NECROLOGIE/ DECES DU GENERAL LAMINE CISSE: Le héros de la première alternance politique tire sa révérence

Le Sénégal a perdu hier l’ancien Chef d’état major général des armées, le Général Lamine Cissé l’un est des héros de la première alternance démocratique en 2000. Le défunt fut aussi un militaire chevronné.

Le Général Lamine Cissé a tiré sa révérence hier. Ce natif de Sokone, né le 31 décembre 1939, était un soldat chevronné doublé d’un diplomate. La démocratie sénégalaise doit beaucoup à cet ancien officier général qui a empêché le pays de vaciller en 2000. Ministre de l’Intérieur à l’époque, il a organisé la cruciale élection présidentielle qui a consacré l’accession de Me Abdoulaye Wade au pouvoir. Ancien Cemga (1996-97), Lamine Cissé a été un acteur majeur de la première alternance démocratique du Sénégal en 2000. Il avait appelé le Président Abdou Diouf le jour du scrutin 5 fois entre 18H et 23h40 pour le préparer à la défaite, le convaincre d’accepter et de féliciter son adversaire Me Abdoulaye Wade. Le Président Diouf a accepté ses conseils et délivré le pays en appelant le pape du Sopi pour le féliciter. Soldat dans l’âme, le Général fait partie des premiers officiers supérieurs de l’armée sénégalaise après l’indépendance. Il avait échelonné tous les grades avant de conduire les destinées des Armées sénégalaises. Le Général Cissé est pensionnaire de l’Ecole spéciale militaire de Saint Cyr de France d’où il est sorti en 1963. Il commence sa carrière professionnelle comme commandant d’Unité en 1964 avant d’être copté par le ministre des Forces armées d’alors, Amadou Karim Gaye, comme aide de camp. Il est retourné plus tard dans le commandement. Il a conduit un contingent d’observateurs pour la supervision du cessez-le-feu entre le Front de Libération Moro et le gouvernement des Philippines en 1976 et cela pendant deux années. Le succès de cette mission lui a valu une promotion dès son retour au bercail. Le Lieutenant-colonel qu’il était est promu adjoint logistique du sous-chef d’état-major général des Armées et chef de la division Etudes générales. Grâce à sa rigueur et son ouverture d’esprit, le Président Abdou Diouf lui confie la direction de l’École Polytechnique de Thiès qui forme de hauts cadres entre1984 et 1987. Bénéficiant de la confiance du Président Abdou Diouf, Lamine Cissé est promu à la tête de la Direction de la Sécurité Publique (Dsp) au ministère de l’Intérieur entre 1987 et 1991. Il a su gérer d’une main de maitre la sécurité pendant les redoutables événements de la grève des policiers et la présidentielle de 1988 qui était tellement contestée au point qu’un couvre feu fut décrété et les opposants envoyés en prison. Trois ans plus tard, c’est-à-dire le 1er juillet 1993, Lamine Cissé voit sa carrière militaire couronnée avec sa nomination comme Général de Brigade. Il devient ensuite l’inspecteur général des forces armées. Le 1er juillet 1996, il est nommé Chef d’état-major général des Armées (Cemga). L’histoire des armées retient que le général Cissé fut le premier inspecteur général à devenir Cemga. Il devient ainsi le 7e Cemga de l’armée sénégalaise. La zone militaire no 7 de Kolda lui doit sa création. Et il en confia le commandement au Colonel Babacar Gaye promu, après 2000, Cemga. A la tête des armées, il avait alors envoyé les troupes sénégalaises en Guinée Bissau pour sauver le Président Nino Viera qui était sur le point d’être renversé par Ansoumané Mané. Même si l’expédition des troupes sénégalaises (Ndlr :Opération Gabou) s’était révélée périlleuse, le Général Cissé avait réussi à réunir les belligérants au tour d’une table pour résoudre le conflit. Un officier bardé de distinctions nationales et internationalesDes distinctions, le Général Cissé en a eues durant sa carrière militaire. Diplômé de l’Université de la défense nationale de Washington, il a été le premier officier de toutes nationalités confondues à être décoré de la légion d’honneur pour son rôle aux Philippes dans la libération d’un otage français, Pierre Huguet. Pensionnaire du Centre des Hautes Etudes en Défense Nationale de Paris et de l’École d’État-major de Fort Leavenworth College, à Kansas City, il reçut le Prix du visionnaire en 2008 du Centre d’Etudes Stratégiques de l’Afrique (Cesa) à Washington. Il a également obtenu le titre de Docteur Honoris Causa en 2010 de l’Université de la défense nationale de Washington.

( Ousseynou BALDE avec Toutinfo.net )