FADEL BARRO, COORDONNATEUR DE Y EN A MARRE: «Le Président devrait plutôt commencer à respecter ses engagements pris depuis 2012»

En conférence de presse hier, les dirigeants du mouvement «Y en a marre» ont dénoncé avec la dernière énergie les arrestations des militants de l’opposition. Exigeant la libération sans condition de ces derniers, Fadel Barro et ses amis demandent au président de la République de respecter ses engagements pris depuis 2012. Par ailleurs, ils considèrent que le scrutin du 24 février est parti pour être l’un des plus controversés depuis 2000.

Avant la tenue de l’élection présidentielle du 24 février dernier, le Mouvement «Y en a marre» avait initié Wallu Askan Wi, un concept qui devait permettre aux populations d’interagir avec les candidats. En conférence de presse hier aux Parcelles Assainies, les responsables de Y en a marre ont fait le bilan du scrutin avant de saluer la participation massive des Sénégalais qui sont sortis voter à hauteur de 66%. Cela dit, Fadel Barro estime que ce «scrutin est parti pour être l’un des plus controversés au Sénégal depuis l’alternance survenue en 2000». Selon le coordonnateur du mouvement, le Sénégal qui avait habitué l’Afrique et le monde à des lendemains d’élections sans heurts ces dernières décennies, navigue aujourd’hui en zone trouble et incertaine. «Cela est la résultante d’un processus électoral chaotique, conduit de façon cavalière par le pouvoir», affirme-t-il. Pourtant, souligne Fadel Barro, la société civile et toutes les parties prenantes au processus, n’ont cessé d’alerter l’opinion sur plusieurs points, notamment sur la distribution des cartes d’électeur, la loi sur le parrainage et les modifications apportées sur la carte électorale. «L’opposition a dénoncé la création illégale de nombreux bureaux de vote, y compris le jour du scrutin, le dépassement du nombre d’électeurs par bureau, le gonflement artificiel de la population électorale et le changement apporté à la dernière minute aux bureaux de vote pour des milliers de Sénégalais qui n’ont finalement pas pu voter pour cette présidentielle de 2019», souligne Fadel Barro. En plus de ces impairs notés avant le 24 février dernier, les membres du Mouvement Y en a marre décrient la traque contre les opposants lancée dès le lendemain du scrutin. «Comme si cela ne suffisait pas, le pouvoir s’est inscrit dès le lendemain du scrutin dans une logique de répression et de traque contre toute voix discordante. Plusieurs militants de l’opposition ont été arrêtés de manière arbitraire», a indiqué le coordonnateur du mouvement citoyen.

BILAN ET FEUILLE DE ROUTE

«La police des idées ne saurait en aucun cas prospérer au Sénégal», avertit Fadel Barro qui condamne les arrestations intervenues au lendemain de la publication des résultats de l’élection par la Commission nationale de recensement des votes. Pour lui, il est inconcevable d’attiser une tension sociale déjà balafrée «par une élection dangereuse» qui a fini d’exacerber les clivages religieux, ethniques et régionalistes dans ce pays. «Le président de la République devrait plutôt se consacrer à panser ces plaies et commencer à respecter ses engagements pris depuis 2012», déclare M. Barro. Par ailleurs, Y en a marre annonce sa décision de tenir des Assises dénommées «Leul» les 23 et 24 mars prochains. Selon Fadel Barro, ces rencontres permettront au mouvement, après huit ans d’existence, de faire un bilan de son action et de dégager une feuille de route pour les années à venir

( Amadou THIAM )

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