COUMBA GAWLO SECK, CHANTEUSE «Tous les jours, les droits des femmes sont violés dans les maisons»

Artiste de renommée internationale, Coumba Gawlo Seck a revisité son riche répertoire avant-hier à l’Institut Culturel et Linguistique (Icl) devant un public littéralement conquis. En célébrant la journée internationale des droits de la femme à Saint-Louis, la chanteuse a passé en revue les difficultés de la gent féminine en dénonçant les «violences» dont elles sont quotidiennement victimes. Elle souhaite que les politiques destinées aux femmes soient beaucoup plus soutenues.

La diva à la voix d’or se veut catégorique. Coumba Gawlo Seck considère que les politiques destinées à la femme sénégalaise doivent améliorées et renforcées, d’autant que celle-ci fait face à beaucoup de problèmes. «Je peux en citer les cas de viol. Tous les jours, de petites filles subissent des attouchements sexuels ou des viols, soit dans leurs familles ou venant de personnes proches, ou tout simplement dans les écoles, sans que cela ne soit puni et sans que cela ne fasse l’objet de règlements à l’amiable. Parce que tout simplement cela concerne la famille. Je pense que ce sont des choses qui doivent être punies, sanctionnées», a indiqué Coumba Gawlo Seck qui estime que les droits des femmes sont constamment violés dans les maisons. «Tous les jours, on voit des femmes agressées et battues par leurs maris. Elles sont souvent répudiées, après plusieurs années de mariage. Du jour au lendemain, elles partent en laissant derrière elles des douleurs et des souffrances de plusieurs années, sans être récompensées, ni consacrées», s’émeut l’interprète de «Pata Pata». Très remontée, elle plaide pour l’amélioration des conditions des femmes non sans demander que la répression contre les cas de violence à l’endroit des femmes soit accentuée. «La femme est mère. Chaque jour, des femmes meurent en donnant la vie. Chaque jour ,des femmes montrent qu’elles sont de brillantes intellectuelles. Et chaque jour montre combien les femmes méritent d’être promues et valorisées. Et pour toutes ces raisons, je n’ai pas envie que l’on donne une seule journée à la femme. Bien au contraire, toute l’année, la femme est héroïne. La journée du 08 Mars est juste symbolique. Les femmes n’ont pas besoin d’une seule journée pour s’exprimer, pour s’affirmer, pour être au-devant de la scène ou pour montrer leur féminité. Quand j’en vois quelques-unes porter une bassine d’eau sur la tête et leur enfant sur le dos et marcher des kilomètres et des kilomètres avec autant de courage et de dignité, je trouve qu’elles sont dynamiques», affirme-t-elle.

( Galaye Sène )