ESCROQUERIE AUX VISAS: Un ressortissant français arnaque 24 Guinéens

Le français Jean Marie Thomas Serbone est dans de sales draps. Il est accusé d’escroquerie aux visas par 24 Guinéens pour la rondelette somme de 10 millions Fcfa. Les plaignants réclament 28 millions Fcfa en guise de réparation du préjudice. Condamné à 3 mois ferme, le prévenu payera à chaque partie la somme de 1.700.000 francs.

L’Eldorado hante encore le sommeil de nombreux jeunes Africains. En effet, 24 ressortissants de la Guinée se sont fait rouler dans la farine par un Français et son fils, Jean Marie Thomas Serbone sur un montant estimé à 10,8 millions francs. Ce dernier comparaissait hier, devant le Tribunal des flagrants délits pour escroquerie aux visas et faux et usage de faux dans un document privé». En effet, le prévenu avait promis aux plaignants de leur trouver des visas. Selon la représentante des parties civiles Pauline Luwa, il était convenu avec Serbone d’amener certains d’entre eux en Corée, Belgique et Italie moyennant des sommes comprises entre 1000 et 2000 dollars. Entout, ils ont remis au prévenu la somme 10.000 dollars et à son père 8000 dollars. «Il nous a remis des documents pour une demande de visa mais qui se sont révélés faux. La preuve est qu’on a eu à déposer à plusieurs reprises des visas et on les a tous rejetés. Pour mieux nous appâter, le prévenu a copié un visa de la Corée sur internet, il a effacé le nom du propriétaire pour inscrire le nom des clients pour chacun d’entre nous. Ce qui prouve que ces visas sont faux », raconte Pauline Luwa à la barre. Des accusations battues en brèche par Jean Marie Thomas Serbone qui se présente comme un cuisinier de profession. Dans sa narration des faits, il indique que c’est son papa qui lui a demandé d’établir des contrats de travail à ces derniers pour la société «African Diamond». Son père qui est le patron de ladite société n’a pas de connaissances en informatique. «Je reconnais avoir fait des attestations de billets, des permis de travail et des invitations», dit le prévenu qui nie avoir reçu de l’argent de la part de qui-conque. Pour sa part, l’avocat de la par-tie civile, Me Nohine Mbodj, pense que les faits sont avérés. Il a réclamé 1,7 million Fcfa pour le préjudice et 500.000 francs en guise de dommage et intérêts. En tout, la robe noire demande 20,8 millions francs. Prenant la parole, le mai-re des poursuites a tenu à rappeler que tout est parti de la faillite de la société «Africa Diamond» basée en Guinée. A l’enquête, le prévenu avait reconnu avoir dressé des contrats de travail, des ordres de missions et déposer des dossiers pour des voyages en Belgique. «Les victimes qui sont des commerçants et des étudiants devaient voyager avec des papiers pour aller travailler dans une entreprise en Belgique. La remise de 2000 dollars est avérée. Les documents produits par le prévenu sont des faux. Donc, le faux et usage de faux ne souffre d’aucune contestation. Pis,étant chômeur, Serbone ne peut pas trouver du travail à qui que ce soit. Pis, les manœuvres frauduleuses et les dépôts ont été faits à Dakar», a soutenu le parquet qui a requis 6 mois ferme. Mais durant sa plaidoirie, l’avocat de la défense, Moise Dionne, a demandé la relaxe pure et simple. Selon lui, cette juridiction est incompétente à juger ce dossier du fait que l’escroquerie qui a été consommée en Guinée. Le mis en cause a été condamné à 3 mois de prison ferme.

( Bineta DIOUF )