le spécialiste, les gens ignorent que le cerveau est le plus grand producteur d’héroïne.

Les nombreux cas de meurtre et d’agression enregistrés dans le pays sont perçus par une partie de l’opinion comme l’une des conséquences de la banalisation de la consommation de l’alcool «Jakarta» et de la drogue par la jeunesse. C’est pourquoi à l’initiative du réseau Yahr, des experts se sont penchés sur la question pour débusquer les vrais raisons qui poussent les jeunes à se ruer vers ces substances psychoactives. Ainsi pour l’addictologue Dr Idrissa Ba,

Docteur en Psychiatre et Addictologie: Idrissa BA.

la consommation de la drogue est la rencontre de trois choses : une personne, un produit et un environnement. Pointant du doigt les
pouvoirs publics et les populations, le docteur en psychiatre recommande de sensibiliser et d’informer la jeunesse. «Au Sénégal, cela est notre talon d’Achille». La meilleure information, de l’avis du toubib, c’est que l’addictologie est une maladie du
cerveau. «Je vais vous choquer, mais le cerveau est le plus grand producteur de cannabis et d’héroïne», renseigne Dr Ba dont les propos ont fait remuer l’assistance. «Si on ressent de la joie ou de l’angoisse, les substances comme la dopamine ou l’adrénaline que le cerveau secrète sont
des substances psychoactives»,
indique-t-il. Par ailleurs il est nécessaire, selon l’addictologue, de revoir notre perception par rapport aux personnes qui prennent des stupéfiants. «Il y a des consommations auto thérapeutiques, c’est-à-dire qui consomment de la drogue pour se soigner», souligne-t-il tout en ajoutant qu’il existe des gens qui ne ressentent jamais du plaisir dans la société. Totalement en phase avec cette dernière analyse de l’addictologue, le sociologue Abdou Khadr Lo considère les usagers de la drogue comme les victimes. Selon le chercheur à l’université de Thiès, l’un des
déterminants de l’addiction de la jeunesse est la crise de la famille. «Il y a une déliquescence de la famille sénégalaise», peste Dr Sanoko qui pense que beaucoup de gens ne méritent pas d’être parents. L’autre facteur déterminant de l’usage de la drogue, indique-t-il, c’est l’aménagement du territoire qui favorise dans certaines
localités la promiscuité. Raison pour laquelle, il préconise de faire revenir les agents de socialisation comme les medias. «Et Sur ce plan, il faudra faire un grand travail de censure. Quand vous êtes un ancien drogué, vous êtes invités dans les conférences pour partager votre expérience. Au Sénégal, cette catégorie a tendance à être marginalisée par la
société», se désole l’enseignant à
l’université de Bambey.


( Mamadou.M. NDIAYE avec Toutinfo.net )