THAILANDE : Disparition d’Arnaud Dubus, l’ancien correspondant de RFI

C’est avec une profonde tristesse que nous apprenons ce lundi 29 avril le décès brutal de notre collègue Arnaud Dubus, 55 ans, ancien correspondant de RFI à Bangkok. Arnaud était l’un des meilleurs connaisseurs de la Thaïlande, auteur de plusieurs ouvrages de référence sur la société, la culture et l’histoire du peuple thaïlandais. La rédaction lui rend hommage.

Arnaud Dubus assurait avec passion la correspondance de RFI en français en Thaïlande et dans toute la région, depuis 1988 jusqu’en octobre dernier. Grand reporter et fin analyste des situations parfois les plus complexes en Thaïlande, au Cambodge, en Birmanie, au Laos ou aux Philippines, c’était un des meilleurs connaisseurs de cette zone. Il a marqué de très nombreux journalistes de RFI qui l’ont rencontré, par sa grande gentillesse et son envie de transmettre ses compétences.

Il avait cessé ses activités de journaliste en 2018 pour rejoindre l’ambassade de France en Thaïlande, où il était en charge de la  communication. Dans un message qu’il avait envoyé à la rédaction de RFI avant d’occuper ses nouvelles fonctions, il confiait : « J’ai fait mes plus belles rencontres et connu mes plus belles heures comme journaliste avec RFI ».

Ses collègues de RFI lui rendent hommage et évoquent la gentillesse et le professionnalisme d’Arnaud Dubus.

Carol Isoux, la correspondante de RFI à Bangkok, où elle a remplacé sur ce poste Arnaud Dubus en octobre dernier, évoque un journaliste qui s’est fondu dans la culture locale.

« C’était LA figure des journalistes francophones ici. Tout le monde le connaissait, pas seulement chez les Français. Chez les anglo-saxons, chez les Thaïs, il était considéré comme l’un des meilleurs connaisseurs du pays et de la région. Disons qu’il était considéré comme le plus Thaï des étrangers, peut-être. Il parlait le thaï. Il avait un accent exécrable, et on en rigolait souvent. Les Thaïs en rigolaient souvent, mais il parlait un thaï très raffiné. Il le lisait parfaitement. C’était l’un des seuls journalistes étrangers qui lisait aussi bien le thaï. Trente ans ici, c’est sûr, ça faisait la différence. Et puis aussi, avec la grande tolérance qu’il avait et ce rapport très apaisé, très doux, il plaisait beaucoup aux Thaïlandais. Il avait beaucoup d’amis thaïlandais. Il avait une compréhension du pays que la plupart des étrangers n’atteignent pas, même après 30 ans passés ici ».  

Arnaud a également collaboré avec le quotidien Libération. « C’est quelqu’un qui avait à la fois la passion du journalisme de terrain et le souci, la rigueur, l’exactitude d’un universitaire, d’un scientifique qui connaissait bien le terrain, la région où il était depuis trente ans. Cela faisait trente ans qu’il était installé en Thaïlande. Il connaissait très bien cette région, c’était remarquable. C’était un peu un journalisme, à la croisée du journalisme et du monde universitaire, un peu à l’anglo-saxonne. Il y vivait depuis 30 ans et c’est quelqu’un qui, tout en continuant à travailler comme journaliste, continuait à creuser des pistes de réflexion. Il venait de sortir un bouquin sur le bouddhisme et le politique (…) Son travail était nourri de tout ça, cette connaissance-là », a confié à RFI Arnaud Vaulerin, chef-adjoint du service international et journaliste en charge de l’Asie au journal Libération.