LIBERATION DE KHALIFA SALL: Macky Sall diffère la question

Khalifa Ababacar Sall a été l’absent le plus présent, hier, lors de la cérémonie de lancement du dialogue national. Nombreux sont les orateurs à avoir réclamé son élargissement. Mais, Macky Sall a préféré différer sa position en la suspendant à l’épuisement des voies de recours.

L’affaire Khalifa Sall s’est invitée au dialogue national. Condamné à cinq ans de prison dans l’affaire de la caisse d’avance de la Ville de Dakar, l’ancien maire de la capitale, en prison depuis le 7 mars 2017, est en train de purger sa peine. Hier, dans son allocution de bienvenue lors du lancement du dialogue national, Soham Wardini a abordé la question pour dire que les concertations ne peuvent se réaliser sans une confiance réciproque entre les acteurs, débarrassée de préjugés, de méfiance et de tensions politiques. «Je souhaite que vous soyez le précurseur dans notre commune volonté de dépassement en faisant libérer Khalifa Ababacar Sall pour lui permettre de retrouver sa mère d’un âge très avancé, son épouse, ses enfants et ses proches», plaide l’édile de la capitale qui s’est empressée de souhaiter que les différents acteurs du dialogue,
par leur dévouement, leur sens
des responsabilités et par leur esprit d’ouverture, soient à la hauteur des enjeux.
Prenant la parole, le chef de l’Etat a indiqué que Khalifa Ababacar Sall est son ami et qu’il prie pour lui. Toutefois, Macky
Sall a voulu être clair en demandant aux uns et aux autres qui lui demandent d’élargir Khalifa Sall de faire attention. «Ne faites pas de confusion; le président de la République a une mission bien définie. Il ne lui appartient pas de décider à la place de la Justice surtout dans une démocratie comme le Sénégal», affirme-t-il. Poursuivant, il souligne qu’il ne peut pas accorder de grâce ou toute autre faveur pour un quelconque prisonnier tant que toutes les procédures judiciaires ne sont
pas épuisées. «Tant que la procédure est en cours, je ne pourrais pas intervenir. Il ne sera possible d’accorder une grâce ou toute autre mesure qu’après l’épuisement des voies de recours», répète Macky Sall. A
partir de ce moment, indique-t- il, la Constitution lui permet de faire acte de bienveillance. «Mais on ne peut pas se permettre d’intervenir alors que les juges et les avocats traitent encore les dossiers. Le Sénégal n’est pas ce pays. N’empêche,
j’ai bien entendu votre doléance. Je voulais juste éclairer ce que la charte du pays prévoit en ce qui concerne les rapports
entre l’Exécutif et le Judiciaire ainsi que leur mode de fonctionnement», a-t-il fait savoir à l’édile de la capitale Soham Wardini.

( S.B.DIALLO avec Toutinfo.net )

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