ELECTION PRESIDENTIELLE DU 24 FERVIER: Les 5 candidats retenus à l’heure des alliances !

A seulement quelques jours du démarrage de la campagne électorale en vue de la présidentielle du 24 février prochain, l’heure est aux alliances entre les candidats en lice et ceux qui ont été recalés. Seulement, si certains ont déjà choisi leur camp, d’autres, par contre, trainent les pieds pour prendre une décision. 

Dimanche prochain, les cinq candidats à l’élection présidentielle vont commencer à sillonner le pays, pour 21 jours, à la quête de l’électorat sénégalais. En attendant de descendre sur le terrain politique, les différents candidats en lice sont à l’heure des alliances pour tenter de rallier les candidats recalés à leur cause. Seulement, on a l’impression que les différentes pièces du puzzle pour dessiner les différentes alliances sont difficiles à ajuster. En effet, parmi la pléthore de candidats recalés à la présidentielle, rares sont ceux qui ont défini leurs positions. La majorité est jusqu’ici indécise et hésite encore à franchir le Rubicon pour soutenir tel ou tel autre candidat. De son côté, le président sortant Macky Sall, qui bénéficie déjà d’une large coalition composée, entre autres, du secrétaire général du PS et président du HCCT, Ousmane Tanor Dieng, du patron de l’AFP et non moins président de l’Assemblée nationale, Moustapha Niasse, de la Ligue démocratique, d’AJPADS, du PIT, est en train de mettre les bouchées doubles pour rallier d’autres candidats à sa cause, afin d’éviter un improbable second tour. Dans cette quête de nouveaux souteneurs, le chef de l’Etat a réussi à décrocher la mairesse de Podor et candidate recalée de « Osez l’Avenir », Me Aïssata Tall Sall. Cette dernière a, en effet, officiellement confirmé hier, lors d’une conférence de presse, son soutien au président Sall. Auparavant, c’est le maire de Ziguinchor, Abdoulaye Baldé, qui avait dit oui au candidat de Bennoo Bokk Yaakar. L’ancien directeur de cabinet du président Wade et patron du PSD/Jant-Bi, Mamour Cissé, ainsi que Ameth Fall Braya, responsable politique du PDS à Saint-Louis, ont également décidé de soutenir le président sortant. Cependant, décidé de remporter cette élection dès le premier tour, le président Sall est en train de peser de tout son poids pour convaincre d’autres candidats à rallier la coalition présidentielle. VISITE NOCTURE AU DOMICILE DE AIDA MBODJ C’est ainsi qu’il s’est rendu dimanche, tard dans la soirée, chez Aïda Mbodj, présidente du mouvement « Alliance nationale pour la démocratie (And Saxal Ligey), pour tenter de l’enrôler. Durant les échanges, le président Sall a tenté de jouer sur la fibre «parentale» pour convaincre la « lionne du Baol », notamment en sa qualité de parrain de son fils. Même si la dame lui a prêté une oreille attentive, elle ne s’est pas gênée de rappeler les couleuvres que l’actuel régime lui a fait avaler, de surcroît en la défénestrant de la tête du Conseil départemental de Bambey. Toutefois, à la suite de ces confessions, les divergences politiques ont été aplanies entre les deux parties. Pour autant, Aida Mbodj a décidé de prolonger le suspens quant à son éventuel soutien au président Sall. En effet, elle compte se prononcer au plus tard le 2 février prochain, veille de la campagne électorale. Cependant, tout porte à croire qu’elle va rejoindre la mouvance présidentielle. IDy, UNE gRANDE COALITION EN gESTATION ! A la veille du démarrage de la campagne électorale, le principal challenger du président Macky Sall, en l’occurrence Idrissa Seck, président de Rewmi, ne compte pas laisser le terrain libre au candidat de BBY. En plus du soutien du président des Forces démocratiques sénégalaises (FDS), Babacar Diop, l’ancien Premier ministre peut aussi compter sur celui de Sheikh Alassane Sène et de son ancien colistier, Thierno Bocoum, patron de AGIR (Alliance générationnelle pour les intérêts de la République). En outre, l’ancien maire de Thies est en train de tisser sa toile pour une large coalition présidentielle. Le patron de Rewmi veut renforcer son camp avec les candidats de l’opposition écartés de la présidentielle. Il s’agit de l’ancien maire de Dakar, Khalifa Sall, du président du Grand parti Malick Gakou, de Cheikh Bamba Dièye, de Serigne Mansour Sy Jamil de Bess Du Niakk, etc. En effet, lors des élections législatives, tous ces responsables politiques s’étaient retrouvés au sein de la coalition Taxawu Dakar dirigée par Khalifa Sall. Etant donné que tous ces candidats sont hors-piste, la logique politique voudrait qu’ils fassent bloc derrière l’ancien maire de Thies Idrissa Seck pour défier le président sortant. A cet effet, Idrissa Seck a rendu, hier, visite à Khalifa Sall. Une entrevue qui a duré plus d’un tour d’horloge, au terme duquel le challenger de Macky Sall a promis libérer l’ancien maire de Dakar, s’il gagne l’élection. Cette coalition pourrait davantage s’agrandir avec les arrivées de l’ancien ministre de l’Energie Thierno Alassane Sall et de l’ancien président de la commission de l’UEMOA et ancien Premier ministre du Sénégal, Hadjibou Soumaré. En effet, les retrouvailles entre fils de Thies ne devraient pas poser problème. S’y ajoute également l’électorat du PDS qui sera éclaté entre les différents candidats de l’opposition et du pouvoir, suite à la candidature invalidée de Karim Wade. QUID DE SONkO ? Le président de Pastef/Les patriotes, Ousmane Sonko, qui a réussi à bousculer la hiérarchie en un temps record et à réaliser une percée remarquable dans le landerneau politique. En plus de drainer des foules composées pour la plupart de jeunes, l’ancien inspecteur des impôts bénéficie également du soutien de certains candidats recalés. Il s’agit de Pierre Goudiaby Atépa, de Bruno Derneville, président du parti de l’action citoyenne (PAC), qui a officialisé son soutien en début du mois de janvier. Auparavant, Yassine Fall avait rejoint la coalition du président Sonko. Une alliance qui peut s’agrandir avec d’autres candidats de l’opposition, notamment le président de Geum Sa Bopp, Bougane Guèye Dani, réputé très proche d’Ousmane Sonko. Par ailleurs, si le Parti démocratique sénégalais (PDS), pour la première fois de l’histoire politique du Sénégal, n’a pas de candidat, les libéraux peuvent cependant se consoler avec la candidature de Me Madické Niang, même si celui-ci ne serait pas en odeur de sainteté avec le Pape du Sopi. Se réclamant toujours de la famille libérale, il a bénéficié du soutien de certains responsables du PDS, en l’occurrence Habib Sy, le maire de Pikine nord Amadou Diarra, l’ancien ministre Aminata Lo Dieng, Mamadou Lamine Massaly, Ibra Diouf Niokhobaye, Ngouda Fall Kane qui a renoncé à sa candidature, Serigne Modou Bousso Dieng, entre autres. Le député libéral continue de tendre la main à ses frères libéraux, notamment le président Pape Diop de Bokk Guis-guis. De son côté, le parti de l’unité et du rassemblement (PUR) n’a pas de coalition à l’image des autres candidats, mais peut compter sur l’électorat des « moustarchidines wal moustarchidaty » de Serigne Moustapha Sy.

( Moussa CISS  et Toutinfo.net )