THIERNO NIANG, PRRSIDENT TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE DE MBOUR: L’homme qui tient le destin de Béthio et Cie

Avec l’ouverture de la chambre criminelle de Mbour, le juge Thierno Niang sort de l’anonymat. Magistrat hors hiérarchie, Thierno Niang est une embellie dans la grisaille de la banlieue dakaroise. C’est ce juge qui devra sceller le sort du guide des Thiantacounes, Béthio Thioune, et 19 de ses coaccusés que le Procureur veut conduire à l’échafaud.

Bien calfeutré dans son siège, rien ne peut le faire vaciller, car il vient de loin. Sans tambour ni trompette, l’homme rassure son auditoire et assure ses audiences. Né dans la banlieue dakaroise en 1969, Thierno Niang pouvait, comme la plupart des jeunes de son quartier, verser dans la délinquance. Mais face à un père rigoureux et une mère protectrice, il n’aura pas du répit ni du temps de loisir qui le dévierait du chemin tracé par ses parents. A 6 ans, le fils de Youssoufa et de Anta Guèye est inscrit à l’école 2 de Thiaroye. Après son premier diplôme d’étude, il est orienté au Cem de Thiaroye où il obtiendra son Bfem avant de rejoindre le lycée Blaise Diagne. Le Bac en poche, il est orienté à la faculté de droit à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad). Titulaire d’une maîtrise en 1997, il tente et réussit au concours d’entrée à l’Ecole nationale d’administration et de magistrature (Enam) d’où il sort deux ans plus tard, avec le diplôme de juge. C’est le début d’une vie professionnelle riche qui va le mener un peu partout au Sénégal. A Thiès de 2000 à 2006, il fera une belle carrière en pilotant plusieurs dossiers sensibles dont celui de la SDE, de la grande fraude des services des mines. En Octobre 2006, il est muté au tribunal d’instance de Sédhiou jusqu’en 2010. A partir de cette date, Thierno Niang atterrit au Tribunal d’Instance de Mbour où il marque tous les esprits par son calme et sa rigueur professionnelle. «Il vient tôt et descend tard. Il est infatigable et fait partie de la graine rare qu’on doit semer dans la fonction publique», témoigne sous l’anonymat un de ses collègues. Avec l’installation du Tribunal de Grande Instance (Tgi) de Mbour, il est bombardé président du TGI depuis le 6 mars 2018. Ce qui l’amène à piloter le dossier Cheikh Bethio et Cie dans l’affaire du double meurtre de Medinatoul Salam. Il sort ainsi de l’ombre, mais il ne semble point ébranlé. Car sa conviction est qu’un «juge doit être calme et imperturbable». «Dès l’instant où les règles sont bien définies par la loi, le juge doit être gentleman pour les respecter et les faire respecter», soutient-il à l’audience. Malgré son calme, il sait être ferme. Me Abdourahmane Lénine So l’a, d’ailleurs, appris à ses dépens, puisqu’il a été rabroué en pleine audience par le juge. Teint clair, grand et athlétique, Thierno Niang aurait pu monnayer sa force dans l’arène, mais il a décidé de dire le droit. On le décrit comme un passionné de la justice et du droit. «Il aime sa profession et déteste l’hypocrisie», souffle-t-on dans les couloirs du tribunal. Dans la salle d’audience, il veille à ce que tout le monde respecte la place qui lui est réservée. Monogame et père d’une fille de 10 ans, il raffole du soupe Kandia, dit-on. Il a la lourde responsabilité de sceller le sort de Bethio Thioune et de ses acolytes accusés d’avoir assassiné Bara Sow et Ababacar Diagne, surtout que le Procureur a requis la prison à perpétuité contre le guide des Thiantacoune qui se serait soustrait à la justice.

( André BAKHOUM avec Toutinfo.net )

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