SUPPRESSION ANNONCEE DU POSTE DE PREMIER MINISTRE: Macky Sall étend sa superpuissance

 Réélu pour cinq ans à l’issue du scrutin présidentiel du 24 février dernier, le chef de l’Etat a surpris plus d’un en annonçant la suppression prochaine du poste de Premier ministre. Avec cette réforme prochaine au niveau de l’Exécutif, Macky Sall veut prendre lui-même les choses en main.

Le président de la République veut visiblement accélérer la cadence en étant lui-même le catalyseur de sa politique. Pour ce faire, il a jugé plus approprié de reconsidérer le niveau intermédiaire de transmission et d’animation gouvernementale. C’est pourquoi Macky Sall a annoncé, samedi dernier, lors de la reconduction de Mahammad Boun Abdallah Dionne à la tête du gouvernement, sa volonté de supprimer la fonction de Premier ministre pour être lui-même en contact direct avec les niveaux administratifs chargés de l’application, de l’exécution, mais également de la mise en œuvre. Ainsi, le chef de l’Etat a décidé de poser un jalon décisif dans le pilotage de l’Exécutif par le rapprochement du niveau d’instruction des dossiers que constitue le gouvernement, du centre de décision qu’incarnent le président de la République et ses services. Autrement dit, c’est tout le processus décisionnel, mais également le suivi et l’évaluation qui seront ajustés avec un recentrage de l’Etat par le haut d’abord. Justifiant un tel choix, le Secrétaire général de la Présidence, Maxime Jean Simon Ndiaye, a soutenu que le Président Macky Sall donne suite à ce qu’il avait évoqué lors de sa prestation de serment du 2 avril 2019 en annonçant : «Des changements dans la gouvernance de l’Exécutif pour un meilleur changement des politiques publiques». Selon Maxime Jean Simon Ndiaye, le chef de l’Etat ne fait que renouveler sa volonté résolue d’insuffler une nouvelle dynamique dans la conduite des affaires publiques. Il renouvèle aussi sa détermination à resserrer l’organe gouvernemental, mais également à recentrer les missions essentielles de l’Etat. Le secrétaire général de la Présidence d’indiquer que le chef de l’Etat s’est ainsi attaché à rester cohérent avec trois viatiques de base qui fondent la performance publique : «la simplicité dans l’organisation, la souplesse dansl’action et le fonctionnement, la clarté et la lisibilité des échelles de responsabilités».

( Seydina Bilal DIAllO )