CRISE AU CENTRE HOSPITALIER REGIONAL DE THIES: Le chef du service Imagerie placé sous contrôle judiciaire, son collaborateur déféré au parquet

La crise à l’hôpital régional de Thiès s’accentue de jour en jour. Accusé d’être à l’origine de la crise avec sa décision de redéploiement jugée arbitraire par une grande partie du personnel, le Dr Ndiassé Ndiaye (chef du Service ORL) a accusé ses détracteurs de malversations. Ainsi, le chef du service Imagerie de l’hôpital, Dr Mohamed Mbodj, est placé sous contrôle judiciaire. Au même moment, son collaborateur Moussa Fall a été déféré au parquet.

Le mouvement d’humeur d’une bonne partie du personnel bloque le fonctionnement de l’hôpital régional El Hadji Amadou Sakhir Ndiéguène de Thiès depuis plusieurs semaines. A l’origine de la crise, un acte de redéploiement pris par le Dr Ndiassé Ndiaye chef du service Orl, Dr Ndiassé Ndiaye, contre le major dudit service. Une mesure dénoncée par le Syndicat Unique des Travailleurs de la Santé et de l’Action Sociale (Sutsas), qui a porté le combat contre la décision jugée arbitraire. Accusé d’être à l’origine de ce blocage, Dr Ndiassé Ndiaye a contre attaqué en accusant ses détracteurs de malversation et de diffamation. A cet effet, il a déposé une plainte auprès du procureur de la République. Et l’enquête effectuée par la brigade de recherches de la Gendarmerie a débouché sur la mise sous contrôle judiciaire de Dr Mohamed Mbodj, chef du service Imagerie de l’hôpital. Ce dernier a plus de chance que son collaborateur Moussa Fall qui a été déféré au parquet, mis sous mandat de dépôt et écroué à la Maison d’Arrêt et de Correction (Mac) de Thiès. Même si Dr Ndiaye a retiré sa plainte, l’action judiciaire se poursuit. Lors du point de presse qu’il a animé hier, Dr Ndiassé Ndiaye s’est présenté avec un exemplaire du Coran pour dénoncer «la mafia qui sévit au niveau du centre hospitalier régional de Thiès». A l’en croire, il y a une magouille organisée dans l’hôpital. «Quiconque n’est pas dans ce jeu est automatiquement grillé. Je ne suis pas dans leur système, je suis dans celui de Dieu. Je m’en fous de la paix sociale, surtout quand elle est bâtie sur la mafia et le complot contre les malades. L’hôpital régional regorge de compétences, mais les médecins sont mis au second plan et certains malades casquent fort pour être opérés avant les autres». En Orl, souligne le Dr Ndiassé Ndiaye, des gens ont payé régulièrement depuis 8 mois pour se faire opérer et ils viennent de Touba et de partout car la réputation est bonne. «Là où l’opération coute à Dakar entre 300.000 et 400.000 Fcfa, elle revient à 125.000 Fcfa au centre hospitalier régional de Thiès. Cette lenteur est due au fait qu’il y existe à Thiès 25 chirurgiens pour 4 salles d’intervention, ce qui veut dire qu’il faut faire la queue. Pour éviter la corruption au niveau de l’Orl, je ne touche pas à la liste des malades à programmer. Celle-ci est placée sous la responsabilité du major», soutient-il. Accusé d’être à l’origine des remous au sein de l’hôpital à cause des mesures d’affection à la pelle contre des agents, il répond : «quand je partais par exemple en France, j’ai laissé le service entre les mains de mon major d’alors. A mon retour, il a été affecté dans un autre service et j’ai refusé en disant que sa remplaçante ne mettra pas les pieds au service Orl. Car en tant que chef de service de l’Orl, j’ai le droit de choisir mes collaborateurs. Je porte 25% du fonctionnement de l’hôpital, mais je peux quitter tout de suite pour régler le problème d’autant que j’ai une hernie cervicale, qui fait que je dois me ménager».

( Mbaye SAMB avec Toutinfo.net )

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