RECRUTEMENT 2019 DE LA FONCTION PUBLIQUE: Les bibliothécaires et archivistes zappés, crient leur colère

Le Comité directeur de l’Association sénégalaise des bibliothécaires, archivistes et documentalistes (Asbad) déplore que les membres de leur secteur soient laissés en rade lors du recrutement 2019 de la Fonction publique. Par conséquent, l’Asbad porte à la connaissance des autorités et de l’opinion que la situation de la fonction information documentaire n’est pas considérée au Sénégal comme il se doit.

Déception. Ce mot résume à suffisance le sentiment des bibliothécaires et des archivistes du Sénégal, au lendemain de la publication de la liste des agents recrutés dans la Fonction publique en 2019. En effet, le ministère de la Fonction publique a publié le 1er avril dernier la liste des candidats sélectionnés pour leur engagement dans la Fonction publique. «Sur près d’un millier d’agents recrutés dans la fonction publique, il n y a qu’un seul bibliothécaire», soutient le président de l’Asbad, Thierno Kandji, conservateur chef du Service de la Documentation de l’UFRSciences économiques et sociales de l’Université de Thiès. «Le communiqué du ministère en charge de la Fonction publique du 1er avril 2019 présentant la liste des candidats sélectionnés pour leur engagement dans la Fonction publique est la goutte de trop qui a poussé les professionnels de l’information documentaire du Sénégal à manifester leur indignation et leur déception», peste Thierno Kandji. Et d’ajouter : «sur un recrutement de près d’un millier d’agents, la Fonction publique n’a jugé nécessaire de ne recruter qu’un seul bibliothécaire alors que le besoin de professionnels est réel. Dans les différentes institutions publiques du pays, la situation du patrimoine documentaire est très déplorable : Détérioration de documents, abandon d’archives actives et sémi-actives, absence de budget pour la conservation ou l’acquisition de nouveaux documents, absence de personnels qualifiés, non destruction de rebuts d’archives

(celles-ci se retrouvent dans les kiosques de vendeurs et dans la rue) etc», d’après le document. «L’absence de professionnels de l’information documentaire dans ce recrutement témoigne d’une ignorance totale de la situation du patrimoine documentaire en péril et constitue une contre-indication des fortes recommandations issues des différents rapports des corps de contrôle de l’Etat et de la volonté exprimée par le président de la République en différentes occasions», affirme le leader de Asbad. A titres illustratif, la structure dirigée par Thierno Kandji indique qu’en 2015, l’Ofnac a déploré les mauvaises conditions de conservation des documents comptables et administratifs, et surtout après les innombrables pertes constatées. «L’IGE, dans son rapport public sur l’état de la gouvernance et de la reddition des comptes de juin 2015 a souligné une situation préoccupante dans la conservation et la gestion des archives, ainsi que des documents administratifs dans les différentes missions et les audits qu’elle a coordonnés», selon le communiqué. La même source signale que les corps de contrôle ont depuis toujours démontré la place et l’impact fort important d’une bonne gestion des archives et des documents administratifs dans le processus de contrôle et de vérification. «La bonne gouvernance passe nécessairement par une bonne politique d’archivages, d’où la nécessité d’avoir des professionnels de l’information documentaire au niveau de tous les maillons de l’administration», explique notre découverte. «Le Chef de l’Etat avait également manifesté au gouvernement sa volonté de voir une politique aboutie en matière d’archivage», renseigne-t-elle. «En effet, abordant la célébration de la Journée internationale des Archives au cours du Conseil des ministres du 14 juin 2017, le Président de la République avait rappelé au Gouvernement l’impératif d’assurer, dans toutes les structures publiques et parapubliques, une bonne conservation des archives, et d’asseoir l’appropriation et la mise en œuvre d’une stratégie nationale de modernisation de la gestion des archives, à travers l’implication des universitaires et autres professionnels du secteur». Il avait demandé au Gouvernement de «veiller à l’intensification de la numérisation des archives et documents administratifs, à la réalisation, dans les meilleurs délais, du Centre national des Archives, ainsi qu’au recrutement de professionnels, bibliothécaires et archivistes, pour assister les administrations», souligne le communiqué de l’Asdab. «Cette instruction du président de la République est restée sans suite», constate pour le déplorer l’Asbad. D’après le communiqué, les archives et documents administratifs font partie du patrimoine de la nation et leur conservation est obligatoire. A preuve, il cite «La loi n° 2006-19 du 30 juin 2006 relative aux archives et aux documents administratifs (2006), promulguée sous le magistère de Macky Sall, alors Premier ministre, la déclaration universelle sur les archives adoptée le 10 novembre 2011 au cours de la 36ème session plénière de l’Unesco selon laquelle «les archives consignent les décisions, les actions et les mémoires. Les archives constituent un patrimoine unique et irremplaçable transmis de génération en génération. Les documents sont gérés dès leur création pour en préserver la valeur et le sens. Sources d’informations fiables pour une gouvernance responsable et transparente, les archives jouent un rôle essentiel dans le développement des sociétés en contribuant à la constitution et à la sauvegarde de la mémoire individuelle et collective. L’accès le plus large aux archives doit être maintenu et encouragé pour l’accroissement des connaissances, le maintien et l’avancement de la démocratie et des droits de la personne, la qualité de vie des citoyens».

( M.SARR avec Toutinfo.net )

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