IL NE LUI REND PAS SON APPAREIL ET RABROUE SON FILS: Oumy Sarr tue son réparateur de tablette avec une épingle

La colère est mauvaise conseillère. Du fond du violon du commissariat de Yeumbeul où elle est en garde-à-vue depuis hier, Oumy Sarr doit regretter d’avoir ôté la vie à un homme dans des circonstances aussi banales qu’une réparation d’écran de tablette.

Il est 22h43, lorsque le chef du poste de santé de Yeumbeul Sotrac saisit le Commissariat de Yeumbeul pour l’informer qu’un corps sans vie venait d’être déposé à la structure. D’après les premiers témoignages, la victime Ibrahima Diallo a été poignardée par une dame du nom de Oumy Sarr pour une banale histoire de réparation de téléphone portable. Oumy Sarr, 34 ans, commerçante, domiciliée à Yeumbeul Ben Barak (quartier Dioguèye Sène) avait remis, le lundi 25 mars 2019, une tablette à son voisin Ibrahima Diallo, 29 ans, réparateur, pour qu’il lui remplace l’écran qui était cassé. Sur les 10.000 Fcfa convenus, elle remet une avance de 5.000 Fcfa. Diallo lui donne rendez-vous le mardi 26 mars, mais ne respecte pas ses engagements. Les multiples appels de la commerçante pour récupérer son appareil à défaut d’être réparé seront sans effet. Le samedi 30 mars vers 22 h, Oumy Sarr envoie son fils s’enquérir de la situation. Ce dernier se fait rabrouer par I Diallo. Informée de l’attitude du défunt, la dame entre dans une colère noire et se rend chez lui sans tarder, prête à en découdre avec son voisin. Echanges de propos aigres-doux. Les voisins interviennent. guerre pour retourner chez Ibrahima Diallo. «Tu es homosexuel. Si tu es un homme et si ce que tu dis est vrai, sors de ta maison. Et tu verras au nom de Baye Niasse que je vais faire couler ton sang». Touché dans son orgueil d’homme, Ibrahima Diallo s’arme de coupe-coupe et sort faire face à son adversaire. Pour qu’elle cesse de déverser sur lui des insanités, il effleure la dame à deux reprises, avec la face latérale de l’arme blanche. Lorsqu’il lève la main une troisième fois, Oumy Sarr qui a soutenu plus tard qu’elle n’était pas en mesure de deviner les vraies intentions de son vis-à-vis, tire l’aiguille à tresser qu’elle avait dans les cheveux et plante profondément l’arme dans la région du cœur d’Ibrahima Diallo. Le sang gicle, il tombe, le voisinage crie et accourt. Oumy Sarr panique, s’enfuit et rejoint sa meilleure amie qui la cache chez son frère. Les hommes du commissaire de Yeumbeul mettent la main sur la mère de la copine qui persuade Oumy Sarr de se rendre pour ne pas aggraver son cas. C’est ainsi que la suspecte s’est présentée devant les policiers. Au cours des auditions, l’épouse de la victime a confirmé qu’Ibrahima Diallo est sorti avec un coupe-coupe. Quant à Oumy Sarr, elle a soutenu avoir jeté l’arme du crime dans un ravin, lorsqu’elle courait rejoindre son amie. Elle jure n’avoir pas prémédité son acte. Si elle gardait une aiguille à tresser dans les cheveux c’est parce qu’elle coiffait nuitamment sa fille lorsque son fils est revenu bredouille et humilié de chez Diallo. La Police, qui est loin de croire à cette version, va la conduire, au terme de l’enquête, devant le Procureur pour homicide volontaire avec préméditation.

( Hadja Diaw GAYE )

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