SURFACTURATION, DISPARITE SALARIALE, EMPLOIS FICTIFS: L’Ucg en scandale continu

Abdou Karim Fofana n’a pas mis du temps pour découvrir les failles dans la gestion de l’ancien coordonnateur de l’UCG, Ibrahima Diagne : 261 travailleurs fictifs recevaient 60 millions de francs CFA par mois. Cette histoire d’emplois fictifs n’est en réalité que la face visible de l’iceberg, puisque des sources dignes de foi égrènent un chapelet de griefs qui ont fini de plomber l’envol de l’Ucg et d’en faire une niche d’irrégularités dont des surfacturations, des dettes inexistantes, ou encore un salaire mirobolant attribué illégalement au coordonnateur.

Avant hier, lors d’une rencontre avec les travailleurs du l’UCG, le nouveau ministre du Logement, de l’Habitat et de l’Hygiène publique a fait des révélations déconcertantes sur la gestion de l’Unité de coordination et de gestion des déchets (Ucg) pilotée depuis sa création par Ibrahima Diagne. Se référant à un audit, Abdou Karim Fofana parle d’un différentiel de 60 millions de francs CFA par mois pour payer des salaires à 261 travailleurs inexistants. En réalité, le ministre n’a fait qu’effleurer le rapport qui se trouve être trop accablant contre l’ancien coordonnateur du projet, Ibrahima Diagne, viré juste après et remplacé par Ousmane Ndao. Il s’agit, d’après une source proche du dossier, de 590 travailleurs irréguliers, dont 261 fictifs. «C’est une vraie nébuleuse. L’audit révèle qu’il y a 261 personnes qui perçoivent sans être connues alors, et d’autres qui se trouvent sur le terrain sans être dans la base de données», a déclaré notre interlocuteur. Le rapport fait état de personnels recrutés illégalement par Ibrahima Diagne qui n’en a pas les prérogatives. «Tous ceux qu’il a recrutés doivent être virés», a insisté notre source qui rappelle que le coordonnateur s’était attribué un salaire mensuel de huit millions en totale violation de la loi. Et dans ce lot de travailleurs recrutés par Ibrahima Diagne, notre interlocuteur fait savoir que certains étaient âgés entre 50 et 60 ans. Plusieurs d’entre eux avaient presque l’âge de la retraite. Notre interlocuteur a aussi évoqué les écarts de salaires qui existent dans cette boîte chargée de la gestion des déchets solides. «Vous trouverez dans la société des bacheliers payés à un million alors que des titulaires de Master ont seulement 300.000 francs», explique-t-il, non sans insister surtout sur l’existence dans le rapport de personnels salariés introuvables sur le terrain, mais aussi et surtout la disparité salariale entre les personnels. «Ceux qui sont sur le terrain ont 100 000F alors que ceux qui ne font rien gagnent beaucoup», a martelé notre interlocuteur scandalisé qu’il n’y ait pas eu une suite judicaire à cette affaire. «Le nouveau ministre fera face à un lobby puissant. Je suis ahuri que le coordonnateur ait porté plainte pour licenciement abusif, alors que l’audit a révélé des cafards qui devraient normalement le conduire en prison», confie un de nos interlocuteurs très au fait du dossier.

SURFACTURATIONS, LOBBIES A DES NIVEAUX INSOUPÇONNÉS

Dans cette affaire de «l’or dur » qui empêche le Gouvernement de dormir du sommeil du juste, nos interlocuteurs indiquent qu’il y a beaucoup de non dits. «C’est une affaires de grands bandits qui se sucrent sur le dos de l’Etat sur la base de surfacturation», explique-t-on du côté du ministère des collectivités locales. Dans cette affaire de surfacturation, on parle de la femme d’un ministre, d’un parlementaire et d’un maire, tous de la mouvance présidentielle. Ce maire allié du pouvoir, dit notre source, a réclamé 400 millions à l’Etat. Or après vérification, on ne lui devait que 100 millions. Preuve que ce sont des lobbys insoupçonnés qui tiennent les ordures. D’ailleurs le rapport de l’Ige, effectué depuis 2016, n’a été reçu au ministère que tout récemment.

( Amadou THIAM avec Toutinfo.net )

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