NON SATISFACTION DE LEURS REVENDICATIONS: Les boulangers déclenchent une grève de 72 heures la semaine prochaine

la Fédération nationale des boulangers du Sénégal (Fnbs) a fait face à la presse hier pour annoncer sa décision d’observer une grève de trois jours durant lesquels le pain ne sera pas produit sur toute l’étendue du territoire national. Amadou Gaye et ses camarades ont également parlé de l’homologation des prix et de la hausse du prix de la farine.

Les boulangers sont très remontés contre l’Etat du Sénégal. Ils dénoncent la hausse du prix de la farine qui est passé de 16.500 Fcfa à 18.000 Fcfa dans la région de Dakar et 19.000 Fcfa dans les régions. Ainsi, ils prévoient de décréter 72 heures de grève sur toute l’étendue du territoire nationale, la semaine prochaine. Selon le président de la Fnbs, Amadou Gaye, les boulangers rencontrent d’énormes difficultés qui se répercutent parfois sur la qualité des produits. En plus de cela, les boulangers ont des relations tendues avec les fournisseurs d’intrants et les banques. «Le secteur est confronté à une difficulté majeure. Il s’agit de la place stratégique qu’occupe le pain dans la consommation des ménages», dit-il. Revenant sur l’homologation des prix, Amadou Gaye explique que le cadre réglementaire d’homologation de la structure du pain avait pour but d’assainir le secteur et d’organiser la concurrence afin d’éviter l’anarchie. «Le principal problème dans ce pays est l’application des dispositions prévues. Le 8 avril 2019, les meuniers ont augmenté le prix de la farine de 16.200 Fcfa à 18.000 Fcfa pour la région de Dakar. Au niveau des régions, les prix peuvent atteindre plus de 19.000 Fcfa. Dans un système d’homologation, si les prix bougent, le minimum c’est une révision des prix. Donc, une homologation qui date de 2014, jamais révisée, est caduque et sans fondement», clame-t-il. Amadou Gaye s’étonne que le ministère du Commerce et l’Ascosen se basent sur cette homologation obsolète pour annoncer des représailles contre les boulangers s’ils augmentent le prix du pain. «Nous sommes des légalistes, nous savons bien que la révision des prix passe par un processus», indique-t-il. En outre, les boulangers demandent la convocation dans les meilleurs délais du Conseil national de la consommation. «Ce Conseil va réfléchir sur la détermination du prix réel au gramme et la mise sur le marché du format double comme la baguette de 250 grammes à 200 francs si on se base sur le prix au gramme actuel. Il faut aussi prendre un arrêté ministériel pour éliminer les intermédiaires en complément de l’article 6 du décret 2004-102, prendre un arrêté ministériel pour la fixation de la commission des vendeurs à 10% conformément à la structure officielle du pain», affirme Amadou Gaye. «Dans l’attente de la réaction du gouvernement sur nos revendications, nous nous réservons le droit de faire durant la semaine prochaine 72 heures d’arrêt de production de pain sur toute l’étendue du territoire afin de faire comprendre que les boulangers sont fatigués et que nous méritons une attention, mais pas des menaces», martèle le président de la Fnbs.

( Mame Diarra DIENG et Toutinfo.net )